Manifestation nocturne plus calme à Montréal

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

La manifestation étudiante de jeudi soir a pris fin dans le calme vers minuit et demi devant la Place Ville-Marie, après quatre heures (et une bonne vingtaine de kilomètres) de marche.

«Je suis très fier de nous. Nous avons prouvé que nous sommes capables de répondre à la violence par le calme», s'est exclamé Alexis Faribeau, étudiant au cégep St-Laurent, en quittant les lieux. «Je suis ému. Autant les étudiants que les policiers se sont très bien comportés », a ajouté Louis-Olivier Desmarais, étudiant en musique au Cégep Marie-Victorain.

Si plusieurs milliers d'étudiants et de supporteurs s'étaient donné rendez-vous a 20h30 au parc Émilie-Gamelin, à peine une centaine ont résisté jusqu'à la fin sous la pluie. Contrairement à mercredi soir, il n'y a pas eu de casse. Après une première boucle de plus de neuf kilomètres qui a mené le groupe de la rue Berri jusqu'à la rue Atwater, puis de nouveau a son point de départ, plusieurs centaines de jeunes ont continué à marcher après 23 heures, sous haute surveillance policière. Le peloton s'est érodé peu à peu à chaque intersection. Vers minuit, les agents de la police de Montréal étaient rendus pratiquement aussi nombreux que les manifestants, dont les leaders ont tout fait pour rappeler leurs camarades à l'ordre et éviter la confrontation.

Leur stratégie du «on reste groupé» et «on reste pacifique» a porté fruit. Le SPVM ne rapporte qu'une seule arrestation en lien avec l'usage de pièces pyrotechniques.

«On remet ça» a promis un manifestant qui a pris la parole devant ses paires sur les marches devant la Place Ville-Marie. «Félicitation a tout le monde. Bonne nuit», a-t-il crié sous les applaudissements. La petite foule s'est ensuite tranquillement dispersée en même temps que les nombreux policiers.

La manifestation, appelée «Holy Shit, Manif nocturne prise 3», était organisée à l'initiative d'un étudiant. Comme c'est souvent le cas, l'itinéraire n'avait pas été dévoilé.

Ce rassemblement était organisé au 73e jour de la grève étudiante, alors que le conflit qui oppose les étudiants au gouvernement sur la question de la hausse des droits de scolarité semble dans une impasse totale. Les discussions entre le gouvernement et les organisations étudiantes sont d'ailleurs suspendues.

Le fil des événements

0 h 40 : La manifestation étudiante s'est terminée dans le calme vers 23 h 35 devant la Place Ville-Marie. Près de quatre heures apres s'être mise en branle, un peu moins d'une centaine de marcheurs avaient fait le trajet jusqu'à la fin. Ils ont réussi à éviter toutes confrontations avec les policiers, presque aussi nombreux qu'eux à la fin. «Je suis très fier de nous. Nous avons prouvé que nous sommes capables de répondre à la violence par le calme», s'est exclamé Alexis Faribeau, étudiant au cégep St-Laurent.

0 h 29 : Les manifestants marchent sur René-Lévesque sous haute surveillance policière. Certains membres du groupe font tout pour empêcher la confrontation.

0 h 22 : Les policiers se préparent à charger. Ils bloquent toutes les issues. Les manifestants marchent toujours.

0 h 19 : Les manifestants descendent sur Crescent. Les policiers les attendent en bas. «Restez groupés», crient des gens.

0 h 10 : Quelques centaines de manifestants marchent toujours sur Sherbrooke en direction ouest. Des manifestants quittent la marche à chaque intersection. Les policiers sont devant et derrière le groupe.

23 h 55 : Les manifestants ont encore de l'énergie, même s'ils marchent depuis près de trois heures trente. L'un d'eux joue un air d'harmonica : «Le blues des étudiants pas contents». Le groupe d'intervention bloque le boulevard Saint-Laurent, devant les manifestants.

23 h 45 : Les participants marchent toujours, boulevard Saint-Laurent. Les policiers lancent toutefois des avertissements, rappelant qu'il s'agit d'une manifestation illégale. Pris dans la foule, des automobilistes klaxonnent.

23 h 30 : La foule se dirige maintenant vers la rue Mont-Royal, direction ouest.

23 h 25 : Les manifestants ont maintenant dépassé la rue Rachel. Ils marchent toujours rue Saint-Denis.

23 h 20 : La manifestation a repris. Les manifestants, qui sont quelques centaines, marchent dans la rue Saint-Denis. Des automobilistes les klaxonnent.

23 h 14 : Porte-voix à la main, un policier rappelle que l'attroupement est illégal. Il incite les manifestants à rentrer à la maison.

23 h 12 : De nouvelles pièces pyrotechniques sont lancées. Des manifestants empruntent la rue Saint-Denis à contre-sens. Certains ont des roches à la main.

23 h 10 : Des pièces pyrotechniques viennent d'être lancées sur Berri, entre les rues Maisonneuve et Ontario. Des huées se sont entendre. «On reste pacifique» lancent certains.

23 h 08 : De nombreux manifestants s'engouffrent dans le métro pour rentrer à la maison. D'autres choisissent de continuer leur route au son des tambours. Ils sont devant l'îlot Voyageur.

23 h 5 : La foule se dirige maintenant rue Berri. Elle revient au point de départ, le Parc Émilie-Gamelin. Les organisateurs s'apprêtent à clore l'événement, satisfaits de l'événement qui s'est déroulé dans le calme. Les manifestants applaudissent, leur message est passé.

22 h 57 : Sous la pluie qui tombe toujours, les manifestants marchent calmement à la hauteur de la rue Saint-Urbain. Les policiers, boucliers en main, protègent le poste de quartier 21 qui a été vandalisé mercredi soir.

22 h 46 : Les manifestants se sont réunis et reviennent sur leurs pas vers le boulevard René-Lévesque.

22 h 43 : Les policiers semblent vouloir intervenir. Des gens pris en souricière affirment vouloir manifester pacifiquement.

22 h 40 : Les manifestants marchent toujours boulevard René-Lévesque. Ils viennent de passer la rue University. Ils bifurquent vers le magasin La Baie. La cavalerie du SPVM ferme la marche.

22 h 35 : Les manifestants se déplacent toujours boulevard René-Lévesque. Ils ont dépassé la rue Stanley. Le ton change. «Réinvestissez sinon ça va péter», menacent certains.

22 h 30 : Des policiers de la Sûreté du Québec se tiennent près à intervenir s'il y a des débordements. La foule scande plus fort.

22 h 22 : Air connu dans les manifestations. Les marcheurs chantent la chanson de Loco Locass « Libérez-nous des libéraux ». La foule se trouve à la hauteur de la rue Saint-Mathieu.

22 h 15 : Ils optent finalement pour le boulevard René-Lévesque, direction est.

22 h 13 : L'escouade anti-émeute bloque la rue Sainte-Catherine. Les manifestants bifurquent.

22 h 10 : Rue Atwater, un manifestant invite les autres à occuper la largeur de la rue. La tension monte. Certains veulent marcher à contre-sens, d'autres les en empêchent. «On se calme», disent-ils.

22 h 5 : Amir Khadir marche à la tête de la manifestation. «Il faut mener cela à terme maintenant», les encourage-t-il. Les marcheurs sont toujours rue Shebrooke. Ils viennent de passer la rue Chomedey.

22 h : Les manifestants ralentissent rue Sherbrooke, comme s'ils se demandaient maintenant la direction à prendre.

21 h 50 : Un groupe de manifestants est maintenant devant le musée des Beaux-Arts. Ils sont suivis par des policiers tandis que l'hélicoptère vole au-dessus de leurs têtes.

21 h 45 : Les deux groupes marchent rue Sherbrooke. L'un est à l'intersection Union, l'autre à De la Montagne. Même si la manifestation a été déclarée illégale en début de soirée, les policiers laissent l'événement suivre son cours puisque les manifestants sont paisibles. Des manifestants passent devant l'hôtel Ritz Carlton. Les agents ont verrouillé les portes et sont nombreux à l'intérieur de l'hôtel. «On est prêts», dit l'un d'eux.

21 h 40 : La manifestation est toujours scindée en deux groupes.

21 h 30 : Les porte-parole de Québec solidaire, Amir Kadir et Françoise David, marchent au milieu des manifestants. «On veut que ça se passe bien», déclare cette dernière.

21 h 25 : Les manifestants se sont scindés en deux groupes. Les uns marchent boulevard Saint-Laurent vers le nord tandis que les autres se dirigent boulevard René-Lévesque vers l'ouest. Des adhérents du Black Bloc sont aperçus dans la foule. L'hélicoptère de la Sûreté du Québec survole toujours la manifestation.

21 h 18 : Le mécontentement est palpable. Un manifestant se promène avec une pancarte disant «Line la pas fine, tu n'as pas de classe » Plus loin, des cônes de construction sont renversés dans la rue. On entend un hélicoptère qui survole la manifestation.

21 h 15 : Au passage de la manifestation, des employés du Club Soda sortent de l'établissement pour applaudir les marcheurs. Les policiers ont déjà émis trois avertissements pour attroupement illégal. Les manifestants marchent toujours rue Saint-Laurent.

21 h 10 : On attend de nombreuses sirènes de voitures de patrouille au centre-ville. Le poste de quartier 21, vandalisé hier, est bien sécurisé ce soir. Les manifestants tournent sur Saint-Laurent vers le nord.

21 h 5 : La manifestation réunit plus de 2000 manifestants. Certains déplorent la tournure des événements. «Je rentre chez moi. Je suis très déçue de la manifestation. On s'était fait dire de ne pas circuler en sens inverse et c'est ce qu'on a fait», dit Fannie Gauthier-Durant.

20 h 59 : La manifestation est déclarée illégale par les policiers

20 h 57 : La foule de quelques centaines de manifestants remonte maintenant Saint-Denis vers le nord, zigzaguant au milieu des voitures. Des projectiles sont lancés en direction des policiers. L'escouade anti-émeute bloque le passage à des manifestants.

20 h 55 : Un homme dénonce dans un porte-voix l'exclusion de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). «Prenons la rue», lance-t-il. «Yeaaah», lui répond la foule. Les manifestants marchent rue Berri en direction sud.

20 h 48 : La manifestation se met en branle.

20 h 45 : Rencontré dans la foule de quelques centaines de manifestants, Julien Rousseau, qui a terminé ses études universitaires il y a dix ans, raconte qu'il a décidé de participer à la manifestation à la suite des événements survenus mardi soir. «Je suis consterné par la position du gouvernement Charest et je trouve aussi que l'utilisation de la force par la police est scandaleuse», dit-il.

20 h 38 : Les policiers rappellent les consignes à suivre lors des manifestations. Ils essuient des huées dans la foule.

20 h 35 : Une centaine de manifestants sont maintenant réunis au Parc Émilie-Gamelin. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes opposées à la hausse des droits de scolarité lancent des appels au calme, invitant les manifestants à intervenir auprès d'éventuels casseurs. Plusieurs causent s'entremêlent. Un manifestant se promène avec une pancarte disant «Le Nord à donner, les étudiants à vendre».

20 h 25 : Il tombe une pluie fine. La manifestation n'a pas encore officiellement débuté que les policiers ordonnent aux gens de quitter la sortie du métro Berri-UQAM.

20 h 15 : La présence policière se fait déjà sentir autour de la Place Dupuis. Des policiers casqués viennent de sortir du métro Berri-UQAM. Quelques manifestants sont masqués. Un élève de quatrième secondaire de l'école Jeanne-Mance se tient prêt, pancarte à la main, attendant le signal de départ. Pour l'instant, les manifestants ne sont que quelques dizaines.

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