«Je les croyais tous morts», raconte la mère de Guy Turcotte

Guy Turcotte... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

Agrandir

Guy Turcotte

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Jérôme) La voiture était là, il n'y avait aucun pas dans la neige. Les portes de la maison étaient verrouillées et les stores étaient baissés. Marguerite Fournier a senti qu'aucune vie n'émanait de la maison où habitait son fils Guy Turcotte le matin du 21 février 2009. «J'ai dit à une ambulancière qui est passée avec une sacoche: vous n'avez pas besoin de sacoche, ils sont tous morts.»

C'est ce que Mme Fournier a expliqué, hier, alors qu'elle témoignait au procès de son fils. À la demande de MRené Verret, procureur du ministère public, Mme Fournier a remonté dans ses souvenirs d'il y a plus de six ans pour relater ce qui s'était passé avant et après la mort des deux enfants, le 20 février 2009.

La femme d'apparence frêle a témoigné d'une voix douce, d'un ton égal. Elle se rappelait les événements, mais cherchait parfois ses mots. Guy Turcotte était séparé depuis le 26 janvier et louait une maison à Piedmont à l'époque. Le vendredi 20 février 2009, n'ayant pas eu de nouvelles de son fils de la semaine, Mme Fournier a décidé de l'appeler à 20h21, comme en fait foi son registre téléphonique. Ç'a décroché et raccroché dès qu'elle s'est mise à parler. Un peu après, Guy lui a téléphoné.

«Tu m'as appelé, maman?», a-t-il demandé, avant de se mettre à parler à voix basse de ses regrets liés à un voyage familial qui avait eu lieu l'été précédent. Il se désolait que ça ne se soit pas bien passé. Il a parlé de ses problèmes avec Isabelle Gaston, du fait qu'elle avait un chum, que ça faisait un bout de temps que ça durait, que le voisin Fernand le lui avait dit et que ça se passait «dans son lit, dans sa maison». Il a dit à sa mère qu'il l'aimait et il lui a demandé de passer le même message à son père, ainsi qu'à chacun de ses frères et soeurs, qu'il a tous nommés.

Tourner le dos

Mme Fournier a pensé que son fils avait bu, même si elle ne l'avait jamais vu ivre. Elle a tenté de le réconforter, en lui disant de tourner le dos au passé. «Mais j'avais l'impression qu'il n'entendait pas. Il continuait de répéter les mêmes choses. Il revenait sur son malheur, sa souffrance», a-t-elle souvent répété au cours de son témoignage.

La conversation, qui a duré environ une heure, a vivement inquiété Mme Fournier. Mais elle ne pouvait se rendre à Piedmont, car son mari Réal était absent et il avait la voiture.

Très inquiète, Mme Fournier et son mari s'y sont présentés le lendemain. Il n'y avait pas de réponse. Elle a appelé le 911, a expliqué au préposé que son fils avait tenu des propos inquiétants, la veille. Le jury a pu entendre, hier, la bande audio de cet appel déchirant fait par Mme Fournier. «Il vient de se séparer, il était en grande désolation... Rien ne bouge, tout est fermé. Il a les deux enfants avec lui... On a besoin d'aide, voulez-vous venir, S'il vous plaît...», implorait Mme Fournier.

Policiers et ambulanciers sont arrivés. Le couple a été tenu à l'écart. Ils ont appris après que les enfants étaient morts, mais que Guy était vivant.

Mme Fournier a également été interrogée au sujet de la liste d'objets à récupérer dans la maison de Piedmont après le drame. 

C'est Guy Turcotte qui lui avait dicté cette liste, quelques semaines après les événements. Il téléphonait de l'Institut Philippe-Pinel, où il était détenu. Sa liste d'objets faisait trois pages. 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer