Uber : pas question de mettre un terme au projet-pilote

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Depuis que l'ancien ministre des Transports, Laurent Lessard, a annoncé les nouvelles exigences du projet-pilote d'Uber, la compagnie a affirmé que l'imposition de 35 heures de formation à ses partenaires-chauffeurs ne pouvait se faire en raison de son modèle d'affaires.

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Laurie Noreau
La Presse

Malgré les critiques du Parti Québécois, le ministère des Transports n'entend pas mettre fin au projet-pilote d'Uber. Plus tôt lundi, le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, avait demandé au ministère des Transports de résilier l'entente qui prévaut entre Uber et le gouvernement du Québec devant les infractions commises par des chauffeurs de voiture Uber.

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Le chef péquiste Jean-François Lisée et le président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) Georges Tannous.

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Plus de six mois après le début du projet-pilote permettant à Uber d'opérer légalement pendant un an, 41% des chauffeurs Uber ont été jugés «non-conformes». C'est ce que démontrent les statistiques du Bureau du taxi de Montréal.

En date du 20 mars, un peu moins de 200 infractions avaient été émises sur 473 inspections. 129 avaient omis de poser une vignette Uber sur leur véhicule. 37 chauffeurs n'avaient pas sur eux le rapport de vérification mécanique qui attestait la conformité de leur véhicule alors que 24 d'entre eux utilisaient une voiture de plus de 10 ans. Toujours selon les chiffres du Bureau du taxi de Montréal, trois ont omis de déclarer leurs antécédents judiciaires et quatre ont entravé le travail de l'inspecteur du Bureau du taxi.

Le projet-pilote prévoyait qu'en cas de non-respect de l'une de ses règles, l'entente prendrait fin automatiquement et Uber devait cesser l'ensemble de ses opérations au Québec.

Or, le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, demande au gouvernement d'honorer ses promesses. «On doit mettre un terme au projet. On a dit [à Uber] que pendant cette année-là, il fallait respecter certaines règles. L'entente indique que s'il y avait un seul défaut au projet-pilote, il allait être suspendu. On constate qu'Uber, de façon régulière, est en infraction. Le ministre Lessard est parfaitement au courant de cette situation et il n'a rien fait», a-t-il déploré lors d'un point de presse.

Le bureau du ministre des Transports assure être en contact régulièrement avec Uber et que l'entreprise doit rendre des comptes. «Pour l'instant, on n'en est pas à arrêter le projet-pilote. Un chauffeur de taxi ou un chauffeur Uber qui commet une infraction va avoir une amende. Il n'y a pas de passe-droit», assure Mathieu Gaudreault, attaché de presse du ministre Laurent Lessard.

Uber, quant à lui, accuse le gouvernement d'avoir mis en place une réglementation «complexe» et «contraignante» et que les infractions touchent un peu plus d'une centaine de chauffeurs sur les 4000 partenaires-chauffeurs Uber à Montréal. « La très vaste majorité de nos partenaires-chauffeurs la respectent et seule une infime minorité doit faire face à de potentielles amendes de non-conformités», rappelle Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole de Uber Québec. « Aucune de ces infractions n'est excusable, mais c'est prévu au projet-pilote qu'il y ait des amendes pour ceux qui ne respectent pas ces règles.»

Cela survient alors que la valeur des permis de taxi continue de chuter, oscillant autour de 100 000$ sur certains sites de revente. Cela aurait causé des pertes de 200 millions $ pour les chauffeurs de taxi dans les derniers mois, selon le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT). «C'est une perte de 30% pour les chauffeurs, ça nous amène vers la ruine. Le gouvernement doit compenser pour cette perte ou mettre un terme au projet-pilote», affirme le président de l'organisation, Georges Tannous.

De plus, l'un des deux financiers majeurs de l'industrie du taxi au Québec commencerait lentement à se retirer devant l'incertitude du secteur. «Les prêteurs ont resserré de façon draconienne les conditions pour financer un acheteur ou un propriétaire de taxi. Sans prêteur, les chauffeurs ne pourront plus vendre leur permis. C'est extrêmement grave», ajoute M. Tannous.




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