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Manifestation à Montréal pour le salaire minimum à 15 $

Plus d'un millier de personnes ont marché dans les rues de Montréal samedi... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Plus d'un millier de personnes ont marché dans les rues de Montréal samedi matin, sous un soleil radieux, pour réclamer une hausse du salaire minimum de 15 $ l'heure, actuellement à 10,75 $ l'heure au Québec.

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Les manifestants ont traversé le quartier Villeray.

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Les manifestants ont circulé dans une ambiance bon enfant dans les rues du quartier Villeray en fin d'avant-midi, jusqu'au quartier voisin de Parc-Extension, l'un des plus pauvres de la métropole. De nombreux groupes ont pris part à l'événement, en particulier des membres de grandes centrales syndicales.

Des groupes de travailleurs, des organismes contre la pauvreté, des étudiants et des badauds se sont aussi joints à la marche.

«La bataille est enclenchée!», s'est réjouie Manon Massé, députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, en entrevue avec La Presse, au parc Le Prévost, avant le départ de la marche.

«Pour Québec solidaire, ça fait partie de notre lutte, ça fait partie de nos priorités. Sortir le monde de la pauvreté, c'est aussi rééquilibrer le partage des richesses et c'est pour ça qu'on est là. Cette lutte-là en est dans ses débuts», soutient la députée. Celle-ci a qualifié de «mythe» l'idée qu'une hausse rapide de 40% du salaire minimum supprimerait de nombreux emplois, une position défendue par le patronat.

La députée du NPD dans Laurier-Sainte-Marie Hélène Laverdière, présente à la manifestation, maintient qu'un salaire minimum à 15$ de l'heure est une question «de justice et d'équité sociale».

«Je lisais ce matin dans La Presse un article sur la quantité de travailleurs qui sont sous le seuil de la pauvreté et qui doivent avoir accès aux banques alimentaires. C'est inacceptable dans une société comme le Canada! Il faut faire quelque chose! », lance-t-elle.

Viriginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, était ravie de l'ampleur de la mobilisation. «Je pense que c'est l'évidence de la revendication qui fait que tout le monde se relève les manches et se mette ensemble pour demander un salaire minimum à 15 $ l'heure. Toutes les études le montrent : à 10,75 $, le taux actuel du salaire minimum, on a beau travailler 52 semaines par année, on ne sort pas de pauvreté. On couvre tout juste ses besoins de base. Il suffit d'un imprévu et on retombe en situation de pauvreté», déplore-t-elle.

Un million de Québécois 

Près d'un million de Québécois gagnent moins de 15$ de l'heure, une situation jugée «inacceptable» par Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). «15$, c'est le salaire viable. Ça leur permettrait de vivre décemment», soutient-il. Le leader syndical estime que de plus en plus de gens dans la population adhèrent à cette idée.

«Ce n'est pas normal que les gens ne soient pas capables d'arriver avec un salaire inférieur à 15$. On trouve que 10,75 $ ce n'est pas raisonnable. (...) On devrait être plus progressiste et se battre pour aider les gens à obtenir un salaire de 15$. Ça va être un beau retour à l'économie, ces gens vont retourner cet argent-là dans l'économie», affirme pour sa part David Chartrand, vice-président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et coordonnateur québécois pour le Syndicat des machinistes.

Les revendications pour un salaire minimum à 15 $ au Québec se sont faites plus pressantes depuis un an dans la foulée de la montée en puissance d'un mouvement similaire aux États-Unis, où le salaire minimum fédéral est beaucoup plus bas, à 7,25 $US. Néanmoins, plusieurs grandes villes américaines comme New York et Los Angeles se sont déjà engagées à mettre en place un salaire minimum de 15 $US dans les prochaines années.

Le patronat s'oppose fermement à une telle hausse du salaire minimum au Québec, de l'ordre d'environ 40%, même si celle-ci était étalée sur plusieurs années. La vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Martine Hébert, a qualifié cette revendication de «fausse bonne idée» dans une lettre ouverte publiée ce matin dans La Presse+

«Dans l'économie québécoise, où 73% des entreprises ont moins de 10 employés, l'augmentation du salaire minimum à 15$ l'heure aurait des impacts importants sur ces petites entreprises qui, rappelons-le dynamisent nos régions», a-t-elle plaidé.

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