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Des policiers visés par des allégations d'agressions sur des autochtones

La Sûreté du Québec enquête sur plusieurs allégations d'agressions sexuelles et... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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La Sûreté du Québec enquête sur plusieurs allégations d'agressions sexuelles et physiques et d'abus de pouvoir que des patrouilleurs de son propre corps de police auraient commis à l'endroit d'autochtones vivant dans la région de Val-d'Or.

En tout, 12 plaignants, des femmes et des hommes, se sont manifestés. Huit patrouilleurs du poste de la SQ de Val-d'Or, ville près de laquelle vivent de nombreux membres des Premières Nations, font actuellement l'objet d'une enquête pour 14 événements distincts survenus entre 2002 et 2015, a confirmé à La Presse la Sûreté du Québec.

C'est dans la foulée du passage en Abitibi d'une équipe de l'émission Enquête de Radio-Canada en mai dernier que l'enquête policière a été mise en branle. Les journalistes, dont le reportage a été diffusé hier soir sur les ondes de la société d'État, s'étaient rendus sur place pour recueillir le témoignage de plusieurs femmes autochtones qui disent, à visage découvert, avoir été agressées sexuellement et physiquement par des patrouilleurs.

La police aurait alors eu vent de l'affaire.

Révélations troublantes

Une femme de 26 ans, Bianca Moushoun, a raconté que les agents l'amenaient en voiture dans un chemin isolé, puis demandaient qu'elle leur fasse une fellation. 

« Ils me payaient chacun 200 $ ; 100 $ pour le service, 100 $ pour que je ferme ma gueule. »

Une autre femme, Priscilla Papatie, 38 ans, a fait le récit d'une intervention brutale lors de laquelle les policiers auraient détruit son téléphone cellulaire et lancé ses souliers dans la neige avant de l'abandonner en pleine nuit sur une route située à des kilomètres de sa communauté.

Une serveuse d'un bar de Val-d'Or qui est fréquenté par des membres des Premières Nations a témoigné à l'émission Enquête avoir été témoin de nombreuses arrestations « musclées » d'autochtones. Elle dit aussi que des policiers, « toujours les mêmes », abandonnent des femmes sur des routes isolées, les forçant à marcher pour retourner en ville.

Vers des accusations criminelles?

À la Sûreté du Québec, c'est la direction des normes professionnelles, à Montréal, qui est chargée d'enquêter sur les allégations à l'encontre de 8 des 60 patrouilleurs du poste de Val-d'Or. Les agents visés sont des hommes et des femmes.

Deux allégations ont trait à des affaires d'agressions sexuelles. Les autres sont des plaintes pour agression physique ou abus de pouvoir, précise la SQ. Tous les dossiers seraient sur le point d'être transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui décidera du dépôt d'éventuelles accusations criminelles, a fait savoir hier le premier ministre Couillard lors d'un échange en Chambre avec le chef de l'opposition, Pierre Karl Péladeau.

« La SQ a pris ces allégations de façon très sérieuse et c'est pour cette raison que l'enquête a débuté dès le lendemain du passage des journalistes de Radio-Canada, en mai. La Sûreté du Québec n'entérine pas des comportements comme ceux qui sont décrits dans l'émission », dit la porte-parole Martine Asselin.

D'ici la fin de l'enquête, les patrouilleurs visés par les plaintes demeurent au travail. Cinq d'entre eux sont toujours à Val-d'Or.

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