SNC-Lavalin veut convaincre la CEIC que les choses ont changé

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Commission Charbonneau

Suivez le déroulement de la commission Charbonneau. »

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La firme de génie-conseil SNC-Lavalin a tenté de rassurer la Commission Charbonneau, mercredi, affirmant qu'elle avait adopté plusieurs mesures, ces dernières années, pour rehausser ses normes éthiques et éviter d'être replongée dans d'autres scandales.

Le chef de la conformité de SNC-Lavalin, David G. Wilkins, et son conseiller, Andreas Pohlmann, ont décrit à la commission - en anglais seulement - les normes d'éthique resserrées dont tous les employés sont informés et auxquelles ils doivent adhérer chaque année.

Les deux représentants de SNC-Lavalin ont également exposé une formation plus spécifique qui est donnée aux employés de la firme de génie-conseil oeuvrant sur le terrain, qui peuvent être confrontés à des demandes de paiement ou à des comportements jugés inacceptables au plan éthique.

Lorsque M. Wilkins a souligné que tout le personnel ne suivait pas cette formation plus poussée et qu'il a cité l'exemple de son adjointe qui n'avait pas à le faire, la juge France Charbonneau s'en est inquiétée. «J'aimerais vous dire de ne jamais tenir pour acquis que quelqu'un n'est pas à risque. Même la personne qui transmet un document peut être à risque», peut être vulnérable aux pressions, lui a-t-elle lancé.

La juge a aussi interrogé les représentants de SNC-Lavalin sur le financement politique illégal - une pratique de plusieurs firmes de génie-conseil sur laquelle la commission d'enquête s'est longuement penchée.

Étonnamment, M. Wilkins a répondu qu'il ne s'était «pas préparé» pour répondre à des questions à ce sujet. Il ne s'était préparé que pour répondre aux questions portant sur son document, lui a-t-il répliqué.

Il a tout de même ajouté que les mesures de resserrement dont il venait de parler étaient toutes en place et que SNC-Lavalin «ne veut pas que ça se reproduise».

Le Québec, une maternelle

La commission d'enquête a ensuite entendu la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, qui n'a pas mâché ses mots pour qualifier la gestion des contrats publics.

«En l'absence de principes clairs et d'une instance de contrôle, nos règles de marché public sont devenues des passoires aux communications d'influence, aux appels d'offres dirigés, ainsi qu'aux transgressions à répétition qui ont perduré de nombreuses années», s'est exclamé Benoît Lussier, président du conseil d'administration.

«Lorsque nous regardons ce qui a été mis en place ailleurs dans le monde, le Québec fait figure de maternelle en matière de contrôle de ses marchés publics», a-t-il ajouté.

La Corporation des entrepreneurs généraux a entre autres plaidé pour que l'on ajoute à la Loi sur les contrats des organismes publics des recours «rapides et efficaces» pour que des concurrents qui s'estiment lésés, lors d'un appel d'offres, puissent avoir une tribune. L'entité qui jugerait du bien-fondé de la plainte devrait rendre jugement avant même la signature du contrat avec l'organisme public, a suggéré M. Lussier.

La Corporation souhaite la création d'une Autorité des marchés publics, comme l'ont fait d'autres pays. Il s'agirait d'une entité indépendante, une sorte de tribunal administratif qui pourrait traiter des dossiers reliés aux contrats publics, notamment lorsqu'un entrepreneur s'estime lésé dans le cadre d'un appel d'offres.

«Même si nous n'en connaissions pas l'ampleur, plusieurs comportements déviants identifiés devant votre commission étaient connus de l'industrie depuis de nombreuses années. Certains de ces comportements faisaient même partie des cultures d'entreprises comme étant la façon normale d'obtenir, d'octroyer et de réaliser des contrats publics», a commenté M. Lussier.

La commission d'enquête a ainsi commencé, mercredi, l'audition de groupes intéressés, mais qui n'ont pas de mandat de surveillance, comme c'était le cas pour la Sûreté du Québec, la Commission de la construction ou le Directeur général des élections, qu'elle a entendus au cours des dernières semaines.

Le procureur en chef adjoint de la commission, Me Simon Tremblay, a fait savoir que les audiences pour ce type d'organismes dureront quatre journées, au cours desquelles 23 groupes seront entendus. À compter du milieu de la semaine prochaine, la commission entendra des experts.

Jeudi, la commission entendra différents syndicats, représentant des ingénieurs, des fonctionnaires du ministère des Transports et des employés des municipalités.

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