Un party controversé à l'UQTR

Noémie Allard-Gaudreau, Sofia Tourigny et Ann-Julie Durocher sont... (Stéphane Lessard)

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Noémie Allard-Gaudreau, Sofia Tourigny et Ann-Julie Durocher sont trois des dix signataires de la lettre d'opinion se prononçant contre l'appellation du party «Sauf une fois au chalet»

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Une soirée organisée jeudi soir par cinq associations étudiantes de l'Université du Québec à Trois-Rivières a créé une controverse sur le campus. Ce ne sont pas les activités au programme qui ont fait réagir, mais bien le nom de l'événement, intitulé «Sauf une fois au chalet».

Cette semaine, un groupe de dix personnes s'est prononcé contre l'appellation de la soirée dans le journal étudiant Zone Campus. Le nom fait référence à Philippe Hamelin, un homme de 93 ans qui venait d'être reconnu coupable d'inceste, d'attentat à la pudeur et de voies de fait sur ses deux filles. Celui-ci avait déclaré à la caméra de TVA qu'il n'avait jamais «touché à ses filles, excepté une fois au chalet».

À leur avis, le nom de l'événement était déplacé, puisqu'il fait référence à un événement où des femmes ont agressées sexuellement. 

«C'est un problème que ce soit socialement accepté. Jamais un cas d'inceste ne devrait être utilisé pour faire une blague», indique Ann-Julie Durocher, l'une des signataires de la lettre.

«Ça faisait une semaine que le titre me choquait. J'ai demandé à mes collègues et tout le monde avait le même sentiment que moi. Je pense que c'était important de soulever le problème», ajoute-t-elle.

La goutte qui a fait déborder le vase, aux yeux du groupe de dix signataires, est que la vidéo de l'entrevue de Philippe Hamelin a été utilisée sur la page Facebook de l'événement. Jusque-là, la promotion de l'événement tournait davantage autour de la thématique du chalet.

Mis au fait de la lettre ouverte dans le Zone Campus, l'Université et l'Association générale des étudiants de l'UQTR sont intervenues auprès des organisateurs, exigeant le retrait de la vidéo, ce que les organisateurs ont effectué immédiatement. L'événement s'est déroulé comme prévu jeudi soir à la salle 1012 du pavillon Nérée-Beauchemin et aucun incident n'a été enregistré alors que 600 personnes y ont participé.

Approuvé par l'UQTR

Annuellement, 700 événements à caractère social sont organisés sur le campus de l'UQTR et chacun doit recevoir l'aval du Service aux étudiants (SAE), qui doit en approuver la tenue et la promotion. Le «Sauf une fois au chalet» a toutefois passé à travers les mailles du filet, avoue-t-on. Une question de méconnaissance générationelle est évoquée pour expliquer le tout.

«L'expression ''Sauf une fois au chalet'' fait référence au procès de cet homme, mais ce n'est pas reconnu par tout le monde. Lorsque le projet a été présenté au Service aux étudiants, ça tournait plus autour du chalet, du poêle, du ski. De la manière que ça nous a été présenté, il n'y avait pas lieu de ne pas donner notre approbation», explique le porte-parole de l'UQTR, Jean-François Hinse, qui félicite le groupe de dix signataires d'avoir dénoncé le nom de l'événement.

Les organisateurs de la soirée devraient être rencontrés par le SAE la semaine prochaine. «L'UQTR et l'AGEUQTR ont pris la chose au sérieux et sont intervenues rapidement. Nous sommes très contents de ça. Elles n'ont pas pris ça à la légère et n'ont pas banalisé le tout. Nous avons trouvé ça choquant, mais ce n'est pas tout le monde qui a le référent. C'est surtout chez les 20-30 ans. Ce n'est pas tout le monde qui sait de quoi il est question et c'est passé inaperçu», ajoute Mme Durocher.

Consacrée dans la culture générale?

Prononcée pour la première fois en 2008, l'expression «Sauf une fois au chalet» s'est peu à peu généralisée dans la population, particulièrement au sein de la jeune génération sur Internet, prenant le sens de: «Je n'ai jamais fait quelque chose, mais c'est bel et bien arrivé.» Elle a été aussi utilisée comme titre d'une pièce de théâtre, ainsi que lors de plusieurs manifestations publiques. Une page Facebook portant ce nom est suivie par plus de 80 000 personnes.

Mme Durocher estime toutefois que ce n'est pas une raison pour utiliser l'expression d'une telle manière et qu'au final, elle réfère toujours à une situation d'agression sexuelle. Elle et un autre étudiant ont d'ailleurs effectué une étude rapide où 180 étudiants ont été questionnés quant à la connotation de l'expression. 

«Ce qui en ressortait majoritairement, c'était un type de phrase qui avait des liens avec le viol et avec la fameuse vidéo.»

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