Elle a tenté de sauver le soldat: «Continue à respirer, ta famille t'aime»

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Mme Winters a dit au caporal de penser à ce qu'il faisait - qu'il était de garde devant le Monument commémoratif de guerre du Canada. Elle lui a dit qu'il était un homme bien et qu'il avait accompli son devoir.

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Attentat à Ottawa

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Attentat à Ottawa

Le 22 octobre 2014, des coups de feu ont été tirés sur la colline parlementaire, à Ottawa. »

Laura Eggertson
La Presse Canadienne
OTTAWA

L'avocate Barbara Winters se dirigeait à une réunion près de son bureau à l'Agence du revenu du Canada, mercredi, quand elle est passée devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, interrompant sa marche afin de prendre quelques photos des deux gardes d'honneur en poste.

Quelques instants plus tard, après être passée devant le bureau de Postes Canada au coin des rues Elgin et Sparks, elle a entendu quatre coups de feu. Pour Mme Winters, une ancienne membre de la Réserve navale du Canada, le son qu'elle venait d'entendre ne faisait aucun doute.

Elle s'est retournée et a vu des gens se pencher sur la rue Elgin. Elle a commencé à courir - non pas vers un abri, mais plutôt vers le bruit et le soldat blessé au pied du monument.

Mme Winters avait en tête l'attaque contre deux soldats deux jours plutôt à Saint-Jean-sur-Richelieu et a su instinctivement que les membres de la garde d'honneur venaient d'être ciblés.

Quand elle a atteint le monument, Mme Winters a vu quatre personnes penchées au-dessus du soldat blessé. Elle a laissé tomber sa sacoche et sa valise sur les marches et a commencé à aider les gens.

Margaret Lerhe, une infirmière qui se dirigeait vers son travail à l'hôpital Élisabeth-Bruyère, appliquait de la pression avec ses mains sur la blessure du caporal Nathan Cirillo afin d'arrêter le saignement.

Deux autres soldats entouraient le caporal Nathan Cirillo, dont un qui lui parlait.

«Tu vas bien, tu vas bien mon ami, disait-il au blessé. Tu respires, continue à respirer.»

Un autre passant s'est arrêté aux pieds du caporal Cirillo. Mme Winters, qui cumule 17 ans de service dans la Réserve navale comme médecin, a demandé à l'homme de lever les pieds du blessé. Elle a desserré sa cravate.

«Tu es un homme aimé. Ta famille t'aime. Tu es un homme bon»

Barbara Winters, alors qu'elle tentait de sauver le caporal Cirillo

Le groupe a alors appelé une ambulance et la police. Mme Winters a commencé à prier. Elle s'est mise à parler au caporal Cirillo. Il était conscient, ses yeux étaient ouverts et il regardait droit devant. Elle avait l'impression qu'il pouvait l'entendre.

«Tu es un homme bien, tu es un homme brave», lui a-t-elle dit.

Puis quelqu'un - Mme Winters ne se souvient pas qui - a dit que le soldat avait cessé de respirer.

Ils ont commencé à chercher son pouls, un touchant son cou, l'autre son poignet. Par hasard, toutes les personnes présentes avaient une formation médicale ou en premiers soins. Par instinct, ils ont commencé à fonctionner comme une équipe, se parlant et s'encourageant l'un l'autre.

Ils ont commencé une manoeuvre de réanimation cardiopulmonaire. Le soldat placé à la tête du caporal a commencé le bouche-à-bouche. Mme Winters a effectué des compressions sur la poitrine du blessé et elle a demandé à l'homme tenant les jambes du caporal Cirillo de les lever plus haut. Mme Lerhe a rassuré Mme Winters qu'elle faisait bien ses compressions sur la poitrine du blessé.

Après un certain temps, quelqu'un a pris la relève de Mme Winters, qui s'est déplacée vers la tête du caporal Cirillo. Elle s'est mise à lui parler, à le réconforter.

«Tu es un homme aimé. Ta famille t'aime. Tu es un homme bon», lui a-t-elle dit.

Mme Winters a dit au caporal de penser à ce qu'il faisait - qu'il était de garde devant le Monument commémoratif de guerre du Canada. Elle lui a dit qu'il était un homme bien et qu'il avait accompli son devoir.

Elle n'a pas vu d'alliance sur sa main gauche et ne savait pas s'il était marié. Elle a donc répété les mêmes paroles: «Ta famille t'aime. T'es parents sont fiers de toi. Ta famille militaire t'aime. Tous les gens ici travaillent très fort pour toi. Tout le monde t'aime.»

Le caporal Cirillo.... (Photo Reuters) - image 4.0

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Le caporal Cirillo.

Photo Reuters

La sirène a signalé l'arrivée des ambulanciers. Le soldat qui se trouvait à la tête du caporal Cirillo s'est levé pour leur donner accès au blessé. Mme Winters a pris la relève au bouche-à-bouche, son corps penché par-dessus celui de la victime, ses pieds sur la carabine vide du soldat mort.

Les ambulanciers ont découpé ses vêtements pour avoir plus facilement accès aux blessures, ont appliqué les compressions sur sa poitrine et ont posé une minerve autour de son cou. Pendant ce temps, Mme Lerhe a relayé des informations sur ses blessures.

Malgré tout, Nathan Cirillo est mort dans les bras des personnes qui ont tout tenté pour le maintenir en vie.

Mme Winters ne croit pas qu'elle ait fait quelque chose d'extraordinaire en courant vers le bruit des coups de feu. Elle a été ébranlée par l'expérience, mais elle a louangé le travail de ceux qui l'ont aidée.

«Personne n'a été hystérique. Tout le monde est resté très calme. Nous étions tous concentrés sur le soldat afin de l'aider.»

Elle a dit admirer le courage des autres personnes qui ont tenté de réanimer le caporal Cirillo, malgré la possibilité que le tireur soit encore à proximité.

Mme Winters dit avoir fait ce que la majorité des gens auraient fait dans de pareilles circonstances.

«Quand vous êtes près de la mort, vous devez entendre à quel point vous êtes aimé.»

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