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Chiens dangereux: «Un rapport très mou qui manque de courage»

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux,... (Photo archives, Le Soleil)

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Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a formé un comité en juin dernier dans la foulée d'attaques violentes perpétrées par des chiens.

Photo archives, Le Soleil

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« Je suis très déçu. C'est visiblement un rapport très mou qui manque de courage. » Le père de Vanessa Biron, la fillette défigurée par un pitbull à l'automne 2015, s'attendait à des recommandations plus rigides du comité de travail chargé d'éclairer le gouvernement concernant l'avenir des pitbulls au Québec. Le rapport préliminaire ne recommande pas leur interdiction et prône plutôt une approche au cas par cas.

Selon la version préliminaire du rapport obtenue par La Presse Canadienne, l'interdiction de posséder un type de chien en particulier, comme un pitbull, n'apparaît pas dans la liste des recommandations. Les chiens seront plutôt individuellement catégorisés, et Québec devra adopter une loi qui encadrera la possession d'un chien dangereux.

Les recommandations du comité de travail préconisent également l'encadrement - notamment en mettant en place un processus de signalement des morsures - et de la sensibilisation auprès des propriétaires.

De « bonnes intentions, qui ne mèneront à rien », estime Bernard Biron, dont la fille de 8 ans a été attaquée par un pitbull alors qu'elle jouait au parc, à Brossard, en septembre dernier. Le chien, qui n'était pas en laisse, lui a broyé l'os de la mâchoire, arraché un nerf du visage, la glande salivaire et le canal d'une oreille.

« Je trouve que [le rapport] ne va pas très loin », dit le père de Vanessa, qui estime que de nombreux maîtres font fi des règlements concernant leur animal.

« C'est exactement ce qui est en place dans plein de villes et on l'a vu, ce n'est pas efficace du tout. C'est bon en théorie, mais en pratique, ce n'est pas applicable », dit Bernard Biron.

Vanessa Biron... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Vanessa Biron

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Rapport officiel attendu

Des fonctionnaires de la Sécurité publique, des Affaires municipales et de l'Agriculture de même que des membres de l'Ordre des médecins vétérinaires et des représentants de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) forment le comité de travail qui doit rendre son rapport officiel et ses recommandations au gouvernement Couillard avant le 31 août.

« On a encore un espoir. Le premier ministre n'est pas obligé de se limiter aux conclusions du rapport et pourrait bannir les pitbulls malgré tout », avance M. Biron, qui croit que les membres du comité « ont été influencés par l'Ordre des médecins vétérinaires », qui défend l'idée que tous les individus d'une même race n'ont pas automatiquement les mêmes traits de caractère.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a formé ce comité en juin dernier, dans la foulée d'attaques violentes perpétrées par des chiens - la plus atroce étant celle de Christiane Vadnais, une femme de Pointe-aux-Trembles tuée dans sa cour arrière par le pitbull de son voisin. Le ministre s'était engagé à déposer un projet de loi dès septembre si les recommandations allaient en ce sens. Hier, il n'a pas voulu commenter la version préliminaire du rapport, préférant attendre la version officielle avant de se prononcer.

- Avec La Presse Canadienne

LES PRINCIPALES RECOMMANDATIONS 

• Adopter une loi qui viendra encadrer la possession de chiens dangereux ou potentiellement dangereux ;

• Ne pas cibler certaines races de chiens et privilégier l'approche individuelle, au cas par cas ;

• Définir les « caractéristiques » associées aux chiens dits « dangereux ou potentiellement dangereux » et proposer l'adoption d'une procédure « visant à faire déclarer un chien dangereux » ;

• Mener une campagne de sensibilisation visant la prévention des morsures de chiens dangereux et la responsabilisation des propriétaires de ces chiens ;

• Mettre en place un processus de signalement des morsures, afin d'avoir des données fiables sur le nombre et la gravité des agressions commises ;

• Donner aux municipalités qui le désirent le pouvoir de se doter de règlements plus sévères que ceux adoptés par les parlementaires pour l'ensemble du territoire québécois.

Source : La Presse Canadienne

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