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Grève des officiers de traversiers: «C'est notre seule façon de nous faire entendre»

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Vers 10 h hier matin, une quinzaine de grévistes étaient assis en cercle sur des chaises de camping à l'entrée de la traverse de Sorel-Tracy. Une grève paralyse depuis mardi une partie du réseau de 13 services maritimes éparpillés entre Montréal et l'est du Québec.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

(Sorel-Tracy) Plusieurs traversiers du Québec demeurent à quai pour une troisième journée en raison d'une grève qui paralyse depuis mardi une partie du réseau de 13 services maritimes éparpillés entre Montréal et l'est du Québec. Celui-ci assure annuellement le transport de plus de 5 millions de passagers et de 2 millions de véhicules.

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Comme il y a trop de trafic à Montréal, Marcel Denis doit faire un détour par Trois-Rivières à bord de son poids lourd pour livrer son soya à Sorel.

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Vers 10 h hier matin, une quinzaine de grévistes étaient assis en cercle sur des chaises de camping à l’entrée de la traverse de Sorel-Tracy. Une grève paralyse depuis mardi une partie du réseau de 13 services maritimes éparpillés entre Montréal et l’est du Québec.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Les négociations sont au point mort en ce qui concerne ce conflit, qui oppose 150 officiers mécaniciens ou de navigation, représentés par le syndicat des Métallos, et la Société des traversiers du Québec (STQ).

Le salaire des officiers semble au coeur du litige.

Vers 10 h hier matin, une quinzaine de grévistes étaient assis en cercle sur des chaises de camping à l'entrée de la traverse de Sorel-Tracy, en Montérégie. Comme le temps était frisquet, plusieurs se réchauffaient sous des couvertures.

Le service reliant Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola, dans Lanaudière, sur l'autre rive, est complètement suspendu pour une période indéterminée.

Une situation qui complique la vie des clients qui embarquent chaque jour sur les deux navires de cette traverse très achalandée, qui transporte plus de 1 million de passagers annuellement. Le bateau leur permet d'éviter un détour d'environ deux heures en voiture, en naviguant une quinzaine de minutes sur le fleuve pour couvrir la distance de 1,6 km entre les deux rives.

« On sait que ce n'est pas drôle pour les passagers, mais c'est notre seule façon de nous faire entendre », explique le lieutenant Roger Lachance, qui ajoute que les officiers ont de plus en plus de responsabilités, même si le salaire reste le même.

« Les bateaux sont toujours pleins, il faut être toujours à notre affaire. On transporte des vies humaines, pas de la marchandise. »

Selon la STQ, le salaire des officiers oscille autour de 80 000 $ par année.

Les grévistes rencontrés estiment que ces chiffres ne reflètent pas la réalité et ne tiennent pas compte des nombreuses heures supplémentaires exigées ni de l'augmentation des responsabilités. « Les gens espèrent que la grève ne durera pas longtemps. Nous aussi », résume Roger Lachance.

Pour l'heure, elle touche de nombreux travailleurs de la région. C'est le cas de Marcel Denis, qui possède une ferme de soya tout près de l'autre rive, à La Visitation-de-l'Île-Dupas. Comme il y a trop de trafic à Montréal, il doit faire un détour par Trois-Rivières à bord de son poids lourd pour livrer son soya à Sorel.

« D'habitude, je peux livrer 100 tonnes par jour. Mais là, je vais en livrer une soixantaine », calcule le producteur déçu.

Un peu plus loin à l'usine Alcan, cet agent de prévention explique que bon nombre d'employés sont incommodés par la grève. « La plupart des gens prennent d'habitude le traversier pour repartir chez eux le soir. Certains couchent dans leurs roulottes le temps que le conflit dure, ça n'a pas de bon sens ! », peste Simon Dupuis, forcé d'adapter son horaire à la situation.

«Légale mais sauvage»

Outre Sorel-Tracy/Saint-Ignace-de-Loyola, le service est aussi complètement interrompu à la traverse assurant la liaison entre Québec et Lévis.

Le service est toutefois maintenu partiellement dans les autres traverses, dont plusieurs sont exploitées en partenariat avec diverses instances.

Si la grève est légale, le grand patron de la STQ la qualifie cependant de « sauvage ». « En 33 ans, c'est la première fois que je vois ça ! Une grève illimitée avant même d'avoir commencé à négocier », déplore le président-directeur général Jocelyn Fortier, qui reproche au syndicat des Métallos de n'avoir même pas présenté les dernières offres patronales à ses membres.

« On prend en captivité une partie de la population. À Sorel, où il n'y a aucun service, nos clients doivent faire des détours de deux heures matin et soir », ajoute M. Fortier. Quant au salaire, le PDG ajoute que seul le gouvernement a le pouvoir de négocier les conditions salariales des employés du secteur public.

Le ministre du Travail Sam Hamad a annoncé hier ne pas avoir l'intention d'intervenir personnellement dans le conflit. Un conciliateur de son ministère travaille cependant dans le dossier depuis avril dernier. C'est d'ailleurs lui qui a convoqué la dernière rencontre entre les deux parties le 5 octobre dernier, souligne Jocelyn Fortier.

Dans un communiqué, le syndicat des Métallos a indiqué hier son intention de convoquer ses membres en assemblée pour leur soumettre les offres patronales et discuter de la grève. Le syndicat souhaite cette mise au point, puisque des doutes ont été émis quant à la légitimité du vote de grève.

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