Centre culturel islamique: «Nous allons continuer à prier»

Un homme éclate en pleurs quelques heures après... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

Agrandir

Un homme éclate en pleurs quelques heures après la réouverture du Centre culturel islamique.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne
Québec

Des fidèles du Centre culturel islamique de Québec où une fusillade a fait six morts et plusieurs blessés, dimanche, sont retournés sur les lieux du drame, mercredi, afin de constater les dégâts causés par le carnage.

Des journalistes et des membres de la communauté musulmane de la capitale ont dû marcher par-dessus les taches de sang pour circuler à l'intérieur de la mosquée. Certains des murs ont été troués par des balles, et des traces de sang étaient toujours visibles à plusieurs endroits du centre, notamment dans les escaliers menant au sous-sol.

Le vice-président de la mosquée, Mohamed Labidi, a expliqué qu'il avait voulu ouvrir le centre au public afin que les gens puissent constater ce qu'ont subi les fidèles.

Six musulmans âgés de 39 à 60 ans ont été tués lorsqu'un tireur est entré dans la mosquée et a ouvert le feu sur les fidèles. Les autorités ont refusé de préciser quel type d'arme a été utilisée dans la fusillade.

Le président du Centre culturel islamique, Mohamed Yangui, a indiqué que les six corps avaient été retournés à leur famille. Tous, sauf un, seront enterrés à l'extérieur du pays.

Un membre de la communauté musulmane de Québec, Ahmed Elrefai, a raconté que malgré les taches et les trous de balle dans les fenêtres et les murs de la mosquée, trois hommes y étaient retournés mercredi matin pour faire leur prière.

«Le message est que nous allons continuer à prier, même avec les planchers couverts de sang», a-t-il déclaré.

M. Labidi, debout devant une épaisse tache de sang à l'entrée du lieu de prière, a dit que le sang était celui de son ami, Azzeddine Soufiane. Il a raconté que M. Soufiane avait couru vers le tireur et tenté de l'arrêter avant d'être tué.

«C'était un homme généreux, a-t-il soutenu. Généreux, jusqu'au dernier moment de sa vie. C'est notre héros.»

Ahmed El-Ghandouri a essuyé des larmes en parlant de M. Soufiane, qu'il connaissait depuis 35 ans et qu'il avait aidé à lancer son épicerie.

Pour lui, il était essentiel de revenir rapidement sur les lieux du drame.

«Il fallait se rendre compte nous-mêmes de la haine que ce monsieur avait dans son coeur», a expliqué celui qui considère toujours Québec comme «la plus belle ville du monde».

«Il faudra nettoyer ça. Il faudra mettre tout en état. On souhaite la bienvenue aux gens (qui veulent) venir voir que l'islam ne prône jamais la violence.»

Malgré sa peine, M. El-Ghandouri affirme qu'il pardonne au tireur. «C'est un cas isolé. La personne qui a commis ça, c'est malheureux, mais personnellement, je ne lui en veux pas. On lui pardonne, parce que je ne sais pas ce qu'il avait dans la tête pour faire ce drame-là.»

Alexandre Bissonnette a été arrêté dimanche soir à la suite du massacre, qui a également blessé 19 personnes. L'homme de 27 ans a été accusé de six chefs de meurtre prémédité et de cinq autres de tentative de meurtre avec une arme prohibée.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer