Navette autonomes: projet-pilote d'un an à Terrebonne

Le projet-pilote de Navya, en pourparlers depuis des... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Le projet-pilote de Navya, en pourparlers depuis des mois, permettra de tester la navette autonome Navya en conditions hivernales sur un tracé de 1 km, en milieu habité, avec de vrais passagers.

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Bruno Bisson
La Presse

Le transporteur Keolis et le constructeur de véhicules autonomes Navya projettent de mettre en service réel une navette sans conducteur pendant une année complète à Terrebonne, en banlieue nord-est de Montréal, dès l'automne prochain si Québec donne le feu vert.

La vice-présidente, marketing et commercialisation, de Keolis Canada, Marie-Hélène Cloutier, a confirmé hier à La Presse que le projet-pilote d'un an, en pourparlers depuis des mois, permettra de tester la navette autonome Navya en conditions hivernales sur un tracé de 1 km, en milieu habité, avec de vrais passagers.

Le projet-pilote, qui a reçu l'appui de la Ville de Terrebonne, se déroulerait dans le secteur résidentiel Urbanova, un quartier à vocation écologique qui correspond au caractère particulier de la navette Navya, propulsée à l'électricité, qui n'émet ni gaz à effet de serre ni polluant.

Le trajet permettrait aux résidants de prendre la navette jusqu'à un arrêt d'autobus du réseau de la MRC Des Moulins, Urbis - dont les autobus sont aussi exploités par Keolis - et de revenir ensuite à la maison en prenant la navette à la sortie du bus en fin de journée.

Comme le projet se déroulerait sur quatre saisons, Keolis pourra tester le comportement du véhicule sans conducteur dans la neige et le froid, ainsi que sur des chaussées glacées.

« Il avait été question que l'on fasse des tests pendant une ou deux semaines, mais la décision qu'on a prise, c'est de travailler sur un projet à long terme d'au moins un an, dit la vice-présidente de Keolis. Il n'y a rien de mieux pour tester une opération comme celle-là, qu'elle soit concrètement dans le quotidien des passagers et reliée au réseau de transport actuel de Terrebonne. »

SURENCHÈRE DE VISIBILITÉ

L'annonce survient après des semaines d'une bataille de visibilité que se livrent à Montréal deux multinationales françaises du transport, Keolis et Transdev, par véhicules autonomes interposés.

En avril dernier, Keolis et Navya ont d'abord annoncé une première canadienne en confirmant que la navette Navya, qui peut transporter 15 personnes, serait mise à l'essai à Montréal dans le cadre du sommet de l'Union internationale des transports publics (UITP), qui débutait lundi.

La semaine dernière, Transdev a toutefois coupé l'herbe sous le pied de Keolis en procédant à des essais de la navette autonome EasyMile, le 12 mai, sur l'esplanade du Stade olympique, annoncés à trois jours d'avis. Transdev a ainsi dérobé sa « première canadienne » à son concurrent.

Trois jours plus tard, soit lundi matin, c'est Keolis qui a eu le privilège d'accueillir à bord de la navette Navya le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, pour un premier tour d'honneur sur la place Jean-Paul-Riopelle, à l'ouverture du sommet de l'UITP.

Quelques heures plus tard, Transdev annonçait que la navette EasyMile, qui peut transporter 11 passagers, ferait de nouveaux essais en juin pendant une semaine, au Parc olympique, avec de vrais passagers sur un court trajet entre la station de métro Viau et la tour du Stade, avec escale au Biodôme.

Keolis a finalement répliqué hier avec l'annonce de son projet-pilote d'un an, dont la tenue doit encore être autorisée par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports du Québec.

COMME À LYON

La vice-présidente de Keolis n'a pas voulu commenter les « stratégies » du concurrent Transdev, hier, en entrevue avec La Presse. Mme Cloutier a plutôt insisté sur le fait que « les parties prenantes autour de la table, soit les gens du Ministère, de la Ville de Terrebonne et de Keolis, travaillent depuis des mois » sur le projet Urbanova.

Si le projet se réalise, a-t-elle souligné, ce ne sera pas la première fois qu'un véhicule autonome circule en conditions hivernales. Une navette Navya a roulé l'hiver dernier sur un campus de l'Université du Michigan, et « ça s'est très bien passé ».

L'expérience de Terrebonne, dit-elle, est plutôt à comparer avec le projet Confluence à Lyon, en France, où deux navettes Navya ont été mises en service en situation réelle, avec passagers, depuis septembre 2016, dans un secteur mixte où se côtoient des camions, des automobiles, des cyclistes et des piétons.




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