Les cuisines collectives à bout de souffle

Les cuisines collectives rassemblent des personnes qui établissent... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Les cuisines collectives rassemblent des personnes qui établissent leur menu ensemble, souvent en épluchant les spéciaux de la semaine dans les circulaires. Elles achètent les ingrédients, cuisinent en groupe et repartent ensuite avec leurs portions à la maison.

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Avec la hausse du prix des aliments, les listes d'attente pour les cuisines collectives s'allongent. Les organismes manquent de ressources : leur regroupement s'est rendu à l'Assemblée nationale jeudi pour offrir un pot de soupe sèche à chacun des députés afin de les sensibiliser aux besoins grandissants des cuisines collectives.

Neuf cuisines collectives sur dix manquent de ressources, explique Frédéric Paré, coordonnateur général du Regroupement des cuisines collectives du Québec, qui cite un sondage interne. Avec la flambée du prix des denrées, la demande augmente alors que les ressources diminuent : dans les cuisines collectives, la marmite déborde. « Nous sommes la deuxième ligne, après le dépannage alimentaire », dit-il. 

La deuxième ligne peut-être, mais une aide complètement différente. Le principe des cuisines collectives est tout simple : les participantes - puisque les deux tiers sont des femmes - se regroupent et établissent leur menu ensemble, souvent en épluchant les spéciaux de la semaine dans les circulaires. Elles achètent les ingrédients, cuisinent en groupe et repartent ensuite avec leurs portions à la maison. Elles cuisinent ensemble une fois par mois, souvent deux, parfois plus, avec une animatrice qui les guide. 

« On sait que la cuisine est importante pour la santé, mais on sous-estime parfois son rôle social », dit Jean-Claude Moubarac, chercheur en nutrition à l'Université de Montréal, parrain des cuisines collectives pour leur 25e anniversaire. Pour une personne âgée qui vit seule, le bénéfice de popoter en groupe quelques fois par mois va bien au-delà de la portion qui est rapportée à la maison, dit-il.

« Ça montre qu'il y a parfois des solutions simples, qu'on n'a pas besoin d'inventer et qui répondent parfaitement aux besoins de certaines personnes, poursuit Jean-Claude Moubarac. Les gens seuls trouvent parfois que c'est difficile de cuisiner. » 

EFFET DIRECT SUR LA SANTÉ

Moins cuisiner a un effet direct sur la santé, explique ce chercheur, puisque le repas préparé avec des ingrédients simples et sains est souvent remplacé par des aliments préparés, moins nutritifs. C'est ce que le Regroupement des cuisines collectives du Québec veut faire savoir. La présence à l'Assemblée nationale jeudi était le premier geste d'un mouvement de sensibilisation. Cette présence a été saluée par une motion unanime des députés reconnaissant leur importance. 

N'est-ce pas un peu paradoxal que les participants des cuisines fassent de la soupe pour les députés ? « Ce n'est pas anodin qu'elle soit sèche, répond Frédéric Paré. Il manque un ingrédient essentiel, l'eau. Ça symbolise notre manque de ressources. » 

Les cuisines collectives ont beaucoup de pain sur la planche pour les mois à venir. Leur démarche comprendra aussi une visite dans les municipalités et les commissions scolaires afin de dresser un inventaire des locaux qui pourraient être disponibles pour multiplier ou moderniser les lieux où se tiennent les ateliers.

En 10 ans, le nombre de cuisines collectives membres du Regroupement a triplé, ce qui représente assez bien l'évolution du mouvement en général au Québec, estime Frédéric Paré.

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