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L'industrie du camionnage frustrée par les «oublis» du nouveau Code

Dans une entrevue à La Presse, le PDG... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Dans une entrevue à La Presse, le PDG de l'Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, y est allé d'une virulente sortie à l'endroit du ministère des Transports.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

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Bruno Bisson
La Presse

L'industrie du camionnage est «frustrée et exaspérée» d'avoir été oubliée, deux fois plutôt qu'une, dans la réforme du Code de la sécurité routière présentée vendredi par le ministre des Transports du Québec, André Fortin.

Dans une entrevue à La Presse, le PDG de l'Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, y est allé d'une virulente sortie à l'endroit du Ministère, qui a laissé entendre à plusieurs reprises à ses représentants que la prochaine refonte du Code de la sécurité routière allait légaliser la circulation des trains routiers en hiver.

Il a aussi attribué à des motifs «politiques» l'absence d'une modification au Code qui aurait aboli l'obligation faite aux camionneurs transportant des matières dangereuses (mazout, essence, produits chimiques, etc.) à faire un arrêt complet à tous les passages à niveau, même quand les voies ferrées traversées sont abandonnées depuis des années.

Dans une industrie où les avantages concurrentiels se calculent en minutes, ces deux dispositions du Code actuel, considérées comme des «irritants», font l'objet de discussions depuis des années entre les transporteurs et la haute direction des Transports. L'industrie, assure M. Cadieux, avait tout lieu de croire que le nouveau Code allait changer les choses, en particulier pour les trains routiers.

Un projet-pilote de sept ans

Dans les faits, cet hiver, les trains routiers continueront de circuler sur les autoroutes du Québec entre le 1er décembre et le 1er mars, même s'ils sont théoriquement interdits durant cette période. Théoriquement, parce que les transporteurs qui obtiennent le permis nécessaire pourront faire rouler des trains routiers en vertu d'un «projet-pilote» en cours depuis... sept ans!

«Entre-temps, quand l'Ontario a vu qu'on faisait un projet-pilote, ils ont décidé d'en faire un aussi. L'année suivante, la mesure est devenue permanente. Ici, on a reconduit le projet-pilote. D'année en année, ça fait sept ans que ça dure», affirme Normand Bourque, technicien-expert à l'ACQ.

Pour l'hiver 2017-2018, les entreprises de camionnage ont obtenu une confirmation de la prolongation du «projet-pilote» en octobre dernier. Les permis, qui étaient limités à 10 transporteurs au début, sont délivrés sans restrictions de nombre.

«Avec les exigences et l'encadrement qui est déjà en place, il n'y a plus vraiment de restrictions à la circulation des trains routiers. Mais l'absence de certitude, d'une année à la suivante, fait que les transporteurs et leurs clients, les expéditeurs, ne peuvent pas planifier et s'engager à long terme, parce que c'est toujours sujet à renouvellement. Et chaque année, comme en ce moment, recommence la course folle pour les permis, et ça encombre le ministère des Transports», ajoute Normand Bourque, technicien-expert à l'ACQ.

Pas d'incident

Selon le PDG de l'ACQ, le «projet-pilote» perpétuel s'est passé sans incident, et aucune raison n'a été soulevée par le Ministère, lors de ses rencontres avec l'industrie, pour faire croire qu'il y aurait un obstacle sécuritaire à l'élimination des restrictions hivernales.

«En fait, c'est tout le contraire, affirme M. Cadieux. D'une année à l'autre, lorsqu'on demandait que le projet-pilote devienne permanent, on nous faisait patienter en disant qu'il fallait que ça passe par la législation. C'est pour cela qu'on est très déçus et frustrés ce matin [vendredi] en prenant connaissance du projet de loi du ministre.»

Vendredi, le ministre André Fortin a déposé un important projet de loi qui introduit ou modifie plus de 80 articles dans le Code de la sécurité routière. Il renforce l'encadrement des plus jeunes conducteurs et impose l'utilisation d'un éthylomètre après une première récidive en matière d'alcool au volant. Il raffermit le statut légal des infractions signalées par radars photo, impose des amendes plus salées pour l'utilisation d'un cellulaire au volant et étend son interdiction à d'autres appareils électroniques, comme les tablettes.

«Cette interdiction devra elle aussi être mieux précisée, dit M. Cadieux, à propos des appareils électroniques. Les chauffeurs de taxi et les camionneurs utilisent un écran tactile, par lequel ils reçoivent les appels de leurs répartiteurs, des avis d'entraves à la circulation ou d'autres informations pour leur travail. S'ils le consultent en conduisant, est-ce que c'est une infraction?»

L'ACQ a l'intention de se faire entendre lors des consultations particulières prévues en commission parlementaire, dans les prochains mois, sur le projet de loi 165.

Les questions adressées par La Presse au cabinet du ministre Fortin, vendredi, sont restées sans réponse.




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