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L'échec de SharQc s'invite dans une enquête sur mise en liberté

L'opération SharQc avait permis à la Sûreté du... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'opération SharQc avait permis à la Sûreté du Québec d'accuser 156 membres présumés ou sympathisants des Hells Angels en 2009.

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Daniel Renaud
La Presse

La fin en queue de poisson du superprocès SharQc est venue teinter l'enquête sur mise en liberté d'un homme soupçonné de trafic de cocaïne considéré par la police comme un soldat des Hells Angels, il y a deux semaines, à Montréal.

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Tony Jalbert

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Tony Jalbert, alias «Thunder», 52 ans, un ancien membre des Bandidos qui aurait changé de camp après la guerre des motards, a été arrêté avec d'autres individus au début du mois d'octobre. Il est soupçonné d'avoir été impliqué dans un réseau de trafiquants de cocaïne et de crack qui fonctionnaient avec des numéros de téléphone cellulaire et qui opéraient surtout dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Après avoir reçu des informations de plusieurs sources enregistrées en juillet, les enquêteurs des stupéfiants de la région est du SPVM ont fait des achats de drogue contrôlés et suivi Jalbert et des individus que l'on croit ses complices.

Ils l'ont notamment vu entrer, avec la clé, dans un logement de la rue Roi-René « peu meublé et dont les armoires étaient complètement vides » où ils ont trouvé plus tard 292 grammes de cocaïne, 39 grammes de crack, plus de 15 000 $ et tout le matériel pouvant servir à la préparation et à l'emballage de la drogue.

Chez l'un de ses proches, les policiers ont aussi trouvé 200 000 $ dans un coffre-fort dont Jalbert avait la clé.

Lors de son arrestation, ils ont également saisi son cellulaire sur lequel ils ont trouvé un message texte le prévenant d'une perquisition avenue Letourneux.

ÉCHANGES CORSÉS

Selon le procureur de la Couronne, Me Pascal Dostaler, des informations parvenues à la police en septembre dernier indiquaient que Jalbert entretiendrait des liens avec un membre en règle influent des Hells Angels, Salvatore Cazzetta, et un ancien membre de leur défunt club-école des Rockers, Pierre Toupin.

Ces informations ont fait bondir l'avocat de Jalbert, Me Gilbert Frigon, qui s'y est opposé, se demandant en quoi elles étaient pertinentes. C'est à ce moment que le juge Jean-Pierre Boyer a, le premier, fait référence au dénouement de SharQc.

« Je trouve que les policiers en beurrent épais. Ce n'est pas un film, c'est une salle de cour. Je comprends qu'ils ont eu une grosse déception la semaine dernière mais... »

- Le magistrat Jean-Pierre Boyer, qui n'a pas complété sa phrase

Témoignant dans sa propre enquête, Jalbert, un vendeur de voitures usagées, a admis son passé avec les Bandidos mais nié tout lien avec les Hells Angels.

« Depuis 2003, je n'ai pas rencontré aucun Hells Angels. Je n'ai pas été à aucun party et je n'ai pas voulu porter leurs couleurs. C'est fini pour moi ça. Les derniers motards que j'ai vus, c'est en prison. Dehors, je n'ai jamais rencontré aucun motard dont Salvatore Cazzetta, même pas pour dire salut d'un signe de la tête », s'est-il défendu.

PREUVE FABRIQUÉE

Lors de son témoignage, Jalbert a accusé la police d'avoir placé chez lui des roches de crack pour lesquelles il a plaidé coupable en 2012. C'est à ce propos qu'un deuxième lien a été fait avec la fin abrupte de SharQc, cette fois-ci par MFrigon, dans sa plaidoirie.

« La semaine passée, il y a des gens qui ont été libérés d'accusations de meurtre parce qu'un juge a statué que de la preuve a été retenue dans un dossier. On ne sait pas encore quoi, il y a une enquête administrative qui va le déterminer, nous a annoncé la directrice du DPCP. Mais que monsieur dise qu'à cette époque-là, le fameux crack qui a été retrouvé chez lui n'était pas à lui, tout est possible », a lancé le criminaliste.

De son côté, MDostaler s'est défendu en disant que la jurisprudence démontre que le passé, les fréquentations et le mode de vie d'un individu sont pertinents, même au stade de l'enquête sur mise en liberté.

La preuve déposée contre Jalbert est circonstancielle. Il n'est pas locataire du logement où la drogue a été trouvée et les policiers n'ont rien découvert dans sa résidence. Il a été libéré moyennant un dépôt de 20 000 $ et devra respecter plusieurs conditions.

Son enquête sur cautionnement a aussi permis d'apprendre que les Hells Angels ne tolèrent plus la vente d'une drogue très puissante, le crystal meth, sur leur territoire, et qu'une taxe de 200 à 250 $ est versée pour la vente de chaque once de cocaïne.

- Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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