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Des groupes d'extrême droite accueillent des auteurs de crimes racistes

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Les groupes d'extrême droite Atalante Québec et La Bannière noire comptent parmi leurs militants des individus qui ont été impliqués dans de sanglantes attaques racistes à coups de couteau dans le passé, a appris La Presse.

Avec leurs défilés sous les étendards et leurs marches aux flambeaux, les organisations présentent un visage purement politique sur l'internet.

Mais certains de leurs membres s'en sont déjà pris violemment à des Québécois issus de minorités visibles, les blessant grièvement, révèlent des documents judiciaires.

Vendredi dernier, Atalante Québec a reconnu accueillir en son sein des individus qui «ont commis des actes criminels de voies de fait graves avec lésions à l'endroit d'activistes d'extrême gauche, de voies de fait simples et de trafic de stupéfiants» dans un communiqué mis en ligne après une demande d'entrevue de La Presse.

Dans les documents de cour consultés par La Presse, rien ne permet de déterminer les opinions politiques de leurs victimes.

«Leur dette envers la société est payée et ils sont aujourd'hui repentis de leurs actes», assure le groupe. «Atalante Québec a offert une chance à ces individus de faire le bien au travers d'actes de bénévolat, d'entraide sociale et de restauration de monuments.»

Une vidéo montre d'ailleurs des militants qui enlèvent des graffitis d'un canon du Vieux-Québec et du socle d'une statue.

Des «Heil Hitler!»  destinés à la victime

Rémi Chabot a été condamné par la justice en 2002 pour avoir participé à l'agression d'Evens Marseille, un Québécois d'origine haïtienne qui sortait d'un bar de l'est de Montréal.

Arrêté le lendemain, l'homme a reconnu avoir asséné un coup de poing à la victime, alors qu'un coaccusé lui donnait «un coup de couteau à l'abdomen», a résumé à l'époque la procureure de la Couronne Isabelle Briand. Elle a précisé qu'une partie des intestins de la victime était sortie à l'extérieur de son corps. Chabot et son coaccusé ont quitté la scène « en lui souriant puis en lui faisant des signes "Heil Hitler!"», a ajouté Me  Briand.

Sur sa photo de profil Facebook actuelle, Rémi Chabot porte un t-shirt du groupe La Bannière noire. Le site du groupe montre aussi une photo de cartes postales signées de sa main et manifestement destinées à des prisonniers italiens. Il y indique avoir lui-même « connu les délires de la prison» et y a dessiné une croix celtique.

Contacté par La Presse, Evens Marseille dit avoir reconnu l'agresseur au couteau - condamné à quatre ans de prison pour ses gestes - dans une vidéo mise en ligne par Atalante Québec. La Presse n'a pas pu vérifier cette information de façon indépendante.

Cet agresseur portait un tatouage de croix gammée.

«Il s'agit en l'occurrence d'un crime grave d'autant plus qu'il est commis dans un contexte raciste; le geste est gratuit, la réaction est démesurée», a écrit la juge Louise Bourdeau en envoyant cet individu derrière les barreaux.

Appuyé par la Commission des droits de la personne, Evens Marseille a fait condamner l'accusé au couteau à lui verser 45 000 $ en dommages, en 2008. Rémi Chabot s'est entendu à l'amiable.

«Il est pour le moins révoltant que se produisent encore aujourd'hui de telles démonstrations de violence gratuite contre des victimes étant simplement d'une race et d'une couleur différentes.» - La juge Michèle Rivet, du Tribunal des droits de la personne

Evens Marseille a affirmé n'avoir toujours pas vu la couleur de son argent. «La police le recherche. Il doit me payer 45 000 $», a-t-il affirmé.

Cinquante points de suture

Un troisième individu qui milite au sein d'Atalante a plaidé coupable en 2008 à des accusations de voies de fait graves contre un Québécois d'origine arabe pour des gestes commis alors qu'il avait 17 ans.

Le jeune homme, «accompagné de deux autres suspects, a lui-même, après avoir échangé soit un regard, soit quelques paroles, sorti un couteau de barbier pour frapper la victime à la tête et au dos», a écrit le tribunal de la jeunesse en le condamnant à deux ans de garde fermée. «Cette victime a subi plusieurs lacérations qui ont nécessité de nombreux points de suture.» Les médias ont rapporté qu'il y en avait 50.

Dans sa décision, la juge Elaine Demers établit qu'«il s'agit clairement d'un crime haineux, relié à l'origine ethnique». Elle précise que le corps de l'individu porte «pas moins de 12 tatouages» qui «font toujours référence à la même chose: la haine, la violence, la suprématie blanche et un signe d'identification au mouvement néonazi».

«La preuve est pourtant claire à l'effet que X est un adolescent qui adhère depuis quelques années à des valeurs d'extrême droite, relativement entre autres à la suprématie de la race blanche.» - La juge Elaine Demers, du tribunal de la jeunesse

L'âge du responsable au moment du crime nous interdit de l'identifier.

Atalante Québec compte aussi dans ses rangs Raphaël Lévesque, chanteur du groupe skinhead Légitime violence, condamné l'an dernier pour trafic de stupéfiants.

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