Il n'y a pas de crise à Val-d'Or, selon le DG de la SQ

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Magdaline Boutros
La Presse Canadienne

Il n'y a pas de crise à Val-d'Or, selon le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme.

«Ce que j'entends c'est qu'il y a des gens qui sont préoccupés, il y a du questionnement. Mais de là à dire qu'on est en crise, non, je ne le pense pas, mais on doit faire quelque chose», a-t-il dit en point de presse à Val-d'Or mardi matin.

Le directeur général de la SQ est en Abitibi pour discuter directement avec ses policiers, mais aussi avec des représentants de la communauté autochtone.

«Je n'ai pas peur (que la situation dérape), mais je suis préoccupé par la situation. Je veux m'assurer qu'on va faire face à la situation correctement», a-t-il mentionné.

M. Prud'homme a reconnu que le corps de police devait revoir la formation offerte aux agents qui travaillent dans le centre-ville de Val-d'Or où prévaut une situation particulière.

«Je crois qu'avoir une équipe de réponse mieux formée par rapport à la situation du centre-ville ça peut juste aider», a laissé tomber M. Prud'homme, parlant «d'une clientèle qui est vulnérable et qui a besoin d'aide».

Il s'est toutefois empressé d'ajouter que les policiers du poste 144 avaient «bonne réputation» et étaient «professionnels».

Le grand patron de la SQ a annoncé la mise en place de deux projets-pilotes. Toutes les autopatrouilles à Val-d'Or seront désormais équipées de caméras de surveillance et des travailleurs sociaux se joindront aux forces policières pour patrouiller dans les rues du centre-ville.

Parmi les huit policiers toujours suspendus au poste de Val-d'Or, aucun n'est visé par des allégations d'inconduite sexuelle, a précisé M. Prud'homme. Ils font plutôt l'objet d'enquêtes pour voies de fait et abus de pouvoir.

Deux allégations d'agression sexuelle ont été traitées. Elles touchent un policier qui est aujourd'hui décédé et un autre dont l'identité n'a pu être établie, a-t-il indiqué.

Les policiers qui ne sont pas rentrés au travail depuis la diffusion du reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada effectueront un retour au travail progressif.

«Il faut comprendre que les policiers et les policières ici, dans une ville comme Val-d'Or, ont été pointés du doigt, les familles, les enfants, les conjointes», a fait remarquer M. Prud'homme.

«On est capable de leur laisser du temps», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, l'émission Enquête levait le voile sur des allégations de plusieurs femmes autochtones qui disent avoir été victimes de violence policière ou de sévices sexuels commis par des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d'Or.

Un chef autochtone somme Couillard de se rendre à Val-d'Or

Il y a une crise réelle à Val-d'Or, a déclaré le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui somme le premier ministre Philippe Couillard de s'y rendre d'ici 24 heures pour une rencontre.

Le chef Ghislain Picard a tenu ces propos au terme d'une réunion d'urgence des leaders autochtones qui a eu lieu mardi dans cette ville de l'Abitibi.

Il répondait ainsi au directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, qui soutenait exactement le contraire en déclarant plus tôt en journée qu'il n'y avait pas de situation de crise.

Pour M. Picard, la situation est telle qu'elle doit interpeller le gouvernement du Québec au plus haut niveau, c'est-à-dire le premier ministre de la province.

«Il n'a pas le choix. Il doit prendre ses responsabilités», a tranché le chef.

«Personne d'autre ne semble considérer, à part nous, que nous sommes en situation de crise», a-t-il martelé.

Le lien de confiance est brisé entre nos communautés et la SQ, la GRC et le Service de police de la ville de Montréal (SPVM), a ajouté M. Picard.

C'est pourquoi il dit s'attendre à ce que l'enquête sur les policiers de la SQ de Val-d'Or, présentement menée par le SPVM, soit transférée à une commission indépendante.

M. Picard réclame aussi un soutien continu pour les femmes victimes de ces sévices. Les communautés sont mal outillées pour répondre à leurs besoins et manquent de ressources, soutient-il.

Il affirme que cela doit changer pour aider les femmes qui ont déjà porté plainte et pour celles qui pourraient le faire au cours des prochains jours.

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