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6 millions pour les bénéficiaires de cures de désintoxication

Les nouvelles normes de l'aide sociale font passer... (Photo archives La Presse)

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Les nouvelles normes de l'aide sociale font passer de 700 à 200 $ par mois le chèque des bénéficiaires inscrits à ces centres de désintoxication.

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(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard a dégagé une enveloppe de 6 millions pour régler le problème lié aux nouvelles normes en matière d'aide sociale pour les bénéficiaires inscrits à des cures de désintoxication. Toutefois, la réouverture du centre Mélaric est loin d'être assurée en raison de son important déficit accumulé.

La ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, dont le refus d'intervenir au moment de la fermeture d'un centre des Laurentides, Mélaric, avait soulevé la controverse, a annoncé que le gouvernement faisait amende honorable.

Le centre avait annoncé sa fermeture, faute de financement, une décision critiquée par Mme Charlebois. Pour Québec, la gestion financière de l'établissement manquait de rigueur. La directrice de l'organisme, Lise Bourgault, ancienne députée de Brian Mulroney, a fait une sortie percutante à Tout le monde en parle, dimanche dernier.

Les nouvelles normes de l'aide sociale font passer de 700 à 200 $ par mois le chèque des bénéficiaires inscrits à ces centres de désintoxication. Le Québec compte environ 2700 places dans ces centres. Pour Mme Charlebois, la décision ne vient pas modifier les changements prévus à l'aide sociale, mais donnera une bouffée d'oxygène aux établissements qui accueillent ces clientèles. La réforme de l'aide sociale va se poursuivre, mais désormais, les centres de dépendance pourront avoir accès à des fonds pour les aider, résume-t-on.

Le cas de Mélaric ne sera pas réglé pour autant, convient-elle, mais ce dossier et celui d'autres centres devront être examinés « individuellement ». L'organisme avait des problèmes antérieurs aux modifications à l'aide sociale, a fait valoir Mme Charlebois.

Le vice-président du C.A. de Mélaric, Jonathan-Michel Dulong, se « réjouit » de l'injection de nouveaux fonds par Québec, mais il précise que l'annonce n'a « présentement aucun impact » sur le centre fermé. Les dirigeants de Mélaric rencontreront bientôt la ministre Charlebois pour discuter de la situation. « Le message a été entendu. J'ai bon espoir que Mme Charlebois va s'occuper de Mélaric », déclare M. Dulong. Le centre Mélaric traîne comme un boulet un déficit de 250 000 $. « Ce n'est pas énorme. C'est l'équivalent de trois résidants qu'on a retournés en prison annuellement. »

La réouverture de Mélaric n'est donc pas « pas coulée dans le béton », soutient Nicolas Bédard, président de l'Association provinciale des organismes en dépendance (APOD), qui représente une vingtaine de centres. « Il va falloir travailler » pour sauver cette « institution indispensable », dit-il. Pour ce faire, l'APOD envisage de lancer une collecte de fonds nationale pour éponger le déficit de Mélaric.

Selon Nicolas Bédard, cet argent frais permettra d'éviter la fermeture d'autres centres qui envisageaient cette option. « Cet argent est une lueur d'espoir pour nos prestataires et nos pensionnaires. » Ceux-ci n'auront plus à débourser d'argent pour être hébergés dans ces centres de désintoxication.

Québec épargnait 6 millions avec ces changements touchant les bénéficiaires de l'aide sociale, mais pour la ministre Charlebois, c'est un hasard si le réinvestissement est du même niveau. Surtout, l'argent viendra du budget de la Santé, ce qui rassurera les clientèles, soutient-elle.

Les nouvelles sommes supposent aussi un nouveau « processus de reddition de comptes. Ce n'est pas mon argent, mais celui des contribuables », a-t-elle fait valoir.

Pour le député péquiste Jean-François Lisée, « le gouvernement reconnaît son erreur » sous la pression populaire et « s'est rendu à la raison en corrigeant une partie de ses dégâts ». « Une partie », parce que le gouvernement doit faire plus, selon lui.

« Le gouvernement fait la moitié de la réparation des dégâts : les centres vont pouvoir survivre, on l'espère. Mais l'autre moitié, ce sont les prestataires d'aide sociale toxicomanes qui ont vu leur prestation réduite de 700 à 200 $ et qui ont déserté, voyant cette coupe. Ils ont préféré rester chez eux avec 700 $ plutôt que d'aller dans les centres avec 200 $. Ce qu'on comprend, c'est que la punition pour les toxicomanes reste », a déploré le porte-parole de l'opposition officielle en matière de services sociaux. Il se demande également si le financement de 6 millions annoncé par Québec sera permanent. « Parce que les rapports d'étude commandés par le gouvernement disaient : si vous voulez que les centres survivent, il faut ajouter 10 $ par patient par jour en permanence ».

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