Les leaders étudiants ont «échappé le ballon», dit le député Reid

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Pierre Reid

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Tommy Chouinard et Paul Journet
La Presse

(Québec) Les leaders étudiants ont « échappé le ballon » et manquent de crédibilité, accuse le député libéral Pierre Reid.

Ancien recteur de l'Université de Sherbrooke et ministre de l'Éducation lors de la grève de 2005, il a vivement réagi au rejet, par plusieurs associations étudiantes, de l'entente de principe conclue samedi.

« Les dirigeants étudiants ont échappé le ballon », a-t-il lancé, mardi, à l'entrée d'une réunion des députés libéraux. « Ils s'entendent sur quelque chose et, quand t'arrives avec la base, cette base ne les suit pas du tout. Il y a un problème, là. »

«Ce n'est pas facile d'être un gouvernement quand on a en face de soi des intervenants qui ne sont pas crédibles, a-t-il ajouté. La base étudiante est noyautée par des gens qui ne prennent pas leurs études très au sérieux. Je pense que c'est le fond du problème.»

Contrairement à ce qu'affirment les leaders étudiants, « l'entente est très claire », à ses yeux. Les étudiants ne seront pas les seuls membres du conseil provisoire à devoir trouver des économies en vue de réduire les frais afférents, dit-il. «Il manque d'argent dans les universités, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'améliorations à faire», a-t-il affirmé. Il doute toutefois que ces économies potentielles soient très importantes: «Pour avoir géré une université pendant huit ans, je ne pense pas qu'il y a des millions et des millions. Mais il y a peut-être des choses qui pourraient être améliorées.»

Sur Twitter, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a affirmé que « M. Reid en veut vraisemblablement encore au mouvement étudiant de lui avoir fait perdre son poste de ministre en 2005 ». Rappelons que M. Reid avait fait des compressions de 103 millions de dollars dans le programme de prêts et bourses, une décision qui avait soulevé un tollé. Le premier ministre Jean Charest l'avait remplacé par Jean-Marc Fournier au poste de ministre de l'Éducation. La grève des étudiants avait duré 52 jours.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a fermé une fois de plus la porte à l'idée de «renégocier» l'entente. Elle pourrait tout au plus y apporter des «précisions».

Déclaration ambiguë de Mme Marois

La chef du PQ, Pauline Marois, a refusé de répondre aux questions des journalistes. Elle s'est contentée d'une brève déclaration. Comme «la majorité des Québécois», le PQ s'est «réjoui» qu'une solution apparaisse à la suite de la signature de l'entente de principe samedi dernier. «Malheureusement, on est à même de constater que l'impasse n'est toujours pas dénouée», a-t-elle affirmé.

«Aujourd'hui, au-delà de toute partisanerie, je demande au premier ministre de continuer à dialoguer avec les étudiants pour qu'ils ne perdent pas leur session, a-t-elle poursuivi. Vous avez vu que nous avons été très silencieux sur le projet d'entente parce que nous souhaitions que ce projet permette de dénouer l'impasse. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Le premier ministre a une responsabilité, je lui demande de l'assumer.»

Mme Marois n'a pas proposé de solution plus précise. Elle ne dit pas si le gouvernement devrait attendre la fin des votes sur l'entente de principe avant de reprendre les discussions et n'exhorte pas les étudiants à respecter les injonctions.

Permettre le retour en classe lundi, demande la CAQ

La CAQ exhorte le gouvernement Charest à « prendre tous les moyens nécessaires » pour permettre aux étudiants qui le souhaitent de retourner en classe au plus tard lundi prochain. Il doit le faire « même s'il y a eu un vote majoritaire » pour la grève dans leur association, ajoute-t-il.

Il faut annoncer publiquement « une date butoir ». « Sinon, ils perdront leur session, et on ne peut pas accepter cela », a lancé son chef, François Legault.

Les étudiants qui veulent continuer la grève pourront le faire, dit-il. Mais les associations en grève accepteront-elles de perdre ainsi leur rapport de force après 13 semaines de conflit?

M. Legault pense que le retour en classe « peut se faire de façon sécuritaire ». « Je ne peux pas croire qu'au Québec en 2012, quand il y a une décision prise par le gouvernement, on ne soit pas capable de la faire respecter », s'est-il impatienté.

Il a demandé à « tous les partis politiques » d'exiger la reprise des cours, une salve contre le PQ.

La CAQ avait sévèrement critiqué l'entente de principe. M. Legault l'avait qualifiée d'entente « perdant-perdant ». Il ne s'oppose pas à ce qu'on la rouvre pour reprendre les discussions avant lundi.

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