Quand La Meute cherche à se distancier de... La Meute

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Une entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu a dû changer son logo et repositionner son image de marque pour se différencier du groupe d'extrême droite La Meute.

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À la suite de la tuerie de la mosquée de Québec, en janvier 2017, les propriétaires de La Meute, un centre d'entraînement en plein air de Saint-Jean-sur-Richelieu, ont reçu de multiples plaintes de clients qui en avaient assez d'être associés au groupe d'extrême droite La Meute. « Ils se faisaient demander pourquoi ils s'entraînaient avec un groupe comme La Meute », dit Audray De Serres, copropriétaire du centre.

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Un manifestant porte un t-shirt avec le logo du groupe d'extrême droite La Meute.

Photothèque Le Soleil

Les dirigeants ont pris la décision de changer le logo de l'entreprise, et une longue période d'accalmie s'en est suivie. Or, les récentes prises de position du groupe politique sur les migrants et la manifestation du week-end dernier à Québec poussent les propriétaires à se demander si, cette fois, ils ne devront pas changer le nom de leur centre.

« Au début, cette confusion était un véritable casse-tête. D'un côté, nos clients se faisaient dire qu'ils s'entraînent à haïr. D'un autre côté, des sympathisants du groupe La Meute nous écrivaient sur notre page Facebook pour nous apporter leur soutien. Nous leur répondions gentiment que nous étions plutôt un centre d'entraînement qui n'a aucun lien avec le groupe politique », a affirmé Mme De Serres.

Mme De Serres ne cache pas que cette situation a nui à son entreprise. « Nos clients se plaignaient qu'ils ne voulaient plus porter de t-shirts avec notre logo », a déploré Mme De Serres. « On a dû changer notre logo et repositionner notre image de marque. Avant, c'était une patte de loup qui ressemblait beaucoup au logo de La Meute, le groupe politique. Maintenant, c'est un loup "gentil" », a-t-elle dit.

Une lettre ouverte

Il y a quelques mois, les dirigeants du centre d'entraînement ont décidé de publier une lettre ouverte dans plusieurs médias pour se distancier publiquement du groupe d'extrême droite. « Comme jeune compagnie d'entraînement en plein air, nous n'aurions jamais pensé qu'un jour nous ferions face à un litige en lien avec notre marque de commerce. Deux ans après avoir lancé notre entreprise, un groupe d'extrême droite a vu le jour au Québec et s'est doté du même nom ainsi que d'un logo terriblement similaire au nôtre pour revendiquer ses positions identitaires, semant confusion et frustration », lit-on dans le communiqué.

« [Notre] image [est] presque identique, mais [le] mouvement, s'il en est un, est loin d'être le nôtre. »

Depuis, le nombre de messages et de plaintes reçus a fortement diminué.

Toutefois, avec le débat sur l'afflux des migrants et le retour à l'avant-scène du groupe d'extrême droite, Mme De Serres craint que le public n'associe de nouveau son entreprise à La Meute.

Pas d'impact sur la clientèle

Par ailleurs, Audray De Serres affirme que cette situation n'a pas eu d'impact sur la fréquentation du centre d'entraînement de Saint-Jean-sur-Richelieu. « Il n'y a pas de baisse de clientèle. On est plutôt dans une période de croissance. Le grand problème concerne notre image. »

Si la situation perdure, un changement de nom n'est pas exclu. « Quand la situation a dégénéré dans la capitale provinciale ce week-end, des clients nous ont appelés pour nous dire que ça "brasse à Québec", a-t-elle dit. On est contre ce mouvement. Pour l'instant, le centre d'entraînement fonctionne au niveau local. Nos clients sont conscients que nous n'avons rien à voir avec eux. Mais nous avons un plan de croissance et peut-être, un jour, on pourra vouloir s'établir ailleurs au Québec. »

« Si la situation ne change pas, il nous faudra peut-être changer de nom. » - Audray De Serres, copropriétaire

Bernard Motulsky, professeur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), affirme que cette situation n'est pas une première et doit pousser les responsables à réfléchir. « Une des premières choses que les propriétaires doivent faire est de déterminer la force de leur notoriété. Cela les aidera à déterminer si ce sera intéressant de changer de nom », a dit M. Motulsky. Toutefois, il affirme que « la décision à prendre dépend de la nature et de la fidélité des clients ».

De son côté, le président de l'agence de publicité TAXI, Jacques Labelle, pense que « les dirigeants doivent rappeler incessamment sur les réseaux sociaux que l'entreprise n'a aucun lien avec La Meute ». « Ils peuvent aussi s'assurer qu'on comprenne bien la différence en ajoutant un adjectif au nom », a ajouté M. Labelle.




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