Les Siciliens contrôleraient la construction depuis plus de 30 ans

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«Je suis Italien, mais je ne suis pas sicilien, a dit hier l'ancien entrepreneur en construction Piero Di Iorio. Je ne fais pas partie de la gang, parce que je ne suis pas sicilien. Eux, quand ils voulaient une job, ils l'avaient. On n'avait pas le choix de céder la place.»

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Bruno Bisson
La Presse

La mafia sicilienne contrôle le domaine de la construction à Montréal depuis plus de 30 ans, a affirmé hier à la commission Charbonneau l'ancien entrepreneur en construction Piero Di Iorio, dont l'entreprise a fait une retentissante faillite de 25 millions de dollars il y a trois ans.

«Ça fait 33 ans que je suis en affaires. Ça fait 30 ans que je sais qu'il y a de la collusion à Montréal», a-t-il déclaré.

«À l'âge de 18 ans, je l'ai su. J'ai demandé à mon père pourquoi on n'y allait pas, sur des jobs. Il m'a dit que c'est parce qu'on n'a pas le droit de les soumissionner.»

«Je suis italien, mais je ne suis pas sicilien. Je ne fais pas partie de la gang, parce que je ne suis pas sicilien. Eux, quand ils voulaient une job, ils l'avaient. On n'avait pas le choix de céder la place.»

Un jour, il a refusé et a «failli payer de [sa] vie». «Ils ont essayé de me tuer parce que j'ai essayé de rentrer une job même si on m'avait dit non.» C'était vers le milieu des années 80, a-t-il raconté hier. Il se rendait à l'hôtel de ville pour déposer une soumission. Au terme d'une folle course-poursuite, son véhicule aurait été littéralement éperonné par le véhicule d'un des frères Piazza, de la firme de construction éponyme, sur l'avenue Viger, près du tunnel Ville-Marie. Il a quand même pu déposer sa soumission à temps. Et il est arrivé deuxième.

«Menaces de vol»

C'est un ancien entrepreneur au passé lourdement chargé de démêlés judiciaires et financiers que la commission Charbonneau a commencé à entendre en fin d'après-midi. M. Di Iorio a déclaré hier qu'il est actuellement retraité, surtout en raison de problèmes de santé.

Il a commencé à évoquer ses difficultés à soumissionner ou à obtenir des contrats à la Ville de Montréal. En 15 ans à la direction de sa propre firme de construction, Excavation DP, M. Di Iorio affirme n'avoir obtenu qu'une poignée de contrats publics: trois à Montréal, un à Longueuil.

Le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui a atteint 30 millions à son apogée, selon M. Di Iorio, a été réalisé essentiellement grâce à des contrats privés ou en sous-traitance de contrats publics.

En 2009, la faillite d'Excavation DP a laissé des créances impayées de 25 millions. À elle seule, l'institution financière GE Capital aurait perdu 14 millions. Un syndic chargé de liquider les biens de l'entreprise a éprouvé des ennuis à récupérer de la machinerie et a même dû composer avec des «menaces de vol et des bris d'équipements».

Des documents judiciaires révélés par La Presse au printemps dernier indiquent qu'à la même époque, M. Di Iorio faisait construire trois luxueuses maisons, dont la valeur était estimée à 750 000$ chacune, dans le quartier Rivière-des-Prairies, dans l'est de Montréal. Ces propriétés étaient enregistrées au nom des deux filles de M. Di Iorio.

Le témoignage de M. Di Iorio se poursuit ce matin.

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