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Des framboises chinoises ont fait des centaines de malades au Québec

Les petits fruits infectés par un virus ont... (Photo Andrew Scrivani, The New York Times)

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Les petits fruits infectés par un virus ont entraîné une grande vague de rappels.

Photo Andrew Scrivani, The New York Times

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Des framboises congelées importées de Chine ont rendu malades des centaines de personnes - et en ont probablement tué certaines - l'été dernier au Québec, selon un récent bilan de la santé publique.

Les petits fruits contaminés par un virus ont entraîné une grande vague de rappels parce qu'ils ont été utilisés par des transformateurs alimentaires - des brasseurs, des pâtissiers et des glaciers, par exemple -, en plus d'être cuisinés par des cafétérias d'hôpital ou de résidences pour aînés.

Les framboises étaient contaminées par un norovirus, un type de virus très contagieux qui provoque des gastroentérites souvent longues et sévères. Au moins 724 Québécois sont tombés malades, un nombre qui ne représente que « la pointe de l'iceberg » parce que de nombreuses personnes n'auront pas consulté un médecin pour ce type de symptômes.

Le fait que plusieurs cafétérias institutionnelles aient servi ces framboises à des clientèles vulnérables a augmenté la gravité de l'éclosion.

« En général, les gens se sortent bien d'une infection au norovirus. Mais chez des personnes âgées qui ont d'autres facteurs de risque, d'autres problèmes de santé, ça peut être malheureusement fatal. »

- Le Dr Yves Jalbert, directeur de la protection à la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé

« C'est assez clair qu'il doit y avoir eu des décès survenus dans cette période-là », ajoute le Dr Jalbert. La santé publique ne suit pas l'évolution de chacun des malades infectés.

DOUANIERS SECRETS

Les framboises congelées en question ont été exportées par une entreprise chinoise maintenant visée par un « avis de surveillance » du gouvernement fédéral, assure sans la nommer le ministère de la Santé dans un bulletin mensuel de santé publique.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), chargée de lancer ce type d'alerte concernant des producteurs étrangers, a refusé de confirmer l'information à La Presse.

Le porte-parole Nicholas Dorion a d'abord répondu que l'ASFC n'avait « pas l'habitude » de dévoiler le nom de ces entreprises qui posent un danger pour la santé des consommateurs canadiens. Après une relance, M. Dorion a ajouté que c'est « afin de ne pas compromettre ses enquêtes en cours » qu'elle n'avait pas cette « habitude ». « L'ASFC doit faire appliquer plus de 90 lois du Parlement et prend cette responsabilité au sérieux », a-t-il ajouté.

Au Québec, trois distributeurs ont acheté les framboises et les ont vendues à leur tour : Farinex, Mantab et Alasko.

En entrevue avec La Presse, Farinex a affirmé ne plus faire affaire avec ce fournisseur chinois. « On n'a jamais été fervents de la vente de produits de Chine, on a toujours essayé de vendre plutôt des produits du Chili, du Mexique. Mais, étant donné la compétition très forte et le fait que les clients regardent plus le prix que la qualité, pour garder notre clientèle, on n'avait pas le choix d'acheter des produits chinois, a affirmé Gérard Ohayon, propriétaire de l'entreprise. Je peux vous dire que cet épisode-là nous a rendu un peu service parce qu'il nous a donné raison auprès de la clientèle. »

La Pâtisserie Jessica inc., qui fabrique notamment des gâteaux pour les épiceries, a acheté presque deux tonnes de framboises congelées au printemps dernier. Elle en a cuisiné une partie avant de devoir jeter toute sa production touchée. « Ça représente des pertes d'environ 220 000 $ », a expliqué la directrice du marketing de l'entreprise au téléphone.

Le brasseur La Barberie, situé à Québec, a dû jeter plus de 5000 litres de bière aux framboises en raison du rappel. « Ça a été une grosse frousse », a indiqué Guillaume Boulanger, responsable des opérations. Il se félicite toutefois d'avoir pu récupérer virtuellement chaque goutte du liquide avant qu'il n'atteigne le consommateur. « Ç'a été un casse-tête. »

L'entreprise n'était pas persuadée que le norovirus aurait pu survivre dans une cuve de bière, mais n'a voulu prendre aucun risque.

Parmi les autres entreprises touchées, on compte aussi les glaciers Kem Coba, Gélato Cielo et C'Chô-Colat.




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