Laurent Proulx abandonne le cours pour lequel il a obtenu une injonction

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Après avoir causé tout un tabac en forçant ses camarades à rentrer en classe à l'aide de la première injonction du conflit étudiant, le «carré vert» Laurent Proulx a finalement abandonné le cours d'anthropologie à l'Université Laval pour lequel il s'est battu devant un juge.

Ironiquement, l'étudiant en faveur de la hausse des droits de scolarité plaide le manque d'argent pour justifier sa décision, qui a stupéfié les associations étudiantes qu'il a trainées en cour. «C'est consternant», a déclaré le président de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Martin Boneau. Après tout le temps et l'argent que cette histoire a demandé pour une situation qui se voulait urgente, c'est difficile à concevoir.» À l'Association des étudiants en Sciences sociales, on se dit médusé. «Il a créé une véritable commotion, dit le porte-parole Jérémie Tremblay. Il a contribué à la polarisation du débat et à la détérioration du climat au sein de notre faculté.»

C'est à cause de son rôle de porte-parole au sein du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ), dont il a joint les rangs après avoir obtenu l'injonction et qu'il a quitté après l'adoption de la loi spéciale, que Laurent Proulx a cessé d'assister à son cours. La tâche médiatique lui demandait trop de temps. L'étudiant qui habite à Drummondville devait voyager jusqu'à Québec pour suivre son cours, alors que son rôle de porte-parole exigeait de nombreux séjours à Montréal.

«J'ai dû faire ce choix difficile devant l'évidence de manque de temps à y consacrer et manque d'appui académique afin de le réussir», écrit le principal intéressé dans une déclaration envoyée à La Presse. Il n'a pas souhaité accorder d'entrevue de vive voix sur la question. «Mon bref engagement à titre de porte-parole auprès des étudiants socialement responsables n'étant pas rémunéré et mes dépenses de télécommunications et de déplacements n'étant pas remboursées, j'ai dû continuer à travailler en plus de mes études et de cet engagement», ajoute-t-il.

La première injonction

Le 2 avril, Laurent Proulx, inscrit à l'Université Laval alors en grève, a été le premier étudiant à poursuivre un cours grâce à la décision d'un tribunal. L'injonction interdisait spécifiquement à la CADEUL, à l'Association des étudiants en Sciences sociales et à l'Association des étudiants en anthropologie de bloquer l'accès au pavillon où se tenait le cours en question.

M Proulx, qui souhaite devenir avocat, est retourné en classe le 4 avril sous la lentille de nombreuses caméras et les huées d'une centaine d'étudiants en grève. Une cinquantaine d'étudiants ont assisté au cours du professeur Martin Hébert, visiblement embarrassé, en sa compagnie.

Dans les semaines suivantes, des dizaines de demandes d'injonctions ont été adressées aux tribunaux du Québec. Dans certains cégeps, dont celui de Lionel-Groulx sur la Rive-Nord de Montréal, des scènes de grande violence ont éclaté entre les élèves détenteurs d'injonctions et les «carrés rouges» qui tenaient les piquets de grève.




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