Harper accusé de profiter du drame de Saint-Jean

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«Le premier ministre a été informé de la situation juste avant de prendre la parole [hier] à la Chambre des communes», a déclaré Carl Vallée, porte-parole de Stephen Harper.

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Attentat à St-Jean-sur-Richelieu

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Attentat à St-Jean-sur-Richelieu

Le 20 octobre 2014, Martin Rouleau a heurté deux militaires dans le stationnement d'un centre commercial de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. »

(OTTAWA) Le premier ministre Stephen Harper estimait qu'il était de son devoir d'informer rapidement les Canadiens de l'attentat commis contre deux militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu par un jeune homme converti à l'islam qui s'était radicalisé.

La décision de M. Harper de profiter de la période de questions aux Communes lundi pour répondre à une question d'un député conservateur d'arrière-ban, Randy Hoback, sur des «rapports non confirmés» concernant «une possible attaque terroriste contre deux membres des Forces armées canadiennes» a fait sourciller les partis de l'opposition.

Alors que les forces policières entamaient à peine leur enquête sur cette agression qui a entraîné la mort de l'un des deux militaires happés par la voiture que conduisait Martin Couture-Rouleau, le premier ministre a dit être «au courant de ces rapports [...] extrêmement troublants» et a offert ses meilleurs voeux aux familles touchées par ce tragique événement.

Hier, un proche collaborateur de M. Harper a balayé du revers de la main les allégations des partis de l'opposition selon lesquelles le gouvernement conservateur a ainsi tenté de profiter de la situation pour raffermir l'appui des Canadiens envers la participation du Canada aux frappes aériennes en Irak pour combattre le groupe armé État islamique. «Le premier ministre a voulu informer les Canadiens le plus rapidement possible des tragiques événements. Il a été informé de la situation juste avant de prendre la parole à la Chambre des communes», a déclaré à La Presse Carl Vallée, porte-parole de M. Harper.

«Geste ignoble»

Aux Communes, hier, M. Harper a décrit comme un «geste ignoble» l'attentat commis contre les deux militaires, déplorant la mort de l'adjudant Patrice Vincent.

«Patrice Vincent était un membre des Forces armées canadiennes et a servi avec distinction pendant 28 ans. [...] Il s'agit d'un geste de violence ignoble qui non seulement frappe ce soldat et ses collègues, mais heurte aussi de plein fouet les valeurs de notre démocratie civilisée. Nous allons continuer d'appuyer les hommes et les femmes des Forces canadiennes qui nous défendent contre ces menaces», a affirmé le premier ministre.

Pour le chef du NPD, Thomas Mulcair, il ne fait aucun doute que «le gouvernement a pris tout le monde par surprise, y compris la Sûreté du Québec, en dévoilant devant la Chambre des informations non confirmées».

Il a ajouté qu'un «événement tragique comme celui survenu à Saint-Jean-sur-Richelieu devrait être un moment d'aller au-delà de la partisanerie».

Devant les journalistes, M. Mulcair a invité les membres du gouvernement Harper à faire preuve de plus de retenue avant de tirer des conclusions sur les événements tragiques de lundi.

«J'espère qu'ils ne sont pas en train de se servir de cette situation-là pour compter des points politiques. [Lundi] et encore [hier], ils sont allés assez loin dans leur déclaration. Nous, on attend le rapport de la police. Ils sont en train de faire une enquête et on s'abstiendra, nous, de faire de la spéculation sur ce crime», a-t-il dit.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a aussi été prudent dans ses commentaires. «C'est un événement tragique, un crime horrible. [...] Par rapport à la réponse du gouvernement, c'est évident depuis [lundi] qu'il a accès à des informations que les partis de l'opposition et les Canadiens n'ont pas. Mais je ne vais pas politiser cet enjeu plus qu'il l'est déjà», a-t-il dit.

Les autorités ont relevé le niveau de sécurité

Les autorités canadiennes ont augmenté le niveau de sécurité au pays vendredi dernier, a appris La Presse.

Le niveau est passé de bas à moyen, le premier changement en quatre ans. Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique Steven Blaney, Jean-Christophe de Le Rue, a indiqué que les organismes de sécurité nationale du Canada «évaluent constamment la menace terroriste et prennent des mesures en vue de protéger les Canadiens». «Depuis la création du SCRS il y a 30 ans, la menace que représentent pour le Canada différents groupes extrémistes a toujours fait l'objet d'une évaluation. La décision de hausser ce niveau est liée à une augmentation de l'ensemble du bavardage d'organisations islamistes radicales comme l'[État islamique], Al-Qaïda, [les shebab] et autres, qui représentent clairement une menace pour les Canadiens», a-t-il affirmé.

«Ce niveau signifie que, selon le renseignement disponible, un individu ou un groupe au Canada ou à l'étranger a l'intention et la capacité de commettre un acte terroriste, et que le Centre intégré d'évaluation de la menace (CIET) estime qu'un acte terroriste violent pourrait être perpétré. Cette hausse ne découle pas d'une menace précise. Les Canadiens devraient se montrer vigilants, mais continuer de vaquer normalement à leurs occupations», a-t-il ajouté.

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