Attaque du Parlement: un rapport relève plusieurs lacunes de sécurité

Le commissaire adjoint de la GRC Gilles Michaud... (Photo Chris Wattie, Archives La Presse canadienne)

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Le commissaire adjoint de la GRC Gilles Michaud a toutefois affirmé que les trois quarts des recommandations environ avaient déjà été mises en oeuvre ou étaient sur le point de l'être.

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Attentat à Ottawa

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Attentat à Ottawa

Le 22 octobre 2014, des coups de feu ont été tirés sur la colline parlementaire, à Ottawa. »

(Ottawa) Les services de sécurité du Parlement, incluant la Gendarmerie royale du Canada, ont manqué d'efficacité dans leur réaction à l'attaque du 22 octobre au Parlement, conclut la Police provinciale de l'Ontario dans un rapport d'enquête rendu public mercredi.

Le corps policier chargé de faire la lumière sur le déroulement des évènements a relevé plusieurs lacunes dans les systèmes de sécurité déployés sur la Colline parlementaire.

«Des membres de la force de sécurité de la GRC étaient en position de barrer la route à l'homme armé avant qu'il n'entre dans le Parlement, mais ils ne l'ont pas fait», peut-on lire dans l'un des trois rapports rendus publics mercredi.

Ces rapports concluent entre autres que 56 coups de feu ont été tirés vers Michael Zehaf Bibeau, et que deux d'entre eux lui ont été fatals. Ces deux coups de feu auraient été tirés par le sergent d'armes Kevin Vickers et l'agent de la GRC Curtis Barrett. Des 56 coups de feu, 31 ont atteint leur cible.

La Police provinciale de l'Ontario (OPP) a été chargée d'examiner si des accusations criminelles devraient être déposées contre des agents en raison du décès de M. Zehaf Bibeau. Elle a conclu par la négative, puisque M. Zehaf Bibeau a lui-même fait feu à plusieurs reprises en direction des agents.

L'OPP a aussi publié un rapport sur les mesures de sécurité en vigueur sur la colline au moment de l'attaque.

«Les incidents regrettables survenus au Monument commémoratif de guerre et sur la Colline du Parlement le 22 octobre 2014 ont brutalement rappelé que le Canada est mal préparé pour empêcher ce genre d'attaque et pour y faire face», peut-on lire dans la conclusion de ce dernier rapport.

«Heureusement, l'assaillant a procédé de manière improvisée. La situation aurait pu être bien pire, et le nombre de victimes, beaucoup plus élevé», a poursuivi le corps policier.

«L'état actuel du dispositif de sécurité laisse présager des résultats catastrophiques si la Colline du Parlement faisait aujourd'hui l'objet d'une attaque organisée comme celle qu'a vue la France en janvier 2015», a-t-on encore ajouté.

«Pas d'erreur humaine»

Réagissant à ces conclusions en point de presse, le commissaire adjoint de la GRC Gilles Michaud a affirmé que les procédures ont été modifiées au sein de la Gendarmerie royale du Canada pour s'assurer d'être mieux préparés à l'avenir. 

Il a aussi pris la défense de son équipe: «Comme l'indiquent ces rapports, ce sont des lacunes systémiques et non une erreur humaine qui ont permis au tireur d'entrer dans l'édifice du centre».

«C'est grâce aux efforts d'une équipe dévouée et courageuse que le tireur et la menace ont pu être neutralisés», a ajouté le commissaire adjoint Michaud.

Le haut gradé du service policier a néanmoins reconnu qu'aucun des agents qui étaient assis dans les véhicules stationnés devant la clôture avant de la Colline Parlementaire n'ont vu Michael Zehaf Bibeau entrer en courant dans l'enceinte parlementaire avec une arme dans les mains.

L'un de ces policiers était occupé à lire un rapport, a-t-il précisé.

C'est une mère avec une poussette qui a finalement alerté une agente à l'autre extrémité de la Colline. Cette agente a tenté d'alerter ses collègues par radio, mais son message était apparemment inaudible.

Entre-temps, Michael Zehaf Bibeau s'était emparé d'une limousine de ministre en menaçant de tuer le conducteur, et il a même croisé une voiture de la GRC en se dirigeant vers l'édifice du centre. Le conducteur de cette voiture de la GRC n'a pu l'identifier ou lui bloquer le passage, n'ayant pu comprendre le message radio envoyé par sa collègue.

Recommandations

L'OPP a formulé une soixantaine de recommandations, mais la plupart ont été censurées.

Le rapport relève plusieurs lacunes, dont des pénuries d'effectifs, notamment dans les services de transmission radio; et une mauvaise coordination des différentes forces de sécurité responsable de surveiller la Colline parlementaire. Au moment de l'attaque, cette responsabilité incombait à trois services différents, dont la GRC, qui étaient souvent en compétition entre eux, note le document.

«La création récemment annoncée d'une force de sécurité unifiée contribuera grandement à renforcer la sécurité sur la Colline du Parlement», a salué l'OPP à l'égard de ce dernier constat.

Le corps policier de l'Ontario se montre toutefois pessimiste quant à la possibilité que l'ensemble de ses recommandations soit mis en oeuvre: «Malgré la survenue de plusieurs atteintes à la sécurité sur la Colline du Parlement et la publication de nombreux rapports soulignant les lacunes à ce chapitre, peu de mesures ont été prises pour donner suite aux recommandations en la matière», conclut le rapport.

Le commissaire adjoint de la GRC Gilles Michaud a toutefois affirmé que les trois quarts des recommandations environ avaient déjà été mises en oeuvre ou étaient sur le point de l'être.

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