France Charbonneau: un long casse-tête à assembler

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Patience, demande la juge France Charbonneau. La Commission d'enquête sur l'octroi des contrats dans l'industrie de la construction a besoin de temps pour bien exposer les mécanismes de collusion et de corruption au Québec.

> Sur Twitter: notre journaliste Pierre-André Normandin

La commissaire a profité de son allocution de clôture des audiences cet automne pour répondre à plusieurs critiques formulées dans les dernières semaines sur le déroulement de son enquête, dont le rapport est attendu à l'automne 2013. «On ne peut pas tout faire en même temps. Il y a forcément un début et une fin. Toutes les pièces du casse-tête ne peuvent pas être mises en place en même temps», a-t-elle déclaré.

Plusieurs se sont plaints du fait que leur nom avait été évoqué devant la Commission sans qu'ils puissent eux-mêmes y donner leur version des faits. Assurant qu'elle veut protéger les réputations, la juge Charbonneau a invité ceux qui se sentent injustement touchés à venir s'expliquer. La Commission garde toutefois toute latitude pour décider de la pertinence de les entendre publiquement et, surtout, dans quel ordre elle le fera.

La juge a également tenu à assurer que, à la suite de critiques formulées par les avocats des participants à la Commission, des mesures correctives avaient été prises. Plusieurs se sont plaints de recevoir tardivement l'information sur les témoignages à venir, ce qui les empêchait de bien préparer leur contre-interrogatoire.

France Charbonneau a par ailleurs assuré que le commissaire Roderick Macdonald, qui n'a pas assisté à une seule séance publique en raison de son état de santé, prend du mieux et «collabore de plus en plus». Elle a du même souffle confirmé que d'autres procureurs et avocats seront embauchés durant la pause hivernale. «Cette tâche n'est pas simple parce que nous devrons éviter tout conflit d'intérêts et nous assurer de la compétence et de l'expérience des gens que nous choisirons.»

La Commission a été durement touchée cet automne par la démission de ses deux procureurs les plus expérimentés. L'ancien procureur en chef adjoint est parti parce qu'il avait travaillé auprès d'entreprises de construction.

Les audiences publiques de la Commission ont officiellement été suspendues hier pour sept semaines. L'heure des vacances n'a pas sonné pour autant puisque de nombreux témoins doivent être rencontrés en vue de la reprise des audiences, le 21 janvier. «Nous sommes conscients des coûts qu'engendre une telle commission et c'est pourquoi nous estimons important de bien préparer les audiences en choisissant tout aussi bien ce qui doit être mis en preuve et ce qui doit être laissé de côté», a précisé Mme Charbonneau.

Au-delà de la collusion et de la corruption, les témoignages promettent de reprendre là où la Commission a achevé ses travaux: sur le financement des partis, tant municipaux que provinciaux.

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