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Femmes autochtones disparues: Québec agit pour faciliter l'enquête

Des chandelles éclairent les photos de Tina Fountaine... (John Woods, Archives PC)

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Des chandelles éclairent les photos de Tina Fountaine et d'autres femmes autochtones tuées ou portées disparues, lors d'une table ronde à Winnipeg, le 25 février dernier.

John Woods, Archives PC

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Pour offrir son entière collaboration à Ottawa qui a lancé au début du mois la Commission nationale d'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, Québec adopte un décret pour donner à ces commissaires fédéraux de pleins pouvoirs d'investigation dans la province.

Ils auront ainsi les mêmes pouvoirs qu'avait la Commission Charbonneau, a illustré la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, faisant référence à l'enquête québécoise sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Cela permettra à la commission fédérale d'enquêter sur la violence et les problèmes vécus par les femmes autochtones au Québec.

Ainsi, il n'y aura pas d'enquête spécifique ordonnée par Québec sur les agissements des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val d'Or.

L'annonce du décret a été faite mercredi à Québec par le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et par la ministre Vallée.

Celle-ci a confirmé que les cinq commissaires nommés par Ottawa auront les mêmes pouvoirs pour enquêter au Québec que s'ils avaient été mandatés en vertu de la Loi québécoise sur les commissions d'enquête.

Ils pourront donc convoquer des témoins, requérir des documents et formuler des recommandations, entre autres choses. Ils auront ainsi accès aux responsables de l'État et aux informations détenues par les instances gouvernementales du Québec.

Les forces policières québécoises et le réseau de protection de la jeunesse sont directement visés par le décret de Québec.

Le gouvernement libéral a lancé la commission nationale le 3 août, après que le gouvernement conservateur de Stephen Harper eut refusé de la mettre sur pied pendant des années.

Le gouvernement québécois a écarté l'idée d'une commission d'enquête provinciale, demandée par certains dans la foulée de la violence policière dénoncée par des femmes autochtones à Val d'Or, pour éviter que les victimes aient à témoigner plus d'une fois de leurs expériences pénibles.

Pas de dédoublement, a souligné Mme Vallée.

«Pensons à ces femmes, pensons à ces victimes. Est-ce qu'on veut vraiment leur demander à deux reprises de venir partager leur vécu avec nous? Je pense qu'on doit avoir en tête le meilleur intérêt de celles pour qui cette commission a été mise en place.»

Selon elle, cela permettra aussi d'accomplir un travail beaucoup plus élaboré et étoffé, parce que les femmes autochtones au Québec interagissent au quotidien à la fois avec des instances fédérales et d'autres relevant du gouvernement du Québec.

«Je pense que c'est très important dans l'optique d'une vue d'ensemble de la vie des femmes en question», a renchéri en point de presse le ministre Kelley.

«Le but ultime demeure la prévention, 1200 femmes autochtones assassinées et disparues, c'est un chiffre qui est beaucoup trop gros. Et qu'est-ce qu'on peut faire pour mieux protéger les femmes autochtones de notre société? Qu'est-ce qu'on peut faire pour prévenir ce genre de gestes?», a demandé le ministre.

Le Parti québécois estime qu'avec cette annonce, les libéraux «s'en lavent les mains», a lancé la députée péquiste Carole Poirier, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Cela n'a jamais été une priorité pour eux» de se pencher sur la violence envers les femmes autochtones, a-t-elle ajouté.

Elle déplore notamment la décision du gouvernement québécois de remettre l'enquête sur les agents de la SQ à Val d'Or entre les mains d'un autre corps policier. Son parti aurait préféré une enquête indépendante.

La commission d'Ottawa est une «bonne chose», dit-elle. «Mais il est malheureux que ce soit le fédéral qui soit obligé de faire ça, car nous, on est sur la chose depuis plus d'un an», a-t-elle ajouté en référence au mandat d'initiative, qu'elle a elle-même proposé, qui enquête sur les conditions de vie actuelles des femmes autochtones en lien avec la violence qu'elles subissent.

«Il ne faudrait pas que la décision d'aujourd'hui (mercredi) ralentisse les travaux de notre commission qui est au Québec, et qui est pour la suite des choses», a-t-elle souligné. Ni qu'elle interrompe ses travaux. La commission non partisane est composée de députés de tous les partis qui se sont déplacés dans des communautés autochtones pour écouter les femmes.

Aucune organisation autochtone n'était présente au point de presse de mercredi, qui a eu lieu dans le hall de l'Assemblée nationale à Québec.

En début de soirée, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a exprimé sa déception devant la décision du gouvernement québécois de renoncer à sa propre enquête sur ce sujet.

Selon l'organisation, le gouvernement Couillard «continue de refuser de faire face à ses responsabilités et s'abrite derrière le fédéral».

«Nous nous attendions à beaucoup plus du gouvernement Couillard et l'avons laissé clairement savoir. Les chefs de l'APNQL demandent depuis décembre 2015 que le gouvernement ait le courage de tenir une enquête provinciale indépendante sur les relations entre les forces policières et les membres des Premières Nations. L'enquête fédérale ne doit pas servir d'échappatoire à une province qui refuse de faire face à ses propres responsabilités », a déclaré le chef de l'APNQL, Ghislain Picard par voie de communiqué.

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