Le taux de séparation continue d'augmenter

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Les mariages sont un peu plus solides que les unions libres, selon Hélène Desrosiers, démographe de l'Institut de la statistique du Québec.

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La proportion de familles brisées continue d'augmenter, selon une nouvelle étude du ministère de la Famille présentée mardi au congrès de l'Acfas. Les enfants nés à la fin des années 90 avaient une chance sur quatre de connaître une séparation ou un divorce avant l'âge de cinq ans et demi.

« En Amérique du Nord, le Québec est considéré comme un peu original sur le plan de la transformation de la famille, explique Philippe Pacaut, démographe au Ministère. En ce qui concerne les séparations, les familles recomposées et les unions libres, on ne ressemble peut-être qu'à la Scandinavie. La tendance ralentit, mais ne fait pas mine d'arrêter. Il y a des séparations et des familles recomposées de plus en plus tôt et de plus en plus fréquemment. »

Le changement est tellement important qu'il faut revoir les méthodes d'enquêtes sociales, selon M. Pacaut : généralement, on ne considère que la famille où se trouve l'enfant lors de l'entretien. Si on veut savoir l'impact du niveau d'éducation des parents, ou du style parental, sur la réussite éducative, il faut tenir compte des deux foyers de l'enfant en garde partagée.

Ce problème est illustré par des statistiques sur les arrangements familiaux des enfants en 1990, 2001 et 2011 présentées par M. Pacaut. La proportion de familles recomposées ne change presque pas à 11 % et la proportion de familles intactes ne diminue que légèrement, de 69 % à 62 %. « Ces chiffres font un portrait des familles à un moment donné. Il y a des enfants en garde partagée qui sont comptés dans la catégorie des familles intactes. »

Prenons le cas d'un enfant en garde partagée dont le père a un autre enfant avec une autre femme. Si les chercheurs interrogent le père pendant que son premier enfant est chez sa mère, cette famille sera considérée comme « intacte ».

Contrairement à la croyance populaire, les pères ne sont pas beaucoup plus susceptibles que les mères de se remettre en ménage après une séparation. Dans 49 % des cas pour le père et 47 % pour la mère, la nouvelle union survient dans les cinq ans suivant la séparation.

Autre différence, les mariages - de moins en moins nombreux, passant de 91 % à 62 % des familles intactes entre 1990 et 2011 - sont un peu plus solides que les unions libres, selon Hélène Desrosiers, démographe de l'Institut de la statistique du Québec qui présentait aussi des résultats mardi à l'Acfas. « On ne veut pas stigmatiser les unions libres, des fois les gens mariés ont un profil particulier qui les rend moins susceptibles de se séparer, dit Mme Desrosiers. La médiane des séparations a lieu quand l'enfant a 3 ou 4 ans dans le cas des unions libres et à 7 ans dans le cas des mariages. »

CHIFFRES

  • 8 % des enfants nés en 1997-1998 vivaient avec leur mère seule à leur naissance
  • 72 % des enfants nés en 1997-1998 vivaient toujours avec leurs parents à l'âge de 6 ans (2004)
  • 13 % des enfants nés en 1997-1998 vivaient avec leur mère et ne voyaient pas régulièrement leur père à l'âge de 6 ans (2004)
  • 8 % des enfants nés en 1997-1998 vivaient avec leur mère, mais voyaient régulièrement leur père à l'âge de 6 ans (2004)
  • 6 % des enfants nés en 1997-98 vivaient en garde partagée à l'âge de 6 ans (2004)

Sources : ministère de la Famille, ISQ




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