Concert de casseroles devant la Tour Eiffel

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Le bruit des casseroles de la crise étudiante a retenti vendredi soir  sur le... (Photo archives Reuters)

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Photo archives Reuters

 

Michel Dolbec
La Presse Canadienne
Paris

Le bruit des casseroles de la crise étudiante a retenti vendredi soir sur le Parvis des droits de l'Homme, Place du Trocadéro, en face de la tour Eiffel. Environ 150 personnes, des étudiants français en grande majorité, ont ainsi manifesté leur soutien à leurs camarades québécois. C'était la deuxième manifestation organisée à Paris en un peu plus d'une semaine, après celle qui avait réuni environ autant de participants le 22 mai Place Saint-Michel, en plein coeur du Quartier latin, autre lieu hautement symbolique.

Le rassemblement avait commencé à 19 heures, mais il était 20 heures, selon l'usage désormais établi, quand le concert de casseroles a commencé, avec l'espoir, disaient les responsables, que son écho soit entendu «jusqu'à Québec».

«Il faut savoir saluer cette magnifique mobilisation, ce geste d'espoir que nous adressent les étudiants québécois. Nous serons dans la rue tant qu'ils seront dans la rue. Nous serons dans la rue tant que le gouvernement libéral refusera de négocier vraiment», avait lancé à la foule quelques minutes plus tôt Azwaw Djebara, le vice-président de l'UNEF, le premier syndicat étudiant français.

La manifestation a été organisée par le Collectif SoDé-Québec (pour Solidarité démocratique). Le mouvement a été lancé par trois jeunes Français «très attachés au Québec». Manuela Dufour Correia et Benjamin Parinaud ont étudié un an à l'Université de Sherbrooke. Guillaume Vincenot vient de son côté de rentrer de Montréal, où il a vécu sept ans et pris la nationalité canadienne.

L'adoption de la loi 78 a été «l'élément déclencheur», explique Manuela Dufour. «J'étais là pendant les manifestations. J'ai vu mes amis se faire arrêter sous mes yeux», a ajouté Guillaume Vincenot, qui a travaillé à la radio de l'Université de Montréal.

Quelques Québécois vivant à Paris, des étudiantes principalement, ont pris la parole avant le «concert de casseroles». «J'ai mal à mon Québec, j'ai mal à ma démocratie», a dit l'une d'elles, avant qu'une autre ne mette Jean Charest au défi de déclencher des élections immédiates.

Un drapeau québécois flottait sur la foule, entre les banderoles des syndicats étudiants français, tandis qu'une grande pancarte proclamait «soutien au printemps érable».

Le conflit étudiant obtient une large résonance dans tous les médias français, surtout depuis l'adoption de la loi spéciale. Le Figaro a même publié un portrait des leaders étudiants qui «mènent la fronde au Québec».

Chez les politiques, le conflit trouve aussi son écho. Les jeunes socialistes appuient les étudiants québécois, tout comme les Verts (Europe Écologie-Les Verts), qui leur ont apporté officiellement leur soutien.

Vendredi, les porte-parole du collectif SoDé-Québec se sont réjouis «que les violences se soient apaisées», mais vendredi soir alors que s'amorçait la manifestation, ils redoutaient que l'échec des pourparlers ne génère au Québec de nouvelles tensions et que les prochaines manifestations ne soient «le théâtre de nouvelles violences et arrestations arbitraires».

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