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Terrebonne: le maire intérimaire élu dans la controverse

Stéphane Berthe...

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Stéphane Berthe

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Quelques jours après la démission du maire Jean-Marc Robitaille, visé par des allégations de corruption, le conseil municipal de la Ville de Terrebonne a élu vendredi soir un nouveau maire intérimaire. Le choix du conseiller Stéphane Berthe, un ex-membre de l'équipe du maire déchu, a toutefois été accueilli sous les huées par des dizaines de citoyens mécontents, incitant le maire suppléant à interrompre l'assemblée.

Conseiller municipal de l'Équipe Robitaille depuis 2009, Stéphane Berthe a été élu par ses confrères lors d'une séance extraordinaire du conseil particulièrement houleuse. Il a obtenu par vote secret neuf voix contre six pour son rival, le conseiller indépendant Réal Leclerc, qui avait claqué la porte du parti du maire l'été dernier avec trois autres élus. Comme Jean-Marc Robitaille a démissionné de son poste mardi dernier, à moins d'un an du prochain scrutin municipal, la tenue d'une élection partielle n'était pas nécessaire dans la ville de 112 000 habitants.

Le conseiller Réal Leclerc dénonce le fait que son groupe de six élus indépendants ait été prévenu seulement la veille de la tenue de cette séance extraordinaire, alors qu'une séance ordinaire était prévue lundi. «Il n'y avait pas d'urgence!», lance-t-il. Selon lui, l'élection de Stéphane Berthe, le «dauphin désigné du maire» Robitaille, n'est en aucun cas une rupture avec l'ancienne administration empêtrée dans la controverse, même si M. Berthe siégait comme indépendant depuis quelques jours. «Bien non ! Bien non !», s'exclame-t-il, en entrevue avec La Presse

«C'est la même clique [qui est là], à l'exception du [chef de cabinet] Daniel Bélec, en congé maladie. Est-ce qu'il y a des téléphones qui se font ? Est-ce qu'il y a un cabinet fantôme qui dirige ? On imagine que oui, mais on ne peut pas le prouver. Ça n'a pas changé. On l'a vu hier, ce sont les mêmes moeurs, le même style de démocratie. Même si c'était des indépendants - ils peuvent dire ce qu'ils veulent - ce n'est pas vrai. Ils étaient tous enlignés à la même place», soutient Réal Leclerc, élu depuis 2001 et policier montréalais à la retraite.

Le maire intérimaire Stéphane Berthe, qui promet de «ramener l'ordre à la Ville de Terrebonne», maintient avoir déjà fait la rupture avec l'ère Robitaille. «Je suis maire indépendant, avec 15 conseillers indépendants, donc la rupture est déjà faite», dit-il, en entrevue avec La Presse samedi. Or, M. Berthe n'a siégé comme indépendant que pendant quelques jours. «On attendait que le maire annonce [sa démission]. Et ça nous a donné raison : je n'aurais pas vu la Ville rouler du mois d'août au mois d'octobre dans un chaos comme on a vu [vendredi] soir», se défend-il.

En juillet dernier, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) avait effectué une série de perquisitions, notamment à la résidence du maire Robitaille. Les résidences de son chef de cabinet Daniel Bélec et du directeur général de la Ville Luc Papillon avaient également été visées par l'UPAC. Quelques semaines plus tard, Jean-Marc Robitaille était en congé maladie, tout comme M. Bélec.

Un véritable «système de corruption» aurait été mis en place à la Ville de Terrebonne pendant son règne de 19 ans, soutient l'UPAC, selon des affidavits obtenus par le Journal de Montréal pour obtenir les autorisations judiciaires permettant ces perquisitions. Aucune accusation n'a été portée dans ce dossier. 

Un tel « système» de corruption n'existe pas à l'Hôtel de ville de Terrebonne, assure le maire Berthe. «Jusqu'à preuve du contraire, ce sont des allégations. De ce que j'ai vu, il n'y a rien qui me porte à croire que c'est le cas», dit-il. Il soutient ne pas avoir été rencontré par les enquêteurs de l'UPAC.

Mais selon Réal Leclerc, des arrestations sont inévitables. «J'ai été policier. Quand il y a des perquisitions, qu'il y a des preuves de ramassées, c'est très rare qu'il n'y a pas d'accusation après. Lesquelles ? Comment ? Qui ? Ça, on ne le sait pas. Des accusations de complot ? De fraude ? On ne sait pas. C'est le DPCP qui décide. C'est sûr qu'il va y avoir des arrestations, on regarde ce qui s'est passé dans les autres villes, à Laval, Boisbriand, à Mascouche et Montréal. C'est quasiment impossible qu'il n'y en ait pas !», assure le conseiller municipal, qui s'était engagé à ne pas se présenter comme maire aux élections de 2017.

Le maire intérimaire de 45 ans dirigeait le dossier du transport collectif au conseil municipal. Il était président de la Commission du développement durable, de l'environnement et du transport collectif.

« J'accueille cette nomination avec beaucoup d'humilité et bien conscient des défis qui nous attendent tous. Les derniers temps n'ont pas été faciles, mais je tiens d'emblée à assurer la population de Terrebonne que nous envisageons les prochains mois avec confiance et optimisme. Notre ville, c'est avant tout une grande communauté inspirante, habitée par des citoyennes et des citoyens passionnés», a déclaré dans un communiqué Stéphane Berthe.

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