Les étudiants remettent de la pression

Certains organisateurs du mouvement étudiant estiment que les... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Certains organisateurs du mouvement étudiant estiment que les manifestations quotidiennes de soir sont insuffisantes pour mettre de la pression sur le gouvernement.

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Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Après une semaine de relative accalmie, les élèves et étudiants ont relancé leurs moyens de pression en ce lundi matin. Les discussions se poursuivent dans les coulisses pour sauver le trimestre, mais les enseignants préviennent que la situation ne devra pas être réglée à leurs dépens.

Les associations étudiantes avaient mis la pédale douce sur les manifestations la semaine dernière, le temps de consulter leurs membres au sujet de l'offre du gouvernement pour régler le conflit étudiant. L'entente formellement rejetée, les actions ont repris en force ce matin. «À part [les fumigènes] dans le métro, il y a eu une accalmie la semaine dernière pour permettre aux membres de voter, mais on peut s'attendre à une semaine où il y aura davantage d'actions», a dit Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

L'organisation dit toujours chercher une solution pendant que plusieurs associations membres de la CLASSE ont convié les étudiants à des rassemblements. L'Association des étudiants en droit et en science politique de l'UQAM annonce ainsi ce matin une «action de perturbation économique» baptisée «Attaquons le gouvernement». Ses organisateurs dénoncent «un relâchement» dans les activités de perturbation et estiment que les manifestations quotidiennes de soir sont insuffisantes pour mettre de la pression sur le gouvernement.

Discussions téléphoniques

Au cabinet du premier ministre Jean Charest, le porte-parole Hugo D'Amours a soutenu que le gouvernement tentait de réactiver le dialogue avec les associations étudiantes. «Les scénarios de loi spéciale, on n'en est pas là», affirme-t-il.

Des sources proches des négociations indiquent que la ministre Beauchamp a discuté par téléphone dimanche avec les associations d'étudiants. Le négociateur gouvernemental Pierre Pilote est en attente, indique-t-on, et en mesure de réamorcer rapidement les négociations si les parties s'entendent pour avoir des discussions plus formellement.

La CLASSE invitée

La CLASSE affirme avoir reçu hier en début de soirée un appel téléphonique de M. Pilote, qui a assuré que ses représentants seraient invités à une éventuelle rencontre. Les modalités de celle-ci n'ont toutefois pas été encore fixées.

Pour l'organisation, il s'agissait d'un premier contact avec le gouvernement depuis lundi dernier.

«Les lignes ne sont pas fermées», soutient Léo Bureau-Blouin, de la FECQ. Il ne croit pas au scénario d'une loi spéciale qui forcerait un retour en classe, même si la rumeur circule beaucoup depuis le début du conflit. «Ce n'est pas comme dans le monde du travail, ils ne peuvent pas retenir notre paye ou nous enlever notre ancienneté. Les étudiants n'ont rien, alors ils n'ont rien à perdre», explique-t-il.

Le gouvernement pourrait toujours menacer les organisations étudiantes de fortes amendes, mais elles pourraient facilement être contournées. «On va déclarer faillite et partir sous un autre nom. Le gouvernement pourrait aussi poursuivre des individus, mais ce serait mal vu ou vu comme un abus de pouvoir de s'attaquer à de jeunes étudiants», selon Léo Bureau-Blouin.

Tous s'accordent néanmoins à dire que le temps presse si l'on veut sauver le trimestre. Selon le porte-parole du premier ministre, certains collèges risquent de basculer cette semaine dans la liste des établissements où le trimestre ne pourra être récupéré. «D'un établissement à l'autre, la situation est différente» puisque certains sont entrés en grève plus tard que d'autres. Déjà, le trimestre est annulé au Conservatoire de musique de Montréal, rappelle Hugo D'Amours.

Léo Bureau-Blouin reconnaît qu'il devient de plus en plus difficile de ne pas annuler le trimestre en cours. «Il n'est plus minuit moins une, il est minuit et demi», constate-t-il.

Les profs prêts à négocier

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), qui compte 27 000 membres, notamment dans 46 cégeps et 10 établissements universitaires, se dit prête à négocier pour tenter de sauver le trimestre si une entente devait survenir entre le gouvernement et les étudiants.

La convention des enseignants prévoit la fin de leur disponibilité le 15 juin. Des aménagements peuvent étirer cette période jusqu'au 30 juin - ce qui avait été fait en 2005 lors du précédent conflit étudiant. Au-delà de cette date, des négociations sont nécessaires, ce à quoi la FNEEQ demeure ouverte.

Mais Jean Trudelle, président de la FNEEQ, lance un avertissement: pas question de régler la situation sur le dos des enseignants. Il prévient le gouvernement qu'il devra s'engager à ne pas payer le prolongement du trimestre à même la masse salariale de la prochaine année scolaire. «Ça va demander beaucoup de travail aux étudiants et aux enseignants, et il faudra sans doute ajouter des semaines supplémentaires. La rémunération de ces semaines sera une question centrale. Je ne serai jamais capable de faire accepter à mes membres qu'on va emprunter sur l'année prochaine pour payer les pots cassés», explique M. Trudelle.

Mais une entente rapide s'impose pour rendre possible la reprise des cours, poursuit le président de la FNEEQ. «On a clairement dépassé la date pour sauver le trimestre avec des arrangements locaux. On est rendu à l'extrême limite, et il va falloir envisager des scénarios hors de l'ordinaire. S'il ne se passe pas quelque chose rapidement, il va revenir à la ministre [de l'Éducation] de mettre la cerise sur le gâteau du gâchis.»

***

MANIFESTATIONS: UNE SEMAINE CHARGÉE

Aujourd'hui, lundi

5h Des centaines d'élèves se donnent rendez-vous au collège de Rosemont pour tenter d'empêcher la reprise de tous les cours décrétée par la direction vendredi.

7h Des étudiants se rencontrent à la place Émilie-Gamelin pour mener une «action de perturbation économique» baptisée «Attaquons le gouvernement».

11h30 Manifestation silencieuse devant le palais de justice en appui aux quatre personnes accusées dans l'affaire des bombes fumigènes lancées dans le métro.

18h Rassemblement devant l'hôtel de ville de Montréal organisé par un groupe du cégep du Vieux-Montréal pour dénoncer l'adoption d'un règlement antimasque.

Demain, mardi

10h Des manifestants promettent de perturber l'assemblée générale des actionnaires de Power Corporation.

11h La CLASSE convie ses membres à la place Jean-Paul-Riopelle pour une «action de perturbation».

Mercredi

19h Un groupe propose de mener une autre «ma-NU-festation» devant le succès qu'a remporté la première marche d'étudiants en sous-vêtements. Près de 500 personnes ont annoncé leur présence.

Jeudi

13h Une «manifestation masquée» se tiendra devant l'Assemblée nationale, à Québec, pour protester contre un projet de loi étudié à Ottawa destiné à interdire les manifestations à visage couvert.




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