Demande d'injonction contre la mine d'or de Malartic

La mine à ciel ouvert de Malartic jouxte... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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La mine à ciel ouvert de Malartic jouxte une zone habitée.

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Exaspérés par le bruit, les vibrations et la poussière produits par la mine d'or à ciel ouvert de Malartic, deux résidants de la municipalité abitibienne ont déposé aujourd'hui une demande d'injonction qui, si elle est accordée, forcerait la minière Canadian Malartic à réduire sa production.

Les demandeurs, Benjamin Gagnon-Lamothe et Dave Lemire, sont deux pères de famille qui vivent à proximité immédiate de la fosse, située juste au sud de Malartic.

M. Lemire vit à Malartic depuis 36 ans et habite une maison qui se trouve à 220 m de la mine. Il dit entendre les opérations de la mine 24 heures sur 24. «Un moulin constant, des pelles mécaniques qui laissent tomber de la roche dans les boîtes de camions, les chenilles des camions qui frottent contre la roche, leur transmission qui scille [sic] et qui grince, surtout lorsqu'ils montent la côte», fait-il valoir la demande d'injonction.

Père de quatre enfants de 10 ans et moins, il dit faire de l'insomnie, ce qui a affecté sa santé et lui a fait perdre du poids, en raison du bruit en provenance de la mine. M. Gagnon-Lamothe, père de deux enfants en bas âge, s'est résigné à changer les fenêtres de sa maison «pour ne plus entendre le bruit des foreuses et des bulldozers».

Les deux demandeurs allèguent que la minière a commis plus de 3500 infractions aux normes environnementales depuis le début de l'exploitation de la mine, en 2011. Cela inclut 366 dépassements des normes de bruit dans la dernière année.

Faisant valoir leur droit à la qualité de l'environnement garanti par la Loi sur la qualité de l'environnement, MM. Lemire et Gagnon-Lamothe demandent à la Cour supérieure d'enjoindre à Canadian Malartic de respecter les limites qui lui ont été imposées lorsqu'elle a obtenu l'autorisation d'exploiter une mine à ciel ouvert en milieu urbain.

Les demandeurs sont appuyés par le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic, un secteur qui regroupe environ 700 foyers et 1400 personnes.

Outre les normes de bruit, ils demandent que la minière respecte les quantités de roches qu'elle s'était engagée à traiter sur une base quotidienne. Le taux d'extraction s'élevait à près de 170 000 tonnes par jour en 2014 et 2015, alors que la minière prévoyait plutôt 120 000 tonnes dans les évaluations environnementales effectuées avant l'ouverture de la mine.

La minière souhaite agrandir la mine pour en assurer l'exploitation pendant six années supplémentaires, jusqu'en 2028. Elle réclame maintenant au gouvernement du Québec de lui permettre d'exploiter 220 000 tonnes par jour.  « Ça n'a aucun sens, avec un taux d'extraction aussi élevé, comment peut-on prétendre que les lois et les normes seront respectées à l'avenir si elles ne le sont pas présentement ? » s'interroge Louis Trottier, président du Comité de citoyens, dans un communiqué.

Le comité a présenté il y a deux semaines une demande d'autorisation d'un recours collectif. Il réclame à la société minière un dédommagement de 9000 $ par année par résidant incommodé par la minière depuis le début de l'exploitation. Cela représente environ 50 millions $ sur quatre ans. Le comité réclame aussi que Canadian Malartic paie 20 millions $ en dommages exemplaires.

Canadian Malartic entend prendre le temps d'analyser la demande d'injonction avant de réagir, a indiqué sa porte-parole, Marie-Pier Beaucage.

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