Le Québec, un laboratoire pour un chercheur ontarien

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Des étudiants protestaient le 16 avril dernier à l'Université du Québec en Outaouais contre la hausse des droits de scolarité.

Photo: archives PC

Mathieu Perreault
La Presse

La crise sur les droits de scolarité fait du Québec un véritable laboratoire pour Ross Finnie, un économiste ontarien qui est l'un des principaux chercheurs se penchant sur l'accès aux études universitaires du pays.

> En graphique: Un comparatif Québec-Ontario

M. Finnie a élargi ses analyses et a conclu que l'approche québécoise a eu des conséquences tragiques pour les hommes, qui sont les moins susceptibles du pays à fréquenter l'université.

«Les études montrent que ce n'est généralement pas par manque d'argent que les gens ne vont pas à l'université, explique M. Finnie. Ce qui compte le plus, c'est l'éducation des parents. Si on veut faire des investissements pour augmenter la fréquentation de l'université, il vaut mieux convaincre les élèves du secondaire de la valeur des études universitaires, plutôt que de garder les droits de scolarité à un bas niveau.»

Une étude publiée l'an dernier par l'Institut de recherche sur l'éducation de l'Université d'Ottawa, où enseigne M. Finnie, a conclu que seulement 30% des Québécois de 22 ans fréquentent l'université, contre 42% ailleurs au pays. Depuis le début de la grève, M. Finnie a fait d'autres analyses sur la cohorte qu'il utilise et a constaté que l'écart reste sensiblement le même à 25 ans: 39% contre 51%.

«C'est tragique pour les hommes, dit M. Finnie. À 22 ans, seulement 23% d'entre eux vont à l'université. C'est le plus bas taux au pays, et de loin. Il faut faire autre chose que de garder les droits de scolarité bas. Ça ne marche visiblement pas.»

N'est-il pas possible que des personnes ne fréquentent pas l'université de peur d'avoir des dettes? «C'est très minoritaire, dit M. Finnie. Dans notre étude, c'était le cas de seulement 5% des gens qui disaient n'avoir pas été à l'université pour des motifs financiers.»

De plus, note M. Finnie, le Québec a des droits de scolarité encore plus bas qu'il n'y paraît à première vue, parce que l'une des années est «gratuite». Les Québécois sortent normalement du secondaire à 17 ans, vont deux ans au cégep général puis étudient à l'université trois ans (en général). Ailleurs au pays, le secondaire se termine à 18 ans et l'université dure quatre ans.

Comme le cégep est presque gratuit, les Québécois paient 6504$ en droits de scolarité durant leurs études universitaires (2168$ par an), contre 20 404$ pour la moyenne canadienne (5138$ par an). De plus, le cégep technique est aussi gratuit au Québec, tandis qu'il coûte cher ailleurs au Canada: 2400$ par année en Ontario, plus que l'université au Québec.

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