Un ex-Ontarien a-t-il dirigé l'attaque au Bangladesh?

Une dizaine d'individus armés ont attaqué le restaurant... (Photo archives AFP)

Agrandir

Une dizaine d'individus armés ont attaqué le restaurant Holey Artisan Bakery de la capitale du Bangladesh, fréquenté par des diplomates et des expatriés.

Photo archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un ex-Canadien pourrait être lié à l'attaque menée dans un restaurant de Dacca qui a fait 20 victimes, vendredi. C'est que le présumé chef du groupe armé État islamique au Bangladesh, le scheik Abou Ibrahim al-Hanif, aurait habité Windsor, en Ontario, selon un doctorant de l'Université de Waterloo.

Les premières allégations remontent au début du mois de juin, lorsque le meurtre d'un prêtre hindou au Bangladesh a été revendiqué par le groupe armé État islamique. Le quotidien anglophone bangladais Daily Star dévoilait alors que le leader de l'EI au pays, le scheik Abou Ibrahim al-Hanif, était dans les faits un individu du nom de Tamim Chowdhury, une information ensuite rapportée par Vice News et le National Post.

Interrogé à ce sujet, le doctorant de l'Université de Waterloo et expert en terrorisme Amarnath Amarasingam a déclaré au National Post que Tamim Chowdhury était originaire de Windsor, dans le sud-ouest de l'Ontario.

« Le professeur Amarasingam, qui concentre ses travaux sur les combattants étrangers, a expliqué que Chowdhury était retourné au Bangladesh après s'être plaint qu'il était harcelé par la police canadienne. Il est par la suite devenu un leader local du groupe armé État islamique », peut-on lire dans le National Post.

M. Amarasingam a réitéré ses propos sur Twitter, hier, quelques heures après que sept individus armés de l'EI eurent attaqué le restaurant Holey Artisan Bakery et tué une vingtaine d'otages - surtout des étrangers - à Dacca, au Bangladesh.

« Comme on le sait maintenant, il est très probable que le chef de l'EI au Bangladesh est un Canadien », a-t-il publié sur son compte Twitter.

RIEN N'EST CONFIRMÉ

« Il faut être très prudent là-dessus, met en garde Stéphane Berthomet, codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent. Personnellement, je n'ai pas le moyen de démontrer de façon absolument certaine que tel individu dirige telle organisation. Pour le vérifier, il faudrait entrer en contact avec l'individu en question. »

Impossible de savoir si M. Amarasingam a déjà contacté M. Chowdhury, puisqu'il a décliné la demande d'entrevue de La Presse. Néanmoins, M. Berthomet admet que « cet angle utilisé par Daech [le groupe État islamique] consistant à se servir d'un ressortissant canadien serait tout à fait typique de leur stratégie ».

« Ça leur donne deux fois plus de force : ils frappent les pays d'où les victimes proviennent, et le pays d'où vient le bourreau. Ça leur donne une surenchère médiatique. On sait que Daech s'enorgueillit d'utiliser des ressortissants étrangers pour frapper d'autres pays. »

Comme ce fut le cas au Burkina Faso, en janvier dernier, le groupe armé État islamique a pris pour cible un lieu fréquenté par des visiteurs et des diplomates étrangers pour commettre son massacre, vendredi. Neuf Italiens, sept Japonais, une Indienne et trois Bangladais qui étudiaient aux États-Unis ont été tués, vendredi, dans le restaurant.

« C'est une organisation qui utilise beaucoup les ressortissants étrangers. On sait que les victimes ont été sélectionnées entre les touristes et les locaux. Du point de vue du message, ça amplifie la nature de l'horreur et la nature de l'acte », explique M. Berthomet.

Ces attaques créent un grand retentissement sur la scène internationale, ajoute l'expert, et elles affaiblissent les pays touchés, car l'industrie du tourisme y est souvent essentielle.

11 HEURES D'ENFER

Vendredi, à Dacca, les assaillants ont fait irruption au Holey Artisan Bakery vers 21 h 20 en criant « Allahou Akbar » (Dieu est le plus grand). Ils ont ouvert le feu et fait usage d'explosifs avant de prendre les visiteurs en otages. Les survivants de l'attaque ont raconté que les preneurs d'otages avaient séparé les Bangladais des étrangers avant de se livrer au carnage qui a pris fin 11 heures plus tard avec l'intervention des forces de sécurité. Celles-ci ont tué six assaillants et en ont arrêté un septième.

« Nous avons retrouvé 20 corps. La plupart [de ces personnes] ont été tuées brutalement à coups d'armes tranchantes », a dit le porte-parole de l'armée Nayeem Ashfaq Chowdhury.

« Les terroristes, et [l'EI] en particulier, ont un double objectif : terroriser en permanence avec des attaques quotidiennes dans des pays qui sont des cibles faciles, et le second objectif est de faire un gros coup sur une cible marquante et difficile à atteindre pour qu'on en parle dans tous les médias internationaux et pour que ça glorifie l'organisation », explique M. Berthomet, en citant l'exemple des attentats de Paris et de Bruxelles.

Cette prise d'otages d'une ampleur inédite au Bangladesh intervient après des mois de violences marquées par les meurtres d'intellectuels et de membres de minorités religieuses, revendiqués par l'EI, dont le gouvernement nie la présence dans le pays.

- Avec l'Agence France-Presse

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer