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Services correctionnels: l'absentéisme grimpe en flèche

En 2015, plus de 30 000 jours de travail... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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En 2015, plus de 30 000 jours de travail ont été perdus pour cause de maladie dans les sept prisons provinciales ; l'année précédente, c'était 20 000 jours.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

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(Québec) Signe d'un milieu de travail de plus en plus stressant, l'absentéisme a grimpé en flèche chez les agents des services correctionnels. Les gardiens des centres de détention provinciaux sont de plus en plus souvent malades ou victimes d'accidents de travail.

En 2015, plus de 30 000 jours de travail ont été perdus pour cause de maladie dans les sept prisons provinciales ; l'année précédente, on était à 20 000 jours. Même tendance pour les jours perdus pour accident de travail et déclarés à la CSST. On était à 3000 jours en 2014, ce nombre a plus que doublé à 7000 jours l'année suivante.

Pour Mathieu Lavoie, président du syndicat qui représente les 2800 agents des services correctionnels, ces augmentations reflètent un climat de plus en plus difficile dans les centres de détention, où la surpopulation est chronique - trois centres sont toujours en construction, des projets entrepris il y a plusieurs années. La convention collective est échue depuis un an et les négociations avec le gouvernement piétinent. En fait, les discussions sont au point mort depuis la mi-mars.

Les travaux promis par Québec pour freiner les évasions par hélicoptère n'ont jamais été réalisés. Depuis deux ans, on a aperçu 45 drones au-dessus des centres de détention, utilisés par des complices pour envoyer des stupéfiants aux détenus.

La Sûreté du Québec est aussi aux prises avec un problème d'absentéisme important. Les griefs se multiplient, mais Québec est encore loin de déposer ses offres aux 8000 agents de la SQ. Avec les gardiens de prison, les premiers échanges laissent prévoir des négociations difficiles, prévient M. Lavoie. Déjà, les agents ont commencé des manifestations un peu partout en province.

Le gouvernement veut réinterpréter une lettre d'entente signée il y a plusieurs années, qui assure aux gardiens une protection judiciaire, l'assistance d'un avocat en cas de poursuite, pour des gestes posés dans le cadre de leurs fonctions. « On veut garder ce qu'on a eu », résume M. Lavoie. Si un agent est reconnu coupable ultimement, les coûts de cette assistance juridique sont remboursés à l'État.

Québec semble aussi vouloir revoir le régime de retraite des agents des centres de détention. Ceux-ci peuvent prendre leur retraite après 32 ans de travail, soit trois ans plus tôt que les autres fonctionnaires sous le RREGOP. « Cela reflète les exigences du travail qu'on fait, on peut partir à 30 ans de service si on a plus de 50 ans. On n'a pas encore le portrait de ce qu'ils veulent attaquer, mais Québec a dit qu'il y aura une proposition "ultérieurement". »

Les gardiens des centres de détention gagnent autant que les policiers, en début de carrière, mais ces derniers ont une échelle salariale plus longue, qui les mène en fin de parcours à 10 000 $ de plus par année. Le policier doit avoir une formation spécifique qui n'est pas exigée de l'agent des services correctionnels.

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