Une histoire de famille

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Entre 2006 et 2009, Construction F. Catania a obtenu plus de contrats que n'importe quel autre entrepreneur de la Ville de Montréal - d'une valeur de 105 millions.

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Retour sur le parcours accidenté des Catania.

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Francesco Catania

Photo archives La Presse

FRANK ET LA MAFIA

Francesco (Frank) Catania immigre au Canada au début des années 60. En 1963, il crée l'entreprise de paysagement les Jardiniers modernes ; la même année, son fils Paolo naît. En 1971, avec deux de ses frères, dont Antonio (Tony), Frank Catania fonde J.M. Asphalte, qui deviendra Catcan cinq ans plus tard. La commission Charbonneau a établi qu'il était lié à la mafia montréalaise. Il fréquentait le quartier général du clan Rizzuto, le Consenza.

L'ÉTOILE MONTANTE

Aux enquêteurs qu'il a rencontrés à deux reprises, Paolo Catania raconte avoir travaillé pour l'entreprise familiale dès l'adolescence. Il a même abandonné le cégep pour rejoindre, à temps plein, son père Frank et son oncle Tony dans l'entreprise Catcan. Il dit avoir fait tous les métiers avant de se concentrer sur les soumissions et ainsi devenir rapidement « une étoile montante dans l'entreprise ».

DISCORDE FAMILIALE

Paolo Catania a souligné aux enquêteurs que sa position favorable au sein de Catcan avait créé de « la discorde » avec son oncle, car il voulait s'orienter vers l'immobilier. Paolo et son père se retirent donc de Catcan et décident de mettre sur pied Construction Frank Catania avec un investissement initial de 130 000 $, en 1987. Paolo Catania investit 26 000 $ en échange de 20 % des parts de l'entreprise, a-t-il raconté aux enquêteurs.

LE RÊVE IMMOBILIER

La stratégie de Construction Frank Catania consiste d'abord à se spécialiser dans le secteur des égouts et aqueducs, plus rentable que celui de la construction de trottoirs et de l'asphaltage. Puis, en 1997, le rêve immobilier de Catania prend forme. L'entreprise réalise son premier lotissement résidentiel : 40 maisons luxueuses à Brossard. Suivront bien d'autres projets, dont le Faubourg Contrecoeur, marqué par une fraude présumée.

POTS-DE-VIN

Un contrat d'égout réalisé à Mont-Saint-Hilaire en 1989 sera un tournant dans la vie de Paolo Catania, a-t-il raconté aux enquêteurs. Le chantier a nécessité des extras « justifiés » équivalant à près du quart du coût initial du contrat. La municipalité n'a payé que 50 % de la facture. C'est là que M. Catania dit avoir « compris qu'il était important de donner des pots-de-vin et de faire du financement politique ».

DÉGRINGOLADE

Entre 2006 et 2009, Construction F. Catania a obtenu plus de contrats que n'importe quel autre entrepreneur de la Ville de Montréal - d'une valeur de 105 millions. Mais par la suite, c'est la dégringolade, l'entreprise étant même incapable de recevoir l'autorisation de soumissionner des contrats publics. Les scandales rattrapent l'entreprise, qui s'engage dans un processus de liquidation judiciaire en 2014.

VILLANOVA

Malgré les déboires devant la justice de Paolo Catania, de ses associés et de l'entreprise, le projet immobilier Villanova (4000 habitations à Lachine) va de l'avant. La Ville de Montréal appuie le projet tout en réclamant à Catania 23,6 millions dans des affaires de collusion. Le chantier est sous le contrôle du liquidateur PricewaterhouseCoopers, selon qui les créanciers comme Montréal peuvent espérer être remboursés si le projet voit le jour.

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