Le Parti libéral du Québec et Union Montréal sur la sellette

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Le témoignage de l'enquêteur de la Commission Erick Roy traite du «lien entre les entrepreneurs en construction, les firmes de génie et le financement des partis».

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Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Union Montréal sont sur la sellette, cet après-midi, aux audiences de la commission Charbonneau. Un enquêteur a décrit les découvertes faites dans un club privé de la métropole où plusieurs rencontres touchant le financement politique ont eu lieu.

Le procureur en chef adjoint de la Commission, Me Denis Gallant, avait précisé plus tôt que le témoignage de l'enquêteur de la Commission Erick Roy traiterait du «lien entre les entrepreneurs en construction, les firmes de génie et le financement des partis».

Une équipe de cinq inspecteurs de la Commission ont visité le club 357c le 26 octobre dernier.Seulement 2 des quelques 1000 membres les intéressaient: les entrepreneurs Paolo Catania, de Construction F. Catania, et Joe Borsellino, de Construction Garnier.

L'enquêteur Roy est à présenter une liste de rencontres tenues dans ce club privé où seuls son admis les membres et les personnes qu'ils invitent.

Dans la première page de cette liste, on peut voir plusieurs noms liés à la Ville de Montréal. Il d'agit de Bernard Trépanier, responsable du financement d'Union Montréal, Frank Zampino, ancien président du comité exécutif de Montréal, Martial Fillion, ancien chef de cabinet de Gérald Tremblay et président de la SHDM, Robert Marcil, ancien directeur des travaux publics de la métropole, et Luc Leclerc, fonctionnaire montréalais qui a reconnu avoir empoché des pots-de-vin. Outre ceux-ci, les noms d'ingénieurs connus dans les milieux politiques y sont aussi mentionnés, dont Bernard Poulin, du Groupe SM, Michel Lalonde, du Groupe Séguin, Yves Théberge, de Cima +, et Rosaire Sauriol, de Dessau.

Le témoignage de l'enquêteur Roy a été suspendu en raison d'une demande de non-publication formulée par le Parti libéral du Québec, qui souhaite protéger les noms de deux personnes. La requête a déplu à la commissaire France Charbonneau, car l'avocat de la formation, Me Michel Décary, n'en avait pas avisé la Commission à l'avance.

D'autres témoins ont évoqué le club 357c devant la Commission. Lors de son témoignage, un ancien proche de Paolo Catania, Elio Pagliarulo, a affirmé qu'il était allé porter 100 000$ à Frank Zampino dans un club privé. Érick Roy a précisé que ce club était le 357c. Le fonctionnaire Gilles Vézina a pour sa part indiqué qu'il avait été invité à ce club par l'entrepreneur Nicolo Milioto.

À l'approche du témoignage de l'enquêteur Roy, les procureurs ont reçu hier matin une «requête alléguant des motifs sérieux devant être entendus d'urgence», selon le procureur en chef adjoint, Me Denis Gallant. La nature exacte de cette requête n'a toutefois pas été rendue publique.

D'intenses négociations ont eu lieu jusqu'à tard lundi soir afin de faire tomber la requête et de permettre la poursuite des audiences en public.

Me Gallant a remis ce matin une volumineuse documentation aux avocats des participants de la Commission. «Il y a énormément de renseignements qui touchent des sujets qui vont intéresser la Ville de Montréal et le Parti libéral du Québec également. Ça les touche directement», a dit Me Gallant.

Collusion hermétique

Plus tôt aujourd'hui, l'ex-entrepreneur Piero Di Iorio a raconté que n'entrait pas qui le voulait dans le système de collusion à Montréal. Il a affirmé avoir lui-même maintes fois tenté d'y pénétrer. Mais les entrepreneurs qui avaient la mainmise sur le marché montréalais l'en ont empêché.

Pendant des années, Piero Di Iorio a accepté de ne pas soumissionner aux appels d'offres truqués par un groupe d'entrepreneurs, dans l'espoir que son entreprise Excavation D.P. obtienne un jour sa part du gâteau. Puis son tour est finalement venu: Joe Borsellino, de Construction Garnier, lui a appris qu'un contrat lui était destiné. Seule condition : il devait verser 5% de sa valeur au «groupe».

Di Irio a donc fait la tournée des entrepreneurs pour les avertir que le contrat lui revenait. Mais Frank Minicucci, responsable de la firme Simard-Beaudry, propriété de Tony Accurso, aurait refusé de voir un nouveau concurrent s'infiltrer dans le marché montréalais. Excavation D.P. a eu la surprise de terminer deuxième à l'appel d'offres.

Piero Di Iorio a de nouveau tenté de décrocher un contrat dans l'est de Montréal en 2005, dans la carrière Demix. Voisin du terrain, Di Iorio tente d'obtenir le contrat, qu'il évalue à 1,8 million. Mais Jean-Guy Ste-Croix, d'Excavation Ste-Croix , tente de le convaincre que le mandat lui revient.

Après de nombreux échanges, les deux s'entendent pour se partager le contrat: Ste-Croix devait remporter l'appel d'offres pour 2,6 millions et en donner une bonne partie en sous-traitance à Excavation D.P.

Après avoir obtenu le contrat, Ste-Croix aurait cessé de répondre aux appels de Di Iorio. Comprenant qu'il s'était fait avoir, le propriétaire d'Excavation D.P. a intenté une poursuite de 350 000$, qu'il a ensuite abandonnée après que son avocat eut réalisé que leur entente était illégale.

Étonnamment, aucune question n'a été posée sur la retentissante faillite de 25 millions de Piero Di Iorio. Il a seulement eu à préciser que, depuis la fermeture d'Excavation D.P., il travaille sur la Côte-Nord, près de Sept-Îles, «au plan du ministre Charest, le plan Nord».

Liste des visiteurs du 357c

Liés à Montréal

- Bernard Trépanier, responsable du financement d'Union Montréal

- Frank Zampino, ancien président du comité exécutif de Montréal

- Martial Fillion, ancien chef de cabinet de Gérald Tremblay et ex-président de la SHDM

- Robert Marcil, ancien directeur des travaux publics de la métropole

- Luc Leclerc, fonctionnaire montréalais qui a reconnu avoir empoché des pots-de-vin

Ingénieurs :

- Bernard Poulin, du Groupe SM

- Michel Lalonde, du Groupe Séguin

- Yves Théberge, Cima +

- Rosaire Sauriol de Dessau.

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