Inondations: «On commence enfin à respirer»

À Saint-Barthélemy, dans Lanaudière, plus de 4 pieds... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE)

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À Saint-Barthélemy, dans Lanaudière, plus de 4 pieds d'eau transformaient toujours un grand terrain en lac.

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« Avoir 5-10 mm de pluie, c'est mieux que 40 mm. C'est un gros soulagement ! », s'exclame Linda Leclerc, de Saint-Barthélemy. « Ça a baissé de 30 cm depuis trois jours », lance-t-elle, en montrant la barrière de sacs de sable au sec autour de son garage. Les résidants de Lanaudière et de la Mauricie se croisaient les doigts hier pour éviter une nouvelle crue des eaux, alors que les fortes précipitations s'annonçaient finalement moins importantes que prévues.

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Le niveau de l'eau était en baisse samedi à Saint-Barthélemy, dans Lanaudière.

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Les riverains du lac Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent poussaient un soupir de soulagement hier. Le niveau des eaux avait diminué d'environ 10 à 20 cm depuis vendredi. Hier midi, à Saint-Barthélemy, Jade-Kyev Daly et Francis Wagner, installés depuis un an seulement dans leur maison, débarquaient de leur chaloupe, leurs deux chiens dans les bras. Ils ont bien mérité leur repas au restaurant. 

« On est les pires, on a trois-quatre pieds d'eau sur le terrain, lance Francis Wagner. Mais l'eau a baissé de 20 cm au moins, on en avait sur le balcon, avant ! On est contents que [les prévisions météo] ne soient pas fiables ! Ça a fait des mouvements de panique. » Plus loin, Johanne Leblanc remercie chaudement deux militaires devant chez elle. « Un printemps pas d'eau, ce n'est pas un printemps », plaisante-t-elle.

« Je suis content que ça baisse, le pire est passé ! », se réjouit Michel Garand. L'intérieur de sa maison a été épargné, mais son grand terrain était un lac à perte de vue. « Il y avait six pieds d'eau dans le champ, assez pour se noyer ! », raconte-t-il, en montrant jusqu'où arrivait l'eau jeudi. Dans les dernières semaines, Michel Garand se déplaçait en chaloupe jusqu'à l'autoroute 40 pour aller à sa voiture. Or, depuis deux jours, sa rue est enfin praticable. « Avec la pluie qui s'en vient, même si l'eau monte de 10 cm, ça ne va pas être aussi pire qu'avant, c'est sûr », ajoute-t-il, alors qu'un char de l'armée provoque une vague dans la rue en s'approchant de chez lui.

Deux intervenantes psychosociales du Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière descendent de l'imposant véhicule militaire, accompagnées d'un jeune soldat. « Vous ne manquez de rien ? Il y a une fatigue qui s'installe à la longue », leur dit l'intervenante Geneviève Miller. « On n'est pas en danger ! », répond Johanne Garand. « C'est traumatisant... Ton char est à 40 minutes en chaloupe... », ajoute son mari, plus sérieusement. « Oui, c'est le sentiment d'être prisonnier », acquiesce avec compréhension l'intervenante. « Mais le pire est passé. Même si ça monte un peu, ça ne va pas remonter comme c'était », dit Michel Garand. « Quand le stress tombe, la fatigue peut augmenter », prévient Geneviève Miller. « On va aller jouer au golf ! », conclut Johanne Garand, en rigolant. Cette équipe d'intervention comptait rencontrer quelques dizaines de résidences inondées, hier.

Un peu de répit

À Louiseville, le niveau des eaux diminuait à vue d'oeil, hier. « Ça a beaucoup baissé ce matin, un bon 10 pouces. On commence enfin à respirer », souffle Robert Chaput, qui habite entre l'autoroute 40 et le lac Saint-Pierre. La palissade de sacs de sable qu'il avait érigée cette semaine devant son garage lui a permis d'éviter le pire. « Ça montait, ça montait tout le temps, c'était épouvantable ! », raconte-t-il, soulagé. Hier, l'eau se réfugiait dans la rue, toujours inondée d'un bon pied.

Plus loin, Félix Boivin-Lacerte et Félissia Ménard-Côté naviguent dans la rivière adjacente avec leurs deux chiens. « Ça a baissé d'au moins six pouces depuis hier. On se croise les doigts », lance le jeune homme.

Au bout de la rue, un char de l'armée s'apprête à s'immerger dans la zone inondée pour visiter les citoyens. À côté du blindé, une vingtaine de palettes de sacs de sable sont toujours emballées, intactes. Les militaires n'auront probablement pas besoin de les utiliser, explique Marcel Lupien, directeur du Service de sécurité incendie de Louiseville. 

En discussion avec une sergente de l'armée, le maire de la municipalité, Yves Deshaies, reconnaissable à son fidèle chapeau, va aux nouvelles. Le moral des citoyens est de 5 sur 10, une amélioration, se félicite-t-il. « Ça va bien ! Les gens qui vivent ici ne sont pas des brailleurs ! Mes pompiers sont là, l'hôtel de ville, les employés, les bénévoles. Quand on voit les militaires : yeah ! On est heureux. On en a eu, de l'aide », explique-t-il d'un trait.




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