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Hausse des prix des aliments: les banques alimentaires craignent le pire

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Les banques alimentaires, qui dépendent grandement des dons, ont aussi constaté une baisse des produits en provenance des épiceries, les magasins faisant eux-mêmes preuve de plus de prudence dans leurs achats aux États-Unis à cause de la montée des prix et de la chute du huard.

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Ross Marowits
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les banques alimentaires canadiennes espèrent que le contrecoup qu'elles ont subi à la suite de la hausse des prix des aliments ne fera pas boule de neige pour se transformer en véritable crise.

Si chaque organisme a ses propres défis à relever, plusieurs affirment que des prix plus élevés au milieu de l'hiver limitent la quantité de nourriture qu'ils peuvent acheter et ont un impact sur les dons, en plus de faire grimper la demande pour leurs services.

Les prix des produits frais ont commencé à augmenter après Noël alors que le mauvais temps dans les régions agricoles américaines et la chute du dollar canadien ont causé une flambée du coût des importations. Certaines banques alimentaires ont changé leur menu, se tournant vers les aliments en conserve ou surgelés. La plupart ont tenté d'avoir accès à des produits locaux, particulièrement les légumes-racines.

Selon Michael Maidment, le directeur général de l'Ottawa Food Bank, les marchands de légumes ont cependant prévenu leur clientèle que les prix de ces produits risquaient aussi de grimper en raison de la plus forte demande. Un bon exemple: le prix des carottes cultivées en Ontario, une solution de rechange commune à d'autres articles plus coûteux, a fait un bond de 18 pour cent en deux semaines, a indiqué M. Maidment.

Cela pèsera lourd sur le budget de 50 000 $ que sa banque alimentaire entend consacrer à l'achat de produits frais. Cette somme doit lui permettre de se procurer suffisamment de nourriture jusqu'au printemps, moment où l'organisme cultivera ses propres légumes avec l'aide de bénévoles.

Ce n'est pas non plus une bonne nouvelle pour la responsable de l'Edmonton Food Bank, qui a reporté sa commande de carottes parce que la facture avait doublé juste au moment où il y avait encore plus de bouches à nourrir.

Le ralentissement économique en Alberta provoqué par le recul du prix du pétrole sur le marché mondial a entraîné une hausse de 60 pour cent de la clientèle. En décembre, 19 000 personnes, dont plusieurs s'étaient retrouvées au chômage au cours des derniers mois, ont eu recours à la banque alimentaire d'Edmonton.

«Lorsque l'économie ne va pas bien et que les gens perdent leur emploi, l'augmentation des coûts des produits de base comme les aliments nutritifs n'est pas le scénario idéal», a déclaré Marjorie Bencz.

Elle s'attend à ce que la situation empire et à ce qu'un nombre plus important d'enfants, de personnes âgées, de travailleurs pauvres et de familles de réfugiés ait recours aux services de son organisme.

Les banques alimentaires, qui dépendent grandement des dons, ont aussi constaté une baisse des produits en provenance des épiceries, les magasins faisant eux-mêmes preuve de plus de prudence dans leurs achats aux États-Unis à cause de la montée des prix et de la chute du huard.

Moisson Montréal indique que les dons de fruits et de légumes frais durant le dernier mois ont été cinq fois moins élevés que normalement alors que les grossistes et les chaînes de supermarché peinent à trouver des produits abordables. La qualité est aussi moindre, a ajouté la directrice générale de l'organisme, Julie Bourbonnière.

Tout ça alors que la flambée des prix des aliments poussent justement plus de gens à faire appel aux 250 banques alimentaires locales du réseau de Moisson Montréal.

«Janvier nous est tombé dessus comme une tonne de briques», a commenté Mme Bourbonnière.

Les 800 banques alimentaires du Canada distribuent 200 millions de livres de nourriture annuellement à plus de 850 000 Canadiens, selon Banques alimentaires Canada. Depuis la récession de 2008, le recours à ces services a grimpé de 26 pour cent.

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