Lavallée un « Dieu » à la FTQ

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L'ancien président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, était un « Dieu » aux yeux de l'ex-grand patron du bras immobilier du Fonds de solidarité FTQ, Guy Gionet. Il considérait même qu'il aurait été mieux de démissionner plutôt que de s'opposer à ses choix de projets à financer.

L'homme qui a été le PDG de la SOLIM de 2004 à 2009 (rebaptisé Fonds immobilier de solidarité FTQ) a témoigné pour une seconde journée aujourd'hui.

À cette époque, Lavallée présidait le conseil d'administration de la SOLIM en plus de ses fonctions à la FTQ-Construction. Selon le témoignage de Gionet, c'était Lavallée le vrai patron de la SOLIM.

«Pour vous remettre dans le contexte, c'est quand même un Dieu à la FTQ! Il est là depuis le début, c'est son bébé. C'est quelqu'un de très puissant, donc je n'ai aucune impression que je peux l'influencer, il se positionne comme mon patron.»

Quel était le véritable ascendant de Jean Lavallée à la SOLIM? C'est sans doute l'une des questions que la commission abordera dans les prochains jours, puisque Jean Lavallée est le prochain témoin appelé à la barre. Son témoignage devrait débuter demain.

Stratagème d'évitement fiscal

L'écoute électronique présentée à la commission a démontré que Tony Accurso n'hésitait pas à prendre le téléphone pour dicter ses volontés à Gionet.

Dans un extrait d'une conversation dévoilé ce matin, Accurso informe Gionet qu'il veut effectuer un «tax scheme» (stratagème d'évitement fiscal) en achetant un terrain à Terrebonne pour une courte période de temps. «OK. Je regarde comment qu'on pourrait faire ça», répondra Gionet à Accurso.

Interrogé par la commissaire France Charbonneau à savoir pourquoi cette demande ne l'avait pas fait sourciller, Gionet a répondu qu'il ignorait que le stratagème en question était illégal. De toute façon, a-t-il ajouté, il avait peu de pouvoir autre que celui du « volet immobilier ».

«Vous aviez peu de pouvoir autre que celui d'entériner la volonté de Tony Accurso et Jean Lavallée» a rétorqué la juge Charbonneau du tac au tac.

«Vous aviez l'autorité, mais pas le caractère» pour dire non, a-t-elle ajouté un peu plus tard.

Les coulisses de la crise médiatique

Avril 2009. Alors que les journalistes fouillent et diffusent leurs premiers reportages sur la collusion et la corruption de l'industrie de la corruption, des dirigeants la FTQ commencent à être nerveux. À cette époque, Jean Lavallée et son directeur général Jocelyn Dupuis sont «en guerre».

L'écoute électronique diffusée aujourd'hui permet d'en savoir plus sur l'ambiance qui régnait à l'époque.

Déjà, dans une conversation du 20 mars Guy Gionet affirme à Louis Bolduc, un membre du C.A. de la SOLIM, que les journalistes «veulent avoir du sang».

Le 3 avril 2009, Gionet reçoit un appel de Yvon Bolduc, PDG du Fonds de solidarité. Bolduc l'informe que Jocelyn Dupuis sera interviewé à l'émission Enquête.

«Y va aller déballer son sac si on peut dire là, dit Bolduc. Pis là...»

«Y va nous ramasser d'aplomb», répond Gionet.

«Vous avez l'air de craindre d'avoir fait quelque chose de pas correct», a demandé France Charbonneau à Gionet. Ce dernier répond à la juge qu'il craint que Jocelyn Dupuis déclare des faussetés «par vengeance» aux médias.

Le 28 avril, c'est Tony Accurso qui téléphone à Gionet, furieux d'être devenu «personna non grata» au Fonds de solidarité. À l'époque, la SOLIM tente de se débarrasser de ses dossiers «toxiques» tels ses partenariats avec Accurso.

«As-tu vu cette marde-là encore aujourd'hui», tonne Accurso. «J'peux pas être plus en tabarnark que ça». Puis, il ajoute «j'ai blasté, j'ai blasté Michel Arsenault ».

«J'pense que tu pourrais utiliser ça en y disant écoute, tu peux pas me blaster dans les journaux pis être partenaire. Si ça me crée préjudice, il faut que j'sois compensé», lui conseille alors Gionet.

Forcé de quitter la tête du bras immobilier du Fonds de solidarité FTQ en 2009 après une «vérification interne» sur sa décision de financer des projets d'un proche des Hells Angels, Guy Gionet a tout de même continué d'y agir comme consultant durant 4 ans, a-t-on appris lundi. Il a toutefois précisé aujourd'hui qu'il n'avait pas été consulté dans le suivi des «dits» dossiers toxiques.




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