Les enfants adoptés du Québec veulent des réponses

Julie Levenhagen est née le 26 juillet 1981 à... (PHOTO LA PRESSE CANADIENNE/JULIE LEVENHAGEN)

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Julie Levenhagen est née le 26 juillet 1981 à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

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Morgan Lowrie
La Presse Canadienne

Lorsqu'elle a été adoptée dans un hôpital de Montréal à neuf jours d'existence, Julie Levenhagen était connue simplement comme « bébé Agathe ».

À présent, quelque 34 ans plus tard, découragée par ses tentatives ratées d'en apprendre plus sur ses origines, Mme Levenhagen s'est tournée vers Facebook, avec le peu d'information dont elle dispose: elle est née le 26 juillet 1981 à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, d'un père électricien de 32 ans et d'une mère assistante-infirmière de 22 ans, qui avait six frères et soeurs.

Puisque les dossiers d'adoption sont confidentiels au Québec, ces informations, qui ne permettent pas d'identifier quelqu'un, sont tout ce à quoi Mme Levenhagen a droit, à moins que ses parents biologiques soient retrouvés et qu'ils acceptent d'être identifiés.

« C'est très frustrant car beaucoup d'adoptés sentent que c'est leur droit de savoir d'où ils viennent, a-t-elle confié. C'est un besoin humain inné. »

Julie Levenhagen vit maintenant en Arizona. Elle a déposé une demande au centre jeunesse chargé de son dossier en novembre dernier. Les responsables tenteront de joindre ses parents biologiques et de leur demander s'ils consentent à ouvrir le dossier.

Jusqu'à maintenant, c'est le silence radio. Ce n'est pas une surprise: le processus peut prendre entre 12 et 18 mois. Mais si ses parents biologiques sont morts ou ne peuvent être retrouvés, elle ne peut connaître leurs noms, consulter son dossier d'adoption ou obtenir les dossiers médicaux qui, croit-elle, pourraient être pertinents pour sa santé.

« Le meilleur scénario serait que je reprenne contact avec ma famille et que j'aie plus de gens dans ma vie. Le pire serait qu'ils choisissent de ne pas reprendre contact, ce que je comprendrais. Mais j'espère pouvoir au moins obtenir les dossiers médicaux et des informations sur les maladies qui affligent ma famille, s'il y en a. »

Caroline Fortin, la présidente d'un organisme qui milite pour les droits des enfants adoptés et leur famille, considère que Québec est en retard en ce qui a trait aux lois sur l'adoption.

La Colombie-Britannique, l'Ontario, l'Alberta, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador ont changé leurs lois pour faciliter l'accès aux dossiers d'adoption tant pour les enfants que les parents biologiques.

Au cours des dernières années, les gouvernements québécois ont semblé ouverts à étudier le dossier. Le Parti libéral et le Parti québécois ont tous deux présenté des projets de loi, en 2012 et 2013, respectivement, bien qu'aucun n'ait été adopté.

Les deux règlementations proposées prévoyaient de permettre aux enfants adoptés de connaître l'identité de leurs parents biologiques s'ils le souhaitaient, et vice versa, à moins que l'une des parties n'impose un veto sur la divulgation, pour que leurs informations demeurent confidentielles.

En juin, un comité mandaté par le gouvernement a recommandé d'importantes métamorphoses aux lois provinciales sur la famille, qui comprenaient de renverser la confidentialité des dossiers d'adoption et de reconnaître le droit aux enfants de connaître leurs origines. L'actuelle ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a fait savoir qu'elle avait l'intention de déposer un nouveau projet de loi en la matière. Sa porte-parole confirme que c'est en préparation.

Selon Caroline Fortin, les présentes règles sont le produit d'une ère où des milliers de femmes faisaient face à d'importantes pressions religieuses, sociales ou familiales pour donner leur bébé en adoption. Aujourd'hui, dit-elle, les grossesses non désirées sont relativement rares et la plupart des enfants adoptés ont été retirés de leur famille par les services sociaux ou leur ont été confiés volontairement.

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