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Lancement d'une campagne de promotion du français auprès des immigrants

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Un peu plus de 40% des immigrants anglophones ou allophones jugent bon d'apprendre le français formellement.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Québec lance une campagne de promotion dans l'espoir d'attirer davantage d'immigrants dans les cours de francisation.

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a annoncé lundi à Montréal que cet effort de promotion, doté d'une enveloppe de 750 000 $, vise surtout à attirer les conjoints d'immigrants qui sont acceptés comme travailleurs spécialisés et ceux qui entrent au pays en vertu du programme de réunification des familles.

«On ne les ciblait pas pour rejoindre les cours de français. Là, on a la main tendue, on leur dit: oui, c'est bon, vous allez pouvoir parler français, vos enfants apprennent le français à l'école, vous allez pouvoir aussi les aider», a déclaré Mme Weil au cours d'une conférence de presse dans un centre consacré à la francisation des immigrants.

«Le français est non seulement la langue officielle du Québec et notre langue commune, c'est aussi un vecteur indispensable d'intégration», a-t-elle fait valoir.

Les données du ministère de l'Immigration rendues publiques en janvier dernier démontrent que seulement un peu plus de 40 pour cent des immigrants anglophones ou allophones jugent bon d'apprendre le français formellement, alors que la proportion était complètement inversée en 2008, quand 60 pour cent des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l'État.

Mme Weil a cependant tenu à préciser que le Québec accueille beaucoup plus d'immigrants dans la catégorie des travailleurs spécialisés qui ont appris ou perfectionné le français avant d'arriver au Québec.

«Cette baisse (du nombre d'inscrits aux cours de français) est en partie parce que le niveau de connaissance de la langue est beaucoup plus élevé du côté des personnes sélectionnées», a-t-elle dit.

La ministre a expliqué que les candidats à l'immigration savent qu'ils devront passer un test de français d'un niveau assez élevé et qu'ils se prévalent ainsi d'une offre de francisation qui a été considérablement bonifiée.

«De nombreuses alliances françaises partout dans le monde donnent des cours de français. (...) On donne accès au cours de francisation en ligne: 95 pour cent des requérants principaux de la catégorie immigration économique, des travailleurs qualifiés, connaissent le français à l'arrivée», a-t-elle noté.

Elle souligne également que l'on remarque une réduction du nombre de personnes dans les cours à temps plein et une croissance dans les cours à temps partiel parce que les personnes immigrantes s'intègrent davantage en emploi et préfèrent travailler en même temps qu'elles apprennent le français.

Malgré tout, Mme Weil reconnaît qu'il y a matière à amélioration: présentement, quelque 26 000 personnes suivent des cours de français, un nombre qu'elle souhaite augmenter d'environ 10 pour cent.

Une fois au Québec, les nouveaux arrivants ont accès à des cours gratuits à temps complet, à temps partiel ou en ligne, ainsi qu'à des formations linguistiques spécialisées dans les domaines de la santé et des soins infirmiers, du génie et des sciences appliquées, de l'administration, du droit et des affaires.

Les personnes qui suivent un cours à temps complet ont droit à une aide financière de 115 $ par semaine ainsi qu'au remboursement de leurs frais de garde et de transport. Ces frais sont également remboursés pour ceux qui choisissent des cours à temps partiel.

La campagne de promotion, préparée en 11 langues, sera diffusée dans les journaux, radios et sites web des différentes communautés ethnoculturelles, dans les médias traditionnels et les médias sociaux ainsi que dans le métro et les autobus Montréal.

Pour l'instant, un premier volet de la campagne - qui retranchera 250 000 $ à l'enveloppe totale - sera mis en oeuvre jusqu'au 30 août et une deuxième phase, qui sera annoncée à l'automne, sera ajustée en fonction des résultats obtenus.

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