La chute du roi de la construction

Le bateau de la controverse, le Touch.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Le bateau de la controverse, le Touch.

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MARS 2009 - Le bateau de la controverse

Figure de proue de la construction, mais complètement inconnu du grand public, Tony Accurso est poussé bien malgré lui sous les projecteurs lorsque l'émission Enquête de Radio-Canada dévoile ses liens étroits avec le président de la FTQ, Michel Arsenault, et l'ancien vice-président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée. Les deux syndicalistes ont séjourné sur son luxueux yacht, le Touch. L'histoire révélera que de nombreux politiciens et syndicalistes y ont aussi séjourné. Jamais un bateau n'aura fait couler autant d'encre

AVRIL 2009 - Le scandale des compteurs d'eau

La Presse révèle que l'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a aussi profité du luxe du Touch. La controverse explose : M. Zampino a séjourné deux fois sur le bateau de l'entrepreneur alors que se déroulait l'appel d'offres pour le contrat des compteurs d'eau dont Tony Accurso était l'un des bénéficiaires. Le contrat de 355 millions, le plus gros de l'histoire de la Ville, est annulé et une enquête policière est ouverte. Aucune accusation n'a été portée à ce jour.

AVRIL 2009 - Enquête fiscale

Le ministre canadien du Revenu de l'époque, Jean-Pierre Blackburn, convoque les médias pour annoncer que des entreprises de l'empire Accurso sont au centre d'une enquête pour évasion fiscale impliquant la complicité présumée de quatre employés de l'Agence du revenu du Canada. L'ARC soupçonne que Simard-Beaudry, Construction Louisbourg et Hyprescon auraient versé près de 4,5 millions à deux entreprises coquilles n'ayant aucune activité commerciale et qui auraient été utilisées dans un stratagème de factures de complaisance.

DÉCEMBRE 2010 - Simard-Beaudry et Construction

Louisbourg plaident coupable à des accusations de fraude fiscale. La société est condamnée à une amende de 4 millions.

JANVIER 2012 - Bannie des contrats publics

La Régie du bâtiment suspend les licences de Simard-Beaudry et de Construction Louisbourg pour quatre mois. Les deux firmes phares de l'empire Accurso ne peuvent plus soumissionner des contrats publics jusqu'en 2015.

AVRIL 2012 - Affaire Mascouche

Coup de filet de l'UPAC qui procède à l'arrestation de Tony Accurso et de son associé dans la firme Écolosol, l'entrepreneur Normand Trudel. Le maire de Mascouche, Richard Marcotte, est aussi arrêté. La police soupçonne qu'un système a été mis en place pour le partage de contrats municipaux. Accurso fait toujours face à six chefs d'accusation, notamment pour fraude, influence d'un fonctionnaire et versements de pots-de-vin.

OCTOBRE 2012 - Tony « cède » les rênes

Ciblé par diverses enquêtes criminelles et fiscales, Accurso annonce qu'il quittera la tête de son entreprise. « Je dois absolument partir, je n'ai pas le choix », confiera-t-il à La Presse lors d'une des rares entrevues qu'il a accordées au cours de sa vie. « Je veux juste être bien clair. Je n'ai rien volé à personne. J'ai travaillé comme un chien sale toute ma vie pour bâtir cette affaire-là. »

AVRIL 2013 - Naissance d'Hexagone

La moitié de l'empire Accurso passe aux mains de six actionnaires, dont deux des fils de l'entrepreneur. Le groupe est mené par l'ancien PDG de l'AMT et ex-directeur général du PLQ, Joël Gauthier. La transaction s'élève à quelque 150 millions. Hexagone est né et la présence d'administrateurs indépendants assurera un changement de culture, promet-on. Mais l'entreprise peine à obtenir son autorisation à brasser des affaires avec le gouvernement, ce qui entraîne le départ de Jimmy et Marco Accurso.

MAI 2013 - Gangstérisme à Laval

Accurso est arrêté une troisième fois aux côtés de 36 autres personnes dont l'ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, que l'on soupçonne d'avoir orchestré un système de partage de contrats à Laval. La liste des chefs d'accusation inclut fraude, complot, abus de confiance, corruption dans les affaires municipales, recyclage des produits de la criminalité et gangstérisme. L'enquête préliminaire a été fixée au printemps 2015, ce qui laisse croire qu'un éventuel procès n'aurait pas lieu avant 2016.

JUIN 2013 - 928 chefs d'accusation

Au tour de Revenu Québec d'épingler Accurso. Pas moins de 928 chefs d'accusation pour fraude fiscale sont déposés contre l'homme d'affaires et ses entreprises. L'entrepreneur est personnellement visé par 470 des chefs et se voit réclamer 5,3 millions. Il est notamment accusé d'avoir présenté des dépenses personnelles comme des dépenses d'affaires et d'avoir mis sur pied un système de fausses factures pour éluder l'impôt.

JUIN 2014 - Mise en vente d'Hexagone

Hexagone pousse son PDG, Joël Gauthier, vers la sortie alors que l'UPAC le soupçonne de fraude. Un mois plus tard, La Presse révèle que Tony Accurso a financé, en toute discrétion, Joël Gauthier pour l'acquisition d'une partie de son empire commercial. Hexagone confirme la situation ainsi que les difficultés financières qui l'ébranlent. Des sociétés étrangères veulent alors racheter Hexagone. Aucune transaction n'est conclue à ce jour.




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