Les grutiers de la FTQ nient avoir été payés à ne rien faire

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Les grutiers syndiqués à la FTQ-Construction se défendent. Ils affirment qu'il est faux de prétendre qu'ils ont été payés à ne rien faire sur le chantier hydroélectrique de Péribonka, en 2005-2006, comme l'a déclaré devant la Commission Charbonneau l'enquêteur Michel Comeau.

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Michel Comeau

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En entrevue vendredi, le directeur de la section locale 791-G des grutiers, Evans Dupuis, a assuré qu'aucun grutier n'avait été payé pour rester dans une roulotte à ne rien faire sur ce chantier lancé par Hydro-Québec. Il rapporte que les grutiers québécois ont pu participer à l'entretien des grues, qu'ils ont changé des pièces sur les haveuses et qu'ils ont donné un coup de main pour monter ces imposantes grues spécialisées.

Plus tôt cette semaine, l'enquêteur Comeau avait affirmé devant la commission que 12 grutiers avaient été payés à ne rien faire, pour des périodes allant de quelques mois à deux ans, parce qu'un litige était survenu avec l'entreprise allemande Bauer, responsable du chantier d'Hydro-Québec, qui insistait pour employer ses grutiers allemands sur le chantier québécois.

L'enquêteur Comeau, qui résumait les propos recueillis par une demi-douzaine d'enquêteurs de la commission sur différents chantiers, principalement sur la Côte-Nord, avait rapporté que sur le chantier de Péribonka, des grutiers avaient tout simplement joué aux cartes dans la roulotte de chantier et que certains étaient même demeurés chez eux, tout en étant rémunérés par Bauer.

«C'est pas vrai que les gars ont passé deux ans dans le «shack» à jouer aux cartes. La job a duré trois mois en 2005 et environ six mois en 2006. On parle de neuf mois environ d'ouvrage. Puis les gars travaillaient soit à diriger la machine, à enligner l'Allemand où il fallait qu'il s'en aille. Et s'il y avait de l'entretien mécanique à faire, il donnait un coup de main aux mécaniciens, s'il avait les dents de la drilleuse à changer, de la haveuse, c'est eux qui le faisaient. Alors c'est faux de dire qu'ils jouaient aux cartes et dormaient dans la roulotte», s'est exclamé M. Dupuis, outré.

Le syndicaliste confirme qu'une entente était intervenue entre la section locale concernée de la FTQ-Construction et Bauer permettant l'embauche de grutiers québécois. Il précise que cette entente prévoyait que les grutiers québécois soient formés sur la nouvelle technologie «et puissent opérer les machines après». Il reproche à Bauer de n'avoir pas respecté ce volet de l'entente. Il confirme que Bauer ne voulait même pas que les grutiers québécois manipulent les grues.

«Ça a même été aussi loin que quand des grutiers ont embarqué sur la machine - parce que l'opérateur les laissait embarquer - et que le surintendant allemand de Bauer débarquait et voyait ça, il débarquait le grutier du Québec et il donnait de la marde à son gars parce qu'il avait laissé le gars embarquer sur la machine», a relaté M. Dupuis.

Il a noté que si les grutiers québécois ont réussi à faire quand même de l'entretien des grues et à les diriger, c'est à force de «persévérance et d'entêtement».

M. Dupuis a souligné aussi que ce sont les conventions collectives du Québec qui prévoient qu'à compter d'un certain tonnage, il doit y avoir deux grutiers par grue, pour des raisons de sécurité. Et il appartient aux employeurs, même étrangers, de respecter les conventions québécoises.




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