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Les leaders autochtones sont inquiets face à la légalisation du cannabis

Ghislain Picard... (Archives collaboration spéciale, Ulysse Lemerise)

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Ghislain Picard

Archives collaboration spéciale, Ulysse Lemerise

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Les leaders autochtones sont inquiets des conséquences éventuelles de la légalisation du cannabis sur leurs communautés.

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, n'a pas caché que ses membres sont extrêmement préoccupés par cette législation.

«Ça fait peur aux communautés et c'est très clairement source de préoccupation», a-t-il dit.

Il a fait valoir que les communautés autochtones sont déjà aux prises avec un problème de surconsommation de drogue qui ne pourra qu'être amplifié par la légalisation.

«Le projet de loi va ajouter au fardeau qui existe déjà, au niveau du contrôle des stupéfiants, parce qu'on a des services policiers qui sont sous-outillés, on a une proportion de jeunes qui est beaucoup plus importante que n'importe où ailleurs au Québec. Tout ça fait partie des considérations chez les chefs autochtones», a expliqué M. Picard.

Il craint notamment que la légalisation ait un effet d'entraînement sur les autres drogues illicites et place un stress additionnel sur un tissu social déjà fragile.

«On parle quand même d'un produit qui est illégal à ce moment-ci. La légalisation du cannabis va ajouter un fardeau qui est extrêmement lourd déjà non seulement sur la question de la disponibilité des drogues illicites, mais au niveau de l'équilibre du tissu social, au niveau des intervenants sociaux qui travaillent sur le front, sur plein de questions qui sont indirectement liées à la surconsommation de drogue dans les communautés», a-t-il déploré.

La décision récente de certaines communautés autochtones d'expulser des trafiquants de drogue n'est d'ailleurs pas étrangère à cette situation et il n'écarte pas la possibilité de voir d'autres communautés suivre le même chemin, bien qu'il doute de voir apparaître un mouvement collectif en ce sens.

«Il y a toujours des communautés qui sont plus avancées que d'autres et des communautés qui ont peut-être aussi les moyens plus que d'autres. Ça déstabilise un peu la démarche si elle voulait être collective, par exemple», note-t-il.

Par ailleurs, M. Picard se dit inquiet de voir des opportunistes débarquer sur les réserves avec l'intention de profiter de la situation.

«Ça m'inquiète. (...) Il y a plein d'intérêts étrangers à la communauté qui vont peut-être y voir une opportunité un peu trop facile, notamment pour des raisons fiscales, à l'intérieur des communautés, notamment parce qu'ils échapperaient au contrôle fiscal», fait-il valoir.

La question de la légalisation du cannabis sera au menu de la prochaine assemblée générale de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador, le 13 juillet prochain à Québec.




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