La corruption faisait partie de la «culture d'entreprise» à Montréal

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La corruption faisait partie de la «culture d'entreprise» à la Ville de Montréal, affirme l'ex-fonctionnaire Luc Leclerc. Il a par ailleurs corroboré l'affirmation de l'ex-entrepreneur Lino Zambito, qui a dit que le crime organisé touchait de 2 à 2,5% des contrats de la métropole et le «politique», 3%.

Durant son témoignage, ce matin, l'ingénieur à la retraite a affirmé que les pots-de-vin étaient courants lorsqu'il a été embauché, en 1990. À l'époque, ses huit collègues ingénieurs à la voirie recevaient chaque année des cadeaux de Noël des entrepreneurs en construction.

Luc Leclerc a expliqué que, en acceptant ces cadeaux, il s'était simplement «adapté». «À Rome, on fait comme les Romains», a-t-il dit.

En fait, selon lui, les entrepreneurs en construction savaient qu'il serait embauché avant même son arrivée à la Ville. Ils l'ont alors invité à participer à des «activités sociales» où les cadeaux pleuvaient.

À son premier Noël à Montréal, des camionnettes arrivaient «deux, trois fois par jour, pendant plusieurs jours», remplies de cadeaux destinés aux fonctionnaires. «Quelqu'un voulait des billets de hockey ? Il en demandait», a dit le retraité.

Luc Leclerc adorait les cadeaux: «Je me réjouissais de l'arrivée d'un nouvel entrepreneur [à Montréal]: plus de cadeaux à Noël !»

Pour expliquer pourquoi il avait accepté de voyager avec Paolo Catania en 1995, Luc Leclerc s'est comparé à l'ex-ministre Nathalie Normandeau. «Si je peux, candidement, faire un parallèle, quand elle a dit "C'était Céline, quand même", moi, c'était Casa de Campo, quand même.» Ce complexe des Caraïbes compte trois parcours de golf, dont l'un des meilleurs au monde.

Crime organisé

Luc Leclerc a par ailleurs dit qu'il savait que le crime organisé et le politique touchaient une partie des contrats confiés aux entrepreneurs. On en parlait ouvertement au cours des activités sociales organisées par le cartel.

«Ce n'était pas si caché», a-t-il dit, en ajoutant que, si le système n'a pas été enrayé, c'est que «personne n'a pris le taureau par les cornes».

«On a été de la pâte à modeler facile pour les entrepreneurs qui voulaient nous corrompre. On était toujours avec les mêmes entrepreneurs. On était peu nombreux, pratiquement pas de ressource, personne derrière nous pour nous donner un coup de main», a dit le fonctionnaire.

M. Leclerc a admis mercredi qu'il avait accepté des pots-de-vin de la part d'entrepreneurs en construction, dont environ 500 000 $ comptant. Désinvolte, il a énuméré ces cadeaux - jusqu'à un jambon. Selon lui, «à peu près tout le monde» à la Ville était au courant du système de collusion.

Comme d'autres témoins avant lui, il a indiqué que le stratagème de collusion et de corruption «était beaucoup plus large que la Ville de Montréal» et touchait notamment la couronne nord et l'Ouest-de-l'Île.

Il a aussi confirmé qu'il est allé jouer au golf en République dominicaine avec le parrain de la mafia, Vito Rizzuto, et son collègue ingénieur Gilles Surprenant.

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