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Inondations printanières: trois mois plus tard, toujours l'incertitude

La maison de Jocelyn Alarie, située au bord... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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La maison de Jocelyn Alarie, située au bord de la rivière des Outaouais, à Saint-André-d'Argenteuil, a été inondée au printemps. On voit ici M. Alarie en compagnie de ses filles Sara-Ève et Daphnée.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

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Louise Leduc
La Presse

« Je veux juste avoir le droit de rester chez moi. » Depuis trois mois, Jocelyn Alarie, dont la maison de Saint-André-d'Argenteuil au bord de la rivière des Outaouais a été inondée au printemps, dit recevoir des messages contradictoires. « Ne touchez à rien. » « Détruisez les murs, ce sera mieux pour les rénovations. » « Ne vous inquiétez pas, vous serez indemnisés et vous pourrez réparer tout cela. » « Vous serez expropriés. »

À la mi-juillet, Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales, exhortait les sinistrés à la patience en soulignant que les fonctionnaires traitaient 500 dossiers par semaine. M. Coiteux assurait qu'ils auraient des réponses précises dans les cinq semaines qui suivraient.

M. Alarie a reçu la semaine dernière sa fameuse lettre du ministère de la Sécurité publique. Et ce n'est pas plus clair.

Certes, le document est limpide. En un rapport détaillé, on l'informe de la somme qui lui sera remboursée pour le placoplâtre du salon, celle pour les plinthes, celle pour les planchers. S'il fait tout lui-même, le fonctionnaire évalue que ça lui coûtera 23 829 $. S'il fait appel à des entrepreneurs, ça montera à 92 515,79 $. On ne peut pas être plus précis que cela, surtout en matière de rénovation.

M. Alarie raconte qu'il a même été invité à présenter des documents pour certains dédommagements supplémentaires auxquels il estime avoir droit.

Quelques jours après la réception de la lettre, il se rend aux bureaux de sa municipalité pour obtenir ses permis de rénovation. On lui répond que ce n'est pas possible, que le gouvernement ne veut pas qu'on les lui délivre. Le gouvernement soutient, lui, qu'il faut d'abord que la ville autorise les travaux.

Tout comme le dénonçaient à la mi-juillet les sinistrés de Pierrefonds, impossible pour lui d'être fixé sur son sort. « Cela fait des mois qu'on me dit que j'aurai une réponse la semaine suivante. »

Tout en recevant d'un côté du gouvernement un document détaillé sur les travaux prévus, M. Alarie se fait dire par ailleurs qu'on est prêt à lui verser une indemnisation de 225 000 $ s'il part.

« TOUT ÇA POUR ÇA ? »

Selon le décret de Québec, les maisons dont les dommages sont évalués à plus de 50 % du coût de reconstruction à neuf du bâtiment devront être démolies.

« Si l'on m'exproprie, on devra me sortir d'ici de force. Regardez la vue que j'ai sur la baie. Avec mes filles, on va pêcher tous les jours. C'est toute ma vie, ici. Le gouvernement voudrait que l'on parte ? Et pour faire quoi du terrain ? Le laisser à l'abandon ? »

Cela fait trois mois qu'avec ses deux filles, il dort au motel et que le gouvernement lui verse 1000 $ par semaine. « Tout ça pour ça ? Pour que ça finisse par une expropriation, après avoir passé un mois et demi à pomper l'eau et à tout nettoyer ? »

« Ma plus grande entre en maternelle dans quelques semaines, je suis toujours en pleine incertitude. »

En même temps, n'est-il pas prévisible que la rivière des Outaouais fasse encore des siennes bientôt ? Peut-on attendre du gouvernement qu'il indemnise à répétition des riverains dont la maison sera toujours très à risque ?

« C'est chez nous, ici. Je veux seulement avoir le droit de rester ici et je suis prêt à dire par écrit que je n'en veux pas, de dédommagement. »




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