La CLASSE a le vent dans les voiles

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Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE.... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Gabrielle Duchaine
La Presse

Si la ministre de l'Éducation a longtemps boudé la CLASSE, ce n'est pas le cas des étudiants. Depuis le début de la grève, plusieurs dizaines de milliers d'étudiants membres d'associations affiliées à la FECQ et à la FEUQ se sont joints à la Coalition, soit à cause de son principe de démocratie directe, soit parce que le conflit y est un enjeu plus central ou parce qu'ils trouvent que les fédérations manquent de fermeté.

60 000 nouveaux membres

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante est en voie de devenir le plus grand groupe étudiant de la province. Elle a attiré quelque 60 000 nouveaux membres depuis l'élargissement de l'ASSÉ (40 000 membres) en décembre et continue d'en récolter des milliers chaque semaine. Elle ne compte plus que 25 000 adhérents de moins que la FEUQ. Les nouveaux venus ont souvent le droit de vote autant à la CLASSE que dans leur fédération, où ils continuent de payer une cotisation.

C'est le cas des quelque 6000 élèves du cégep Édouard-Montpetit, membres de la Fédération étudiante collégiale québécoise (FECQ), qui ont officiellement intégré la CLASSE lors de leur congrès hebdomadaire du 22 avril. Le même jour, les élèves du Conservatoire de musique de Montréal, qui ont fait la grève pour la première fois de leur histoire, et les étudiants du Département de littérature et de langues modernes de l'Université de Montréal, en ont fait autant.

«À la Coalition, on parle uniquement de grève, alors qu'à la FECQ, il y a plusieurs associations membres qui ne sont pas en grève et qui veulent traiter d'autres dossiers», dit la présidente de l'Association générale des étudiants du cégep Édouard-Montpetit, Gabrielle Benoit. Elle ajoute que, contrairement à la CLASSE, la fédération qui la représente mise trop sur la discussion et pas assez sur le rapport de force dans l'actuel conflit.

Même son de cloche à l'Association étudiante du Conservatoire de musique de Montréal, associée jusqu'à récemment à un regroupement étudiant mineur. Mais pas question de se rallier à une fédération. «C'est la gratuité scolaire que nous soutenons, pas le gel des droits de scolarité, dit le porte-parole Simon Rivard. Alors le choix de la CLASSE s'imposait.»

N'a-t-il pas peur que sa voix ne se fasse pas entendre en optant pour un groupe qui n'est pas le bienvenu à la table de négociation de Québec? «On n'a pas fait un choix politique, mais bien idéologique, répond-il, ferme. On ne fait pas de compromis sur les idées. On n'allait pas s'affilier aux fédérations juste parce qu'elles ont une place à la table. On va plutôt faire pression sur le gouvernement pour qu'il nous écoute.» Les membres de son association ont aussi été séduits par le principe de démocratie directe de la CLASSE, qui donne à chaque groupe un droit de parole équitable.

La FECQ, qui a dernièrement vu quatre cégeps membres se tourner vers la coalition, n'en prend pas ombrage: «Les gens les plus militants trouvent qu'on est trop modérés, dit Léo Bureau-Blouin. Mais l'étudiant normal s'attend à ce qu'on négocie et qu'on lui rapporte quelque chose.» Selon lui, c'est notamment grâce au maraudage que la CLASSE est si populaire. «On ne se cachera pas qu'il y en a, dit-il. Nous avons pour notre part décidé de ne pas nous servir du conflit pour recruter. Ça crée des tensions inutiles.»

La FEUQ, dont plusieurs dizaines de milliers d'adhérents ont la double allégeance, a préféré ne pas commenter la situation. Malgré plusieurs demandes d'entrevues, il n'a pas été possible de parler aux porte-parole de la CLASSE.

***

La grève en chiffres

5 le nombre de cégeps dont les élèves ont voté cette semaine pour le retour en classe

> Cégep de Saint-Félicien

> Centre matapédien d'études collégiales

> Cégep de Gaspésie et des Îles

> Cégep de Sherbrooke

> Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu

33,9% des étudiants et cégépiens boycottent leurs cours

Plus exactement, 164 508 étudiants et cégépiens sur 485 832 sont en grève.

(Selon les chiffres de bloquonslahausse.com et du ministère de l'Éducation)

CLASSE

En grève: 80 000

Total: 99 166 membres

Forte présence dans les cégeps montréalais et dans les départements universitaires de sciences sociales et d'arts partout au Québec.

FEUQ

En grève: 55 000

Total: 125 000 membres

Représente plusieurs grands blocs d'étudiants, dont tous ceux de l'Université de Montréal et de l'Université Concordia.

FECQ

En grève: 35 000

Total: 80 000 membres

Présence très forte en région. Seulement trois cégeps montréalais: Rosemont, Ahuntsic et André-Laurendeau.

Certaines associations sont affiliées à deux organisations nationales.

Note: Certaines associations sont affiliées à deux organisations étudiantes - la CLASSE et l'une ou l'autre des fédérations. Le nombre réel d'élèves et étudiants en grève est de 164 508.

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