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Québécoise morte seule au Mexique: «Nous n'allions pas la laisser à la fosse commune»

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Personne n'a réclamé le corps de Micheline Deslauriers, morte au Mexique le 2 février dernier. Devant ce mystère, des villageois ont décidé de se cotiser et de lui offrir des funérailles dignes de ce nom.

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Qui est Micheline Deslauriers ? La Québécoise de 77 ans est morte au Mexique le 2 février dernier. Depuis, personne n'a réclamé son corps ou n'a signalé sa disparition. Devant ce mystère, un groupe de Mexicains a décidé de se cotiser et de lui offrir un enterrement digne de sa religion catholique. Pendant ce temps, des amis de la Magogoise lui préparaient, ici, une cérémonie commémorative.

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Le corps de Micheline Deslauriers repose maintenant dans une sépulture sur laquelle ses initiales sont écrites.

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Pour essayer de trouver les proches de Micheline Deslauriers, des villageois mexicains ont diffusé une copie de son passeport sur Facebook.

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Micheline Deslauriers était une habituée de Chacala, un petit village côtier situé à 100 km au nord de Puerto Vallarta. Quelques mois par an, elle séjournait modestement chez une famille mexicaine avec qui elle avait tissé des liens d'amitié. À la fin de janvier, la septuagénaire s'est blessée et a dû être opérée.

Quelques jours plus tard, le 2 février, Mme Deslauriers est morte « de cause naturelle ». Son corps a été transporté à la maison funéraire Funeraria Peña, non loin de l'hôpital, dans la région de Nayarit. Il y est resté 23 jours. Personne ne l'a réclamé.

Le 20 février, la maison funéraire a reçu une lettre du consulat canadien l'informant qu'elle pouvait disposer du corps non réclamé comme elle le voulait. Dans une ultime tentative de retracer ses proches, des villageois ont diffusé la photo de Mme Deslauriers ainsi qu'une copie de son passeport sur Facebook : « Urgent ! Est-ce que quelqu'un connaît cette femme ? » La publication a été partagée dans des groupes comme « Rincón de Guayabitos pour les francophones et francophiles » et jusque dans « Les SNOWBIRDS du Québec en Floride », mais la question est demeurée sans réponse.

« SA FAMILLE SAURA OÙ EST SON CORPS »

C'est ainsi que quelques Mexicains, dont Mario Munoz Alcantar, ont décidé de se cotiser pour offrir un repos digne à cette femme qu'ils ne connaissaient pas.

« La vie m'a appris que, quelle que soit notre nationalité, nous sommes tous faits de chair et de sang et nous devons être équitables et coopérer avec nos voisins », dit Mario Munoz Alcantar, 31 ans, qui habite en face de la maison funéraire où se trouvait le corps.

« Je suis heureux parce que je sens que j'ai fait quelque chose de bien dans ma vie. Mme Michelle était chrétienne et elle repose en paix maintenant », a-t-il confié.

« Ici, nous ne sommes pas riches, mais nous avons bon coeur », a dit Fernando Hernandez Sandoval, un pêcheur qui a aussi offert sa contribution.

Ainsi, celle qui était connue comme « Michelle » dans le petit village de Chacala a eu droit à un enterrement, le 25 février dernier, au Mexique. La maison funéraire a prêté un cercueil et son corps repose maintenant dans une sépulture sur laquelle ses initiales écrites de cailloux sont fixées à tout jamais.

« Nous ne pouvions pas nous résoudre à la mettre dans une fosse commune, c'était trop triste », a expliqué Viky Robelo Rodriguez, une animatrice à la radio communautaire Guayami qui s'est impliquée dans les démarches de recherche. « On s'est dit que comme ça, si un jour sa famille se le demande, elle saura où est son corps. »

PENDANT CE TEMPS, AU CANADA

Micheline Deslauriers habitait à Magog. L'astrologue retraitée ne côtoyait plus sa famille depuis des décennies. La personne à contacter en cas d'urgence inscrite à son passeport était une amie. Le 2 février, jour de la mort de Mme Deslauriers, la Régie de police de Memphrémagog a sonné à sa porte.

« Nous avons reçu le mandat de la Gendarmerie royale du Canada de prévenir une femme du décès de son amie. Notre intervention s'est arrêtée là », a confirmé le lieutenant Sylvain Guay.

C'est ainsi que Nancy Rouleau a appris que sa locataire s'était éteinte, à 5000 kilomètres de chez elle, sans assurances.

« C'est moi qui prenais soin d'elle. Elle était devenue une amie de la famille, raconte Mme Rouleau. Elle m'avait déjà dit que si elle mourait, de la laisser où elle était. C'est ce qu'elle voulait. »

Ainsi, Mme Rouleau a refusé de rapatrier le corps. À sa connaissance, Mme Deslauriers n'avait pas de testament.

« J'ai fait une demande pour une recherche testamentaire, mais je n'ai pas le certificat de décès. Au ministère Affaires mondiales Canada, on m'a répondu que comme on ne rapatriait pas le corps, on n'aurait pas le certificat de décès », a dit Nancy Rouleau.

Elle ignore si les soeurs de Mme Deslauriers ont été contactées. La Gendarmerie royale du Canada, responsable de ce type de recherches, n'a pas voulu commenter le dossier qui, a-t-on dit, relève d'Affaires mondiales Canada.

« En raison des dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels, aucune autre information ne peut être divulguée », a répondu le porte-parole du Ministère, Philip Hannan.

« MICH, ELLE ÉTAIT SPÉCIALE »

Micheline Deslauriers détestait l'hiver. Elle aimait la chaleur, le soleil et la mer. Avec son teint foncé, elle ressemblait même à une Mexicaine, raconte son amie.

« On dirait que pour moi, j'ai toujours eu l'impression que dans une autre vie, elle avait vécu au Mexique. Alors c'est comme si elle était allée mourir chez elle », a confié Mme Rouleau, qui ne pouvait se résoudre à tourner la page sans souligner le départ de son amie des 15 dernières années. C'est ainsi que les amis de la défunte se sont réunis dimanche dernier à l'église Saint-Patrice de Magog pour lui dire au revoir.

« Je suis contente de savoir qu'elle a été enterrée là-bas et qu'ils ont fait ça en bonne et due forme. Là, je sais qu'elle est bien. Avec les petites funérailles qu'on a faites dimanche, je sais que ça va aller. Mich, elle était spéciale », a confié son amie, admettant que Micheline Deslauriers était morte comme elle avait vécu : en dehors des normes.

COMMENT GÉRER LA MORT DE QUELQU'UN À L'ÉTRANGER ?

Micheline Deslauriers n'est certainement pas la première ni la dernière personne qui finira ses jours à l'étranger. En pareilles circonstances, quelle est la responsabilité du Canada ?

« Si le plus proche parent ne peut être identifié ou si le décideur choisit de ne pas prendre de décisions relativement aux dernières dispositions, et s'il n'y a aucun exécuteur testamentaire, les dernières dispositions pour le défunt seront laissées à la discrétion du pays hôte », explique Philip Hannan, porte-parole d'Affaires mondiales Canada.

Ainsi, le pays en question dispose normalement d'un corps étranger non réclamé dans une fosse commune ou le donne à un établissement d'éducation.

« Le gouvernement du Canada n'est aucunement responsable des dernières dispositions des Canadiens décédés », ajoute M. Hannan.

Il est de mise, avant de partir à l'étranger, de désigner un représentant qui prendra les décisions concernant sa dépouille et de lui remettre une copie de son testament et les procurations nécessaires. Il faut savoir que le rapatriement des restes humains au Canada peut coûter très cher et que le processus peut prendre beaucoup de temps.

« Il est important de savoir que chaque pays a des politiques et procédures qui lui sont propres, et que les lois locales s'appliquent dans le cas du décès d'un étranger sur le territoire du pays. Dans nombre de cas, ces procédures pourraient être plus longues qu'au Canada et des retards pourraient se produire à toutes les étapes », avise Affaires mondiales du Canada sur son site internet.




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