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Raynald Desjardins refuse de comparaître

Raynald Desjardins et quatre autres suspects sont accusés... (Photo: François Roy, Archives La Presse)

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Raynald Desjardins et quatre autres suspects sont accusés du meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna, en novembre 2011.

Photo: François Roy, Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

L'homme d'affaires Raynald Desjardins n'a aucunement l'intention de témoigner devant la commissaire France Charbonneau et ses adjoints, même à huis clos.

Actuellement détenu au Centre de prévention Rivière-des-Prairies, Desjardins a reçu une citation à comparaître des mains des enquêteurs de la commission Charbonneau le 4 septembre. Il a ordre de comparaître personnellement devant les commissaires entre le 17 septembre et le 14 février 2013, «pour témoigner de toutes informations pertinentes relatives au mandat de la Commission d'enquête». S'il n'obtempère pas, il risque d'être accusé d'outrage au tribunal.

Raynald Desjardins est actuellement accusé, avec quatre autres individus, du meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna, 40 ans, commis le 24 novembre 2011 à Charlemagne. Dans la requête en cassation de la citation à comparaître, l'avocat de Desjardins, Me Marc Labelle, écrit que le dossier dans lequel son client est accusé «implique nécessairement la constitution d'un jury et son assignation nuira à ladite sélection eu égard à la couverture médiatique importante et à l'image négative que l'on présente de lui».

Le criminaliste fait également valoir plusieurs autres arguments. Même si les questions posées devant la Commission ne sont pas liées directement à cette affaire, la diffusion du témoignage de son client tendra à le désigner comme un membre du crime organisé, soutient l'avocat.

Me Labelle ajoute que l'assignation à comparaître viole le droit au silence de son client, le prive du droit constitutionnel de ne pas s'auto-incriminer et peut entraîner le dévoilement de la stratégie de la défense dans sa cause criminelle.

De plus, selon Me Labelle, l'ordre de comparution viole l'article 9 de la Loi sur les commissions d'enquête, qui prévoit que le témoin doit répondre à toutes les questions posées concernant «les matières qui font le sujet de l'enquête». L'avocat affirme que son client ne peut rendre un témoignage qui se rapporte au sujet de l'enquête et croit que c'est à la Commission de prouver le contraire.

Enfin, Me Labelle croit que cette citation à comparaître constitue un abus de procédure et qu'elle est contraire à l'intérêt de la justice. La cause sera débattue au cours des prochaines semaines.

Les événements

Raynald Desjardins, Vittorio Mirarchi, Felice Racaniello, Jack Simpson et Calogero Milioto ont été arrêtés le 20 décembre 2011, un mois à peine après le meurtre de Salvatore Montagna. Les cinq hommes sont accusés de meurtre et de complot. La preuve de la Sûreté du Québec dans cette affaire repose en grande partie sur des messages PIN que les suspects, qui les croyaient indéchiffrables, ont échangés sur leurs appareils BlackBerry avant, pendant et après l'assassinat de Montagna.

Selon la police, Montagna, Desjardins, le beau-frère de ce dernier, Joe Di Maulo, ainsi que l'homme d'affaires Domenico Arcuri auraient été très actifs dans la lutte d'influence qui a mené à la chute des Rizzuto, en 2010.

Un conflit sur la façon de diriger les choses aurait ensuite éclaté entre Desjardins et Montagna, au printemps 2011. Le 16 septembre suivant, Desjardins a échappé de justesse à une tentative de meurtre près de son domicile, à Laval.




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